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	<title>Politique, revue de d&#233;bats</title>
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		<title>Politique, revue de d&#233;bats</title>
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		<title>Nouvelle pr&#233;sidence &#224; Ecolo : l'appareil au m&#234;me ?</title>
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		<dc:date>2012-05-03T20:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>@ Joanne, GOLDMAN*Henri</dc:creator>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; &#201;colo, on doit commencer
&#224; s'y habituer : ce parti
est r&#233;guli&#232;rement somm&#233; de
rendre des comptes quant &#224; son
&#233;thique ou &#224; son positionnement
politique l&#224; o&#249;, &#224; l'&#233;gard de
ses concurrents, on est moins
regardant. Ce surcro&#238;t d'exigence
est le prix &#224; payer du &#171; faire de
la politique autrement &#187; que les
&#171; partis traditionnels &#187;, exigence
qui a plac&#233; la barre tr&#232;s haut.
Bref, aujourd'hui, en 2012, &#201;colo
est-il toujours &#224; la hauteur de ses
promesses ? Un survol.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'exigence &#233;thique &#8211; les
r&#233;trocessions du salaire des
&#233;lus, l'interdiction du cumul des
mandats, le refus du client&#233;lisme
et du trafic d'influence &#8211; est
toujours aussi forte chez les
Verts et n'a toujours pas pu &#234;tre
prise en d&#233;faut [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='On sera moins affirmatif &#224; propos d'une autre singularit&#233; &#233;thique des Verts : (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], le reste de leur
singularit&#233; &#8211; leur singularit&#233;
proprement politique &#8211; tend de
plus en plus &#224; s'estomper. &#201;colo
a conquis de haute lutte sa
place au sein de &#171; la bande des
quatre &#187; (avec le PS, le MR et le
CDH). Il s'assume d&#233;sormais sans
ambigu&#239;t&#233; ni complexe comme
un parti de pouvoir et, corollaire
obligatoire en Belgique, comme
un parti de compromis. Ainsi,
pour la deuxi&#232;me l&#233;gislature
cons&#233;cutive, il participe &#224; toutes
les majorit&#233;s gouvernementales
(R&#233;gions wallonne et bruxelloise,
f&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles),
&#224; l'exception du f&#233;d&#233;ral. Il y
si&#232;ge en position minoritaire, n'y
pesant qu'en proportion de son
poids &#233;lectoral, soit &#224; raison d'un
quart des zones d'influence et des
masses budg&#233;taires y affect&#233;es,
selon les r&#232;gles non &#233;crites qui
pr&#233;sident aux gouvernements de
coalition en Belgique, lesquelles
impliquent aussi, apr&#232;s l'illusion
de la &#171; participopposition &#187; de
1999 [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Apr&#232;s sa large victoire &#233;lectorale de juin 1999 et son entr&#233;e dans le (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], de pouvoir travailler en
confiance entre partenaires, et
donc d'avaler en silence son lot
de couleuvres.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;encart&quot;&gt; &quot;Le reste de leur
singularit&#233; &#8211; leur singularit&#233;
proprement politique &#8211; tend de
plus en plus &#224; s'estomper.&quot; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette position rend tr&#232;s difficile
l'exercice d'un r&#244;le o&#249; &#201;colo
excellait nagu&#232;re : &#234;tre le relais
politique d'une soci&#233;t&#233; civile
turbulente et cr&#233;atrice, dans
toute sa diversit&#233;. De bonnes
relations avec une CSC ouverte
par nature au pluralisme lui
permettaient de contester au
PS sa pr&#233;tention &#224; &#234;tre le seul
porte-parole du monde du
travail sur le terrain politique.
Quant aux autres secteurs d'un
mouvement associatif prot&#233;iforme
(environnement, droits humains,
migrations, lutte contre la
pauvret&#233;&#8230;) dont nombre de ses
militants et mandataires sont
issus, c'est naturellement vers
&#201;colo qu'ils se tournaient.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une &#171; nouvelle fonction
sociale d'animation &#187;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode fut ouverte en
1996-98 par l'op&#233;ration des
&#171; &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'&#233;cologie
politique &#187; (Egep), moment
privil&#233;gi&#233; de rencontre entre un
parti encore vierge et une soci&#233;t&#233;
civile en &#233;bullition qui sortait
de la Marche blanche. Elle est
d&#233;sormais achev&#233;e. Selon ceux
qui l'avaient imagin&#233;e &#224; l'&#233;poque
contre les tenants d'une &#233;cologie
politique qui s'auto-d&#233;finirait
en circuit ferm&#233;, &#171; &lt;i&gt;la d&#233;marche
des &#201;tats g&#233;n&#233;raux&lt;/i&gt; [n'&#233;tait] &lt;i&gt;pas
destin&#233;e &#224; s'&#233;teindre&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Christophe Derenne, &#171; R&#233;inventer le parti &#224; partir de la soci&#233;t&#233; &#187;, Politique, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Dans la
foul&#233;e, &#201;colo devait se recentrer
sur deux objectifs : &#171; &lt;i&gt;Sur son
r&#244;le fondamental d'institution
organisant la repr&#233;sentation
politique, la s&#233;lection et la
formation du personnel politique
[&#8230;] et sur l'invention de
modalit&#233;s d'intervention dans
les rapports avec les syndicats,
associations, collectifs, la
recherche d'une nouvelle
fonction sociale d'animation et
de partenariat avec la soci&#233;t&#233;
civile&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Jacques Bauduin, &#171; Vous avez dit post-lib&#233;ral ? &#187;, Confrontations, Luc Pire, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;colo n'a jamais abandonn&#233;
le premier de ces objectifs,
et l'a m&#234;me syst&#233;matis&#233; et
professionnalis&#233; dans le cadre
semi-autonome d'Etopia [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple dans le cadre des Rencontres du nouveau monde www.etopia.be/spip.php' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;].
En revanche, les fili&#232;res de
recrutement se sont raccourcies. Il
est de moins en moins n&#233;cessaire
de passer par la case &#171; soci&#233;t&#233;
civile &#187;, d'y avoir accumul&#233; de
l'exp&#233;rience et fait ses preuves
pour faire carri&#232;re &#224; &#201;colo, &#224;
l'exception de la c&#233;l&#232;bre &#171; Fef-connection &#187; d'o&#249; sont notamment
issus Philippe Henry, Emily Hoyos
et Jean-Marc Nollet. Quant au
second objectif, c'est peu dire
qu'il est devenu inatteignable,
et ce pour d'excellentes raisons.
Tant il est concevable que la
soci&#233;t&#233; civile (pour autant
qu'elle puisse s'accorder sur des
objectifs communs) contribue
&#224; la mise sur orbite d'un parti
politique, il est sain que ce
rapport privil&#233;gi&#233; cesse d&#232;s lors
que le parti en question s'installe
dans le cercle du pouvoir, l&#224; o&#249; se
trouve d&#233;sormais &#201;colo. Il fallait
&#234;tre aveugle &#224; cette in&#233;luctable
&#233;volution pour lancer en 2010,
sur le mod&#232;le devenu mythique
des Egep, des &#171; Rencontres de
l'&#233;cologie politique &#187; d&#233;finies
comme &#171; &lt;i&gt;un large processus
participatif de consultations,
d'&#233;changes, d'actions et de
d&#233;bats initi&#233; par &#201;colo et Etopia
ayant pour objectif de construire
les r&#233;ponses aux grands enjeux
politiques de demain tout en
r&#233;conciliant les citoyens et le
politique&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='www.ecologie-politique.be/rencontres/' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]. Ces rencontres
se r&#233;sument jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224;
l'organisation de conf&#233;rences
d'un int&#233;r&#234;t in&#233;gal, en l'absence
de tout partenaire associatif un
peu consistant et sans aucune
production de ces &#171; r&#233;ponses &#187;
attendues. Diagnostic : &#201;colo est
bien devenu un parti comme un
autre, c'est-&#224;-dire une institution
tendue vers l'exercice du pouvoir
et entretenant avec la soci&#233;t&#233; des
rapports de plus en plus distants,
de moins en moins complices. Ce
n'est pas un reproche, mais il ne
faut plus se raconter d'histoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De 1999 &#224; 2009, la vie d'&#201;colo
fut rythm&#233;e par le yoyo de ses
r&#233;sultats &#233;lectoraux en dents de
scie. Ceux-ci furent tributaires de
l'actualit&#233; : quand les questions
environnementales ou de sant&#233;
publique s'imposaient au premier
plan, son score montait, et
inversement. Alors que les
Egep avaient su positionner
&#201;colo comme parti g&#233;n&#233;raliste,
l'obligation quasi m&#233;canique de
la comp&#233;tition &#233;lectorale qui
consiste &#224; valoriser ses atouts
le poussa &#224; mettre en avant son
&#171; core business &#187; : il &#233;tait bien
identifi&#233; &#233;lectoralement comme
un premier choix sur ses th&#232;mes
de pr&#233;dilection. Sous la direction
de Jean-Michel Javaux, devenu
en 2003 secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral puis
copr&#233;sident, &#201;colo s'appliqua &#224;
lui-m&#234;me le conseil de Yannick
Noah aux joueurs de tennis :
on se renforce en am&#233;liorant
prioritairement ses &#171; points
forts &#187; qui permettent de faire la
diff&#233;rence. Renforcer ses &#171; points
faibles &#187; (social, fiscalit&#233;&#8230;)
pour lequel il y aura toujours
plus cr&#233;dible que soi brouille
le message tout en gaspillant
de l'&#233;nergie. La mont&#233;e en
puissance dans l'opinion de la
crise environnementale et de
la prise de conscience qu'elle
induisait, qui culmina au sommet
(rat&#233;) de Copenhague en 2009,
donnaient toute sa chance &#224; cette
orientation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un sc&#233;nario caduc&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise bancaire qui d&#233;barqua
en Europe la m&#234;me ann&#233;e
rendit ce sc&#233;nario caduc. Devant
l'ampleur de la catastrophe
sociale annonc&#233;e, mena&#231;ant
dans ses bases un mod&#232;le social
europ&#233;en qu'on imaginait acquis
pour l'&#233;ternit&#233;, les pr&#233;occupations
environnementales apparurent
&#224; nouveau comme un luxe. Il
n'est plus possible d&#233;sormais
d'&#233;luder la question de fond :
est-il encore envisageable de
pr&#233;server l'essentiel (en ce
compris un minimum d'&#233;quit&#233;
environnementale, qui va
presque toujours de pair avec
l'&#233;quit&#233; sociale) dans le cadre
d'un pr&#233;tendu &#171; capitalisme de
concertation &#187; qui d&#233;bouche sur
une explosion sans pr&#233;c&#233;dent
des in&#233;galit&#233;s ?&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;encart&quot;&gt; &quot;Quand les questions
environnementales ou de sant&#233;
publique s'imposaient au premier
plan, son score montait, et
inversement.&quot; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'absence de r&#233;ponse &#224; la hauteur des
circonstances a pr&#233;cipit&#233; la
d&#233;faite cuisante de la gauche
socialiste en Gr&#232;ce, en Espagne
et au Portugal. Elle a d&#233;truit la
gauche italienne &#224; l'exp&#233;rience
pourtant si riche. Partout ailleurs,
elle a provoqu&#233; une lame de
fond sociale et culturelle qui
s'exprima confus&#233;ment dans le
mouvement des Indign&#233;s. Tous
les indicateurs le montrent :
une alternative radicale se
cherche et est en attente d'un
d&#233;bouch&#233; politique. Le fait que la
catastrophe de Fukushima (mars
2011) n'eut aucune influence
sur les sondages d'intention de
vote en Europe montre bien o&#249; se
situent d&#233;sormais les angoisses de
la population, classes moyennes
comprises.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Deleuze, le retour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On voit le chemin parcouru
en une d&#233;cennie par &#201;colo :
&#233;troitement tributaire de l'agenda
des gouvernements de coalition
auquel il participe, ce parti est
pass&#233; compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233;
de cette nouvelle donne, se
r&#233;v&#233;lant incapable de la moindre
prise de risque [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Olivier Bierin, alors copr&#233;sident d'&#233;colo j, &#171; Les verts sont-ils (d&#233;j&#224;) (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]. En t&#233;moigne la
vacuit&#233; de la campagne interne
pour le renouvellement de la
copr&#233;sidence. Pour remplacer
le tandem Javaux-Turine, deux
&#233;quipes issues du s&#233;rail se
port&#232;rent candidates, la premi&#232;re
(Deleuze-Hoyos) un peu plus
l&#233;gitime sans doute aux yeux des
cercles dirigeants du parti que
la seconde (Gerkens-Hellings).
Pendant toute la dur&#233;e de
cette campagne, impossible
de distinguer ce qui s&#233;parait
politiquement ces deux &#233;quipes.
Toutes deux avaient veill&#233; &#224;
s'inscrire scrupuleusement dans
les pas de &#171; Jeanmi &#187;, dans un bel
exercice de langue de bois verte
qui r&#233;ussit &#224; &#233;luder toutes les
nouvelles questions th&#233;oriques
et strat&#233;giques pos&#233;e par une
situation tout de m&#234;me assez
in&#233;dite [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Il y avait pourtant une place &#224; prendre en dehors des candidatures de l'&#171; (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]. &#192; part des questions
de style (un lib&#233;ral-libertaire
succ&#232;de &#224; un &#171; gendre parfait &#187;
catho et royaliste), la nouvelle
copr&#233;sidence nous annonce
(pour prendre une expression
qu'on appr&#233;cie chez les Verts)
&#171; toujours plus de la m&#234;me
chose &#187;. Une interview &#233;tonnante
d'Olivier Deleuze au quotidien
Le Soir (31 mars 2012), sur la
possible &#233;mergence d'une force
de gauche &#171; &#224; la M&#233;lenchon &#187;
donnait l'impression que 2012
pouvait toujours s'appr&#233;hender
avec les lunettes de 1981. Bref,
rien de neuf sous le soleil&#8230; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='http://archives.lesoir.be/-peur-duptb- nous-mais-non-_t-20120331-01W1YY.html.' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;colo poursuivra sa route comme
si de rien n'&#233;tait. La bienvenue
opposition au f&#233;d&#233;ral ne sera pas
mise &#224; profit pour hausser le ton.
Impossible d'ailleurs puisque,
d&#233;sormais, en Belgique, le
pilotage des politiques publiques
&#8211; et donc de l'aust&#233;rit&#233; &#8211; associe
tous les gouvernements du
pays. Bref, il faut s'en faire une
raison : sauf improbable d&#233;menti,
le renouvellement tellement
n&#233;cessaire aujourd'hui de l'offre
politique n'empruntera sans doute
plus ce chemin-l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] On sera moins affirmatif &#224; propos d'une autre
singularit&#233; &#233;thique des Verts : la limitation &#224; l'exercice
de deux mandats successifs est assez ais&#233;ment et
r&#233;guli&#232;rement contourn&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Apr&#232;s sa large victoire &#233;lectorale de juin 1999 et
son entr&#233;e dans le gouvernement Verhofstadt I sur base
d'un programme jug&#233; unanimement mauvais, &#201;colo se
dota d'une direction (Jacques Bauduin, Philippe Defeyt,
Brigitte Ernst) plut&#244;t hostile &#224; cette participation mais
oblig&#233;e de l'assumer. La &#171; participopposition &#187; devait
d&#233;signer un jeu pervers dedans-dehors finalement
insupportable pour les partenaires lib&#233;raux et
socialistes, qui s'en souviendront avant de retenter
l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Christophe Derenne, &#171; R&#233;inventer le parti &#224; partir
de la soci&#233;t&#233; &#187;, &lt;i&gt;Politique&lt;/i&gt;, n&#176;7, juin-juillet 1998.
Consultable sur le site d'Etopia : &lt;a href='http://www.etopia.be/IMG/pdf/reinventer_le_parti.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;www.etopia.be/IMG/pdf/reinventer_le_parti.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Jacques Bauduin, &#171; Vous avez dit post-lib&#233;ral ? &#187;,
&lt;i&gt;Confrontations&lt;/i&gt;, Luc Pire, 1995, cit&#233; par Christophe
Derenne, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Par exemple dans le cadre des Rencontres du
nouveau monde &lt;a href='http://www.etopia.be/spip.php?rubrique39' class='spip_out' rel='external'&gt;www.etopia.be/spip.php ?rubrique39&lt;/a&gt;
et, surtout, de l'Acad&#233;mie verte &lt;a href='http://www.etopia.be/spip.php?rubrique228' class='spip_out' rel='external'&gt;www.etopia.be/spip.php ?rubrique228&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://www.ecologie-politique.be/rencontres/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.ecologie-politique.be/rencontres/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Voir Olivier Bierin, alors copr&#233;sident
d'&#233;colo j, &#171; Les verts sont-ils (d&#233;j&#224;) &#8220;has
been&#8221; ? &#187;, &lt;i&gt;Politique&lt;/i&gt;, n&#176;72, novembre-d&#233;cembre
2011. Consultable sur le site de
&lt;i&gt;Politique&lt;/i&gt; : &lt;a href='http://politique.eu.org/spip.php?article2110' class='spip_in'&gt;Les Verts sont-ils (d&#233;j&#224;) has been ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Il y avait pourtant une place &#224;
prendre en dehors des candidatures de
l'&#171; appareil &#187;, car une gauche est bien
rep&#233;rable au sein d'&#201;colo, de la base
jusqu'aux groupes parlementaires en
passant par les &#233;quipes de conseillers. Son
incapacit&#233; &#8211; son refus ?&#8211; &#224; se transformer
en force de proposition a laiss&#233; le champ
libre &#224; l'&#233;ternel dissident interne Bernard
Wesphael qui partait battu d'avance,
n'&#233;tant notamment pas en mesure
de s&#233;duire des &#233;cologistes bruxellois
culturellement &#171; de gauche &#187; mais qui
n'auraient jamais pu se reconna&#238;tre dans
l'insistance s&#233;curitaire et l'accent mis
sur la &#171; neutralit&#233; de l'&#201;tat &#187; du d&#233;put&#233;
li&#233;geois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://archives.lesoir.be/-peur-duptb-nous-mais-non-_t-20120331-01W1YY.html' class='spip_out' rel='external'&gt;http://archives.lesoir.be/-peur-duptb-
nous-mais-non-_t-20120331-01W1YY.html&lt;/a&gt;. Dans la m&#234;me interview, on trouve
aussi une allusion lourde de sous-entendus
au mod&#232;le des pays scandinaves
et de l'Allemagne qui &#171; &lt;i&gt;ont une culture de
la modernit&#233;, du progr&#232;s bien compris, pas
du conservatisme et tout le reste&lt;/i&gt; &#187;. Alors
qu'on commence &#224; mieux comprendre
les ressorts du fameux mod&#232;le allemand,
tant vant&#233; par Fran&#231;ois Bayrou et Nicolas
Sarkozy. Voir par exemple ce qu'en pense
Pierre Larrouturou : &lt;a href='http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/01/25/quelquun-peut-dire-bayrou-quil-ny-pas-de-modele-allemand-228703' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/01/25/quelquun-peut-dire-bayrou-quil-ny-pas-de-modele-allemand-228703&lt;/a&gt; et sur le site de la
Fondation Copernic : &lt;a href='http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article528' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article528&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une vision syndicale dissonante sur l'emploi</title>
		<link>http://politique.eu.org/spip.php?article2451</link>
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		<dc:date>2012-05-03T11:04:16Z</dc:date>
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		<dc:creator>@ Joanne, BUYSSENS*Eric</dc:creator>


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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du salariat au pr&#233;cariat</title>
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		<dc:creator>@ Joanne, CASTEL*Robert</dc:creator>


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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une municipalisation de l'emploi risqu&#233;e</title>
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		<dc:creator>@ FGTB-Bruxelles, @ Joanne</dc:creator>


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	</item>
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		<title>Un parfum de crise</title>
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		<dc:creator>@ Joanne, BAILLY*Olivier</dc:creator>


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	</item>
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		<title>Femmes de chambre sur l'autel de l'exploitation</title>
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		<dc:creator>@ Joanne, BAILLY*Olivier</dc:creator>


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	</item>
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		<title>Nettoyer, la mis&#232;re au quotidien</title>
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		<dc:creator>@ Joanne</dc:creator>


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		<title>Les combats syndicaux urbains</title>
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		<dc:creator>@ Joanne, Bureau d'&#233;tude de la FGTB-Bruxelles</dc:creator>


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	</item>
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		<title>D&#233;fendre les pr&#233;caris&#233;s, chasser la pr&#233;carit&#233;</title>
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		<dc:creator>@ Joanne, BAILLY*Olivier</dc:creator>


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	</item>
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		<title>Travailler dans les services, une pr&#233;carit&#233; en soi</title>
		<link>http://politique.eu.org/spip.php?article2452</link>
		<guid isPermaLink="true">http://politique.eu.org/spip.php?article2452</guid>
		<dc:date>2012-05-03T11:03:52Z</dc:date>
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		<dc:creator>@ Joanne, BOUCHAREB*Rachid</dc:creator>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La croissance de l'emploi
dans les services
a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par plusieurs
mouvements :
l'externalisation croissante
d'activit&#233;s (s&#233;curit&#233;,
nettoyage, secr&#233;tariat,
comptabilit&#233;, informatique&#8230;) qui
composaient l'entreprise fordiste,
la formation de grands groupes
dans des secteurs traditionnels
(comme l'horeca et la grande distribution),
l'&#233;mergence d'activit&#233;s
li&#233;es aux technologies de l'information
et de la communication,
et la croissance des services &#224; la
population (sant&#233;-social, &#233;ducation,
administration, services de
proximit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le processus d'externalisation
a vu la constitution de nouveaux
rapports de production sous la
forme de &#171; services aux entreprises &#187; [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cet ensemble compte &#224; la fois des emplois tr&#232;s qualifi&#233;s (conseil, assistance) (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. L'emploi dans les services
aux entreprises a ainsi fortement
augment&#233; depuis 30 ans, se substituant
progressivement aux emplois
industriels. Ce mouvement a
vu se d&#233;velopper de tr&#232;s grandes
entreprises dans plusieurs secteurs
des services et du commerce,
plus concentr&#233;es et poss&#233;dant de
multiples &#233;tablissements. C'est
l'ensemble du salariat qui a donc
connu de profonds changements.
Dor&#233;navant, un petit nombre
d'entreprises concentre une part
plus importante de la main d'&#339;uvre
salari&#233;e. Par rapport au
march&#233; de l'emploi d'il y a trente
ans, beaucoup plus de salari&#233;s
travaillent dans une entreprise de
plus de 1000 salari&#233;s [&lt;a href='#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='V. Cottet, &#171; Depuis trente ans, les grandes entreprises concentrent de plus (...)' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;]. D&#232;s lors, le
capital se renforce davantage par
une structuration organisationnelle
et technique, un agencement
flexible de la force de travail, et
une dynamique marchande renouvel&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;encart&quot;&gt; &quot;La prestation de service devient le
nouveau cadre normatif et mat&#233;riel
du travail o&#249; le salari&#233; doit accepter
les multiples contraintes qui en
d&#233;coulent : pr&#233;carit&#233;, pressions, violence
symbolique.&quot; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce processus est r&#233;v&#233;lateur
d'une articulation plus forte entre
une production de masse et une
industrialisation des services.
En cela, la sph&#232;re de la distribution
des produits (marchandises,
conseils, informations&#8230;) appara&#238;t
plus rationalis&#233;e. En effet, la
rationalisation des entreprises de
services, sous forme de r&#233;seaux et
d'espaces de travail standardis&#233;s,
cherche &#224; optimiser les fluctuations
du march&#233; dans une logique
de concurrence entre firmes mondialis&#233;es [&lt;a href='#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='En France, 41% des r&#233;seaux de services ont des points de vente &#224; l'&#233;tranger. (...)' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les changements de conjoncture
&#233;conomique agissent directement
sur ces strat&#233;gies de flexibilit&#233;
salariale. Dans ces conditions, la
force de travail appara&#238;t encore
plus comme un capital variable
qu'il s'agit de r&#233;duire et d'ajuster
aux conditions de la concurrence.
C'est le cas des contrats de
sous-traitance entre entreprises
donneuses d'ordre et soci&#233;t&#233;s
prestataires dans le nettoyage ou la
s&#233;curit&#233;. Mais c'est la notion m&#234;me
d'entreprise qui change de forme
&#224; diff&#233;rents niveaux : une taille
plus importante mais des sites
multiples, une r&#233;organisation financi&#232;re
du commandement d'entreprise
avec des t&#234;tes de r&#233;seaux
puissantes, des groupes contr&#244;lant
plusieurs soci&#233;t&#233;s, multiplication
des relations de sous-traitance
en cascade (b&#226;timent, entretien,
s&#233;curit&#233;&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;pondre au flux dans l'urgence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le travail dans la
ville a connu de profondes transformations
quantitatives et qualitatives.
Les cr&#233;ations d'emplois
sont plus nombreuses mais plus
temporaires, les emplois comptent
davantage de femmes, de jeunes
et de salari&#233;s sous statut employ&#233;
dans les services mais sans reconnaissance
d'une qualification
(grande distribution, horeca, nettoyage).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes ont ainsi b&#233;n&#233;fici&#233;
de la progression de l'emploi salari&#233;
(plus forte que les hommes)
de type tertiaire qui a permis leur
afflux sur le march&#233; du travail.
D'autre part, la croissance du ch&#244;mage
urbain et la dualisation du
syst&#232;me scolaire ont g&#233;n&#233;r&#233; un volant
permanent de main-d'&#339;uvre
disponible pour travailler dans de
nouvelles formes d'entreprises &#224;
sites multiples, &#224; effectif r&#233;duit et
o&#249; le management (un encadrement
salari&#233;) prend la place d'une
figure patronale classique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;conomie des services traduit
pr&#233;cis&#233;ment ces &#233;volutions
du salariat dans un contexte de
ch&#244;mage de masse. Ces syst&#232;mes
d'entreprises ne pourraient pas
fonctionner sans une flexibilisation
permanente des conditions
d'emploi et du travail. Aussi, le
processus d'incorporation [&lt;a href='#nb1-4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; [Cette incorporation] et son expulsion du processus de production se font (...)' id='nh1-4'&gt;4&lt;/a&gt;] de la
force de travail est permis par des
dispositifs d'entreprise plus perfectionn&#233;s
et impos&#233;s en termes
d'exploitation intensive et de soumission
au march&#233;
(figure symbolique
du client-roi, valorisation
de l'ordre
marchand). La prestation
de service
devient le nouveau
cadre normatif et
mat&#233;riel du travail
o&#249; le salari&#233; doit accepter
les multiples
contraintes qui en d&#233;coulent :
pr&#233;carit&#233;, pressions, violence symbolique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;conomie des services, en
recherchant une rentabilit&#233; imm&#233;diate
toujours plus &#233;lev&#233;e, repose
avant tout sur la mise en pr&#233;carit&#233;
de groupes de salari&#233;s les plus touch&#233;s
par le ch&#244;mage &#8211; femmes, peu
dipl&#244;m&#233;s, jeunes, migrants &#8211; pr&#234;ts
&#224; s'employer dans ces entreprises,
soit pour acc&#233;der &#224; l'emploi ou
sortir du ch&#244;mage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pr&#233;carisation du rapport de
travail appara&#238;t d&#232;s lors corr&#233;lative
aux strat&#233;gies de flexibilit&#233; visant
&#224; r&#233;pondre aux fluctuations du
march&#233;. La norme d'emploi dans
ces secteurs &#224; forte rotation de
main-d'&#339;uvre se caract&#233;rise tant
par la pr&#233;carit&#233; de l'emploi (nature
des emplois, dur&#233;e, variations horaires,
morcellement des horaires,
changements de sites) que la pr&#233;carit&#233;
du travail (augmentation
des objectifs et des t&#226;ches, et
r&#233;duction des moyens notamment
du temps de travail, contr&#244;le accru
du travail).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gestion par sous-effectif se
g&#233;n&#233;ralise dans ces entreprises et
a pour effet d'intensifier le travail
car il faut travailler dans l'urgence
pour r&#233;pondre au flux permanent
de clients&#8230;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;encart&quot;&gt; &quot;Les multiples boutiques de mode (H&amp;M,
Gap, Zara, Etam&#8230;) que l'on trouve dans
les grandes art&#232;res commerciales, les
p&#244;les commerciaux et en centres-villes,
ne sont pas des PME mais des succursales
contr&#244;l&#233;es par un r&#233;seau international.&quot; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie des services induit
donc une transformation du travail,
&#224; la fois des conditions et
des relations de travail. L'individualisation
du travail se renforce
par l'encadrement hi&#233;rarchique
et des nouveaux dispositifs de
pouvoir ax&#233;s sur le discours des
comp&#233;tences. Le contr&#244;le du
travail et la surveillance des salari&#233;s
prennent plusieurs formes :
manager, objectifs de rentabilit&#233;,
informatisation&#8230; Ces pratiques
de mobilisation salariale se renforcent
dans de petites unit&#233;s
de travail dispers&#233;es, les salari&#233;s
voient par exemple augmenter
leur charge de travail, le temps de
travail se r&#233;duire et se flexibiliser
pour que l'entreprise maintienne
ou augmente la plus-value. Dans
ce contexte, la disponibilit&#233; temporelle
pour l'entreprise devient
une exigence du capital : devoir
accepter des changements horaires
de derni&#232;re minute, augmenter ou
r&#233;duire son temps de travail dans la
journ&#233;e, avoir moins d'heures pour
effectuer le m&#234;me travail, reporter
ses vacances, faire des heures
suppl&#233;mentaires... De m&#234;me, les
emplois &#224; la mission (titres-services),
assimilable au louage de
main-d'&#339;uvre du XIXe si&#232;cle,
deviennent plus fr&#233;quents dans
le fonctionnement du march&#233; du
travail et les trajectoires professionnelles.
Le travail &#224; temps partiel,
caract&#233;ristique des emplois
de services, implique de longues
journ&#233;es de travail avec des horaires
d&#233;cal&#233;s, de longues semaines
s'&#233;tendant jusqu'au week-end, une
plus grande fr&#233;quence des horaires
variables d'un jour &#224; l'autre et/ou
d'une semaine sur l'autre, et fix&#233;s
par l'entreprise.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Boutiques de masse &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne de &#171; boutiques
de masse &#187; symbolise aujourd'hui
ce d&#233;veloppement de multiples r&#233;seaux
dans un contexte d'internationalisation
de la grande distribution
&#8211; des cha&#238;nes nationales et des
firmes multinationales &#8211; depuis les
ann&#233;es 1970. Le capitalisme mondialis&#233;
a ainsi diversifi&#233; les modes
de valorisation des marchandises,
notamment dans le pr&#234;t-&#224;-porter.
Ce mouvement s'op&#232;re par de nouvelles
fronti&#232;res de l'entreprise et
des statuts d'emploi de plus en plus
int&#233;gr&#233;s &#224; une gestion flexible des
unit&#233;s de profit. Il faut d'abord
voir que les multiples boutiques
de mode (H&amp;M, Gap, Zara, Etam&#8230;)
que l'on trouve dans les grandes
art&#232;res commerciales, les p&#244;les
commerciaux et en centres-villes,
ne sont pas des PME
mais des succursales
contr&#244;l&#233;es par
un r&#233;seau international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce mouvement
n'a cess&#233; de se
renforcer avec la
globalisation et la
concurrence entre
r&#233;seaux d'une
m&#234;me fili&#232;re (alimentaire, habillement,
parfumerie&#8230;). La forte
concentration du capital de la
grande distribution sp&#233;cialis&#233;e
a eu pour effet une rationalisation
productive, c'est-&#224;-dire la
recherche de conditions de distribution
et d'emploi &#224; moindre
co&#251;t. L'utilisation de l'outil informatique
(&#233;changes de donn&#233;es
informatis&#233;es via internet) sur les
stocks, les prix, les livraisons n'a
fait que favoriser la rotation des
marchandises, entra&#238;nant par-l&#224;
une intensification des conditions
de travail et une flexibilit&#233; temporelle
permanente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'essor des r&#233;seaux et des cha&#238;nes
internationales est donc &#224; l'origine
de cette importante d&#233;gradation
des emplois du commerce : augmentation
et dispersion dans
plusieurs points de vente rattach&#233;s
&#224; une coordination centrale pour
l'approvisionnement et la gestion :
d&#233;finition des prix, taux de rentabilit&#233;,
effectif par boutique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, la strat&#233;gie des cha&#238;nes
a consist&#233; &#224; d&#233;velopper &#224; la fois des
magasins en franchise et des magasins
contr&#244;l&#233;s par des managers
salari&#233;s, aboutissant d&#232;s lors &#224; une
nouvelle forme de gestion salariale
&#224; distance, un &#233;loignement des
centres de d&#233;cision et le renforcement
de la contrainte salariale par
le faible pouvoir de n&#233;gociation
des salari&#233;s. Il est aussi important
de voir que depuis trente ans, les
cha&#238;nes ont g&#233;n&#233;ralis&#233; ces formats
de boutique repr&#233;sentant de petits
collectifs dispers&#233;s de travail sous
le commandement d'un cadre manager
faisant office de patron bien
qu'il soit salari&#233; d'une enseigne.
Une nouvelle couche de manager
salari&#233; s'est donc constitu&#233;e pour
g&#233;rer des boutiques dont l'apparente
autonomie masque de fortes
contraintes de rentabilit&#233;, encore
plus renforc&#233;es par la mise en
concurrence de boutiques d'une
m&#234;me enseigne.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;encart&quot;&gt; &quot;Il s'agit de rendre le plus flexible la
main-d'&#339;uvre afin de l'adapter aux
fluctuations de la client&#232;le, en bafouant
ainsi la r&#233;glementation sur le temps de
travail et notamment le temps partiel
contraint qui demeure la r&#232;gle dans ces
structures.&quot; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En cherchant &#224; diminuer les
co&#251;ts d'une entreprise classique
(sous-effectif permanent, salaire
variable selon les r&#233;sultats, CDD,
int&#233;rim) et &#224; maximiser la rentabilit&#233;
des boutiques suivant diff&#233;rents
indicateurs &#8211; surface, am&#233;nagement
standardis&#233;, nombre de salari&#233;s,
rotation des marchandises,
chiffre d'affaires par employ&#233; &#8211;,
ces pratiques conduisent &#224; rendre
plus complexe la relation salariale
d'emploi. En effet, c'est d'une
part l'effacement de la figure patronale
classique, ou du moins le
d&#233;placement de cette fonction sur
un manager &#224; la fois ind&#233;pendant
vis-&#224;-vis des employ&#233;s (rapport de
pouvoir) et d&#233;pendant des normes
d'une direction &#233;loign&#233;e (rapport
hi&#233;rarchique). D'autre part, les
conditions du conflit salarial changent
compl&#232;tement dans ce nouveau
sch&#233;ma manager/employ&#233;,
o&#249; les directions cherchent en fait
&#224; rendre invisible la subordination
salariale et &#224; affaiblir les possibilit&#233;s
de contestation en diluant
leurs responsabilit&#233;s sur la force
de travail.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une pr&#233;carisation banalis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ces boutiques, les situations
d'emplois sont tr&#232;s opaques
et marqu&#233;es par une fragmentation
des exp&#233;riences salariales que
favorise la pr&#233;carit&#233; du march&#233; du
travail et des trajectoires d'emploi
de jeunes embauch&#233;s. Cette
pr&#233;carit&#233; caract&#233;rise encore plus
aujourd'hui les formes actuelles de
mobilisation de la cat&#233;gorie &#171; employ&#233; &#187;, jeune et tr&#232;s f&#233;minis&#233;e,
plus dipl&#244;m&#233;e, &#224; temps partiel et
peu socialis&#233;e &#224; une exp&#233;rience
conflictuelle de travail. Dans ces
boutiques de cha&#238;nes, l'effectif
varie de un &#224; vingt employ&#233;s, voire
plus de cinquante pour les plus
importantes, tout en sachant que
plus de la moiti&#233; est &#224; temps partiel.
Ce salariat f&#233;minin se compose
d'employ&#233;es polyvalentes &#224; la fois
vendeuses, manutentionnaires
et caissi&#232;res, travaillant dans de
petites structures o&#249; le &lt;i&gt;turnover&lt;/i&gt;
est important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contrairement &#224; l'image enchant&#233;e
d'une autonomie en boutique,
le travail de vente repr&#233;sente
avant tout une contrainte tr&#232;s
forte sur l'initiative individuelle.
L'organisation du travail est tr&#232;s
codifi&#233;e, les employ&#233;-e-s doivent
respecter la planification
horaire d&#233;cid&#233;e
chaque semaine
par le responsable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On observe ainsi
une division
constamment r&#233;affirm&#233;e
des t&#226;ches
qui s'accompagne
d'une pression temporelle importante,
notamment l'obligation de
r&#233;pondre presque simultan&#233;ment
aux flux de clients, d'effectuer
l'approvisionnement et la gestion
des rayons. L'encadrement sera
aussi toujours &#224; proximit&#233; pour
contr&#244;ler le travail et surtout
limiter des attitudes trop solidaires
(jusqu'&#224; l'interdiction de
se parler souvent). Cette dilution
du travail r&#233;el se v&#233;rifie encore
plus par l'impression de ne pas
exercer un m&#233;tier &#224; part enti&#232;re
face &#224; la dispersion des t&#226;ches et
de pouvoir effectuer une activit&#233;
faisant sens. De m&#233;tier apparent de
service, le travail de vente consiste
&#224; ex&#233;cuter des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives
&#8211; qui resteront invisibles &#8211; mais
indispensables &#224; la valorisation
des marchandises (pr&#233;sentation
face au client). &#192; cela s'ajoute
une &#233;volution importante et tr&#232;s
caract&#233;ristique de ces boutiques de
masse : la gestion en sous-effectif.
Il s'agit de rendre le plus flexible la
main-d'&#339;uvre afin de l'adapter aux
fluctuations de la client&#232;le, en bafouant
ainsi la r&#233;glementation sur
le temps de travail et notamment
le temps partiel contraint qui demeure
la r&#232;gle dans ces structures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dispersion salariale et le
&lt;i&gt;turnover&lt;/i&gt; important contribuent
de fait &#224; renforcer l'isolement des
employ&#233;-e-s et &#224; augmenter leur
m&#233;connaissance des droits face &#224;
un encadrement usant de pressions
diverses pour faire accepter cette
flexibilit&#233; comme naturelle. Les
conditions de travail ne cessent
de se d&#233;grader, g&#233;n&#233;rant via des
contraintes physiques (port de
charges lourdes, dos, troubles
musculo-squelettiques), et morales
(stress, souffrances&#8230;). Avec
la concurrence entre r&#233;seaux
d'enseignes, ces contraintes sont
le r&#233;sultat de l'acc&#233;l&#233;ration des
cadences de travail (&#171; vente &#224; la
cha&#238;ne &#187;) et des pressions quotidiennes
au chiffre : vendre le
plus possible en un minimum de
temps. De plus, les licenciements
et les d&#233;missions contraintes sont
plus fr&#233;quents lorsque les salari&#233;s
refusent les normes de flexibilit&#233;.
Dans ces conditions, les salari&#233;s se
retrouvent isol&#233;s pour mener une
action collective sans une pr&#233;sence
syndicale &#224; proximit&#233; de ces lieux
de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Cet ensemble compte &#224; la fois des emplois tr&#232;s qualifi&#233;s
(conseil, assistance) et des emplois peu qualifi&#233;s (services
op&#233;rationnels).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] V. Cottet, &#171; Depuis trente ans, les grandes entreprises
concentrent de plus en plus d'emplois &#187;, &lt;i&gt;Insee Premi&#232;re&lt;/i&gt;,
n&#176;1289, avril 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] En France, 41% des r&#233;seaux de services ont des points de vente &#224; l'&#233;tranger. Leur taille moyenne est de 988 points de vente. C'est dans la restauration rapide que les r&#233;seaux
sont les plus &#233;tendus avec 30 000 points de vente pour les
plus grands. Voir Br. Mura, &#171; Les r&#233;seaux d'enseignes dans les
services &#187;, &lt;i&gt;Insee Premi&#232;re&lt;/i&gt;, n&#176;1299, juin 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-4' id='nb1-4' class='spip_note' title='Notes 1-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &#171; [Cette incorporation] &lt;i&gt;et son expulsion du processus de
production se font en fonction de son adaptabilit&#233; au capital,
et d'une adaptabilit&#233; telle qu'elle est d&#233;termin&#233;e par le
capital lui-m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;, J.-M. Vincent, &#171; Sortir du travail &#187;, Michel
Vakaloulis (dir.), &lt;i&gt;Travail salari&#233; et conflit social&lt;/i&gt;, Puf, 1999,
pp.7-18.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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