LE THÈME

Le combat pour un mythe

Eric CORIJN
Philosophe de la culture et sociologue, Eric Corijn est professeur à la VUB.

Ce texte, non-publié dans Politique, est à lire en marge de ce dossier sur Mai 68.

Mai 68 est un mythe et le débat actuel devient donc très symbolique.

Pour moi, Mai 68 représente un mois de blocus à côté de la radio et de France Inter, et quelques trajets en voiture vers Paris déguisé en touriste pour le Sud, parfois avec des jerrycans d’essence, parfois avec des tracts ou des brochures imprimés en français à Gand. Ou un peu plus tard dans l’été l’organisation d’une réunion clandestine à Gand sur la relance de la Ligue communiste entre-temps interdite en France. C’était une phase brève dans un cycle de radicalisation croissante de la jeunesse, suivi par de grandes luttes ouvrières.

En Flandre cette phase a démarré en mai 1966 avec le début du combat pour Leuven Vlaams contre ce que l’on appelait le mandement des évêques. Ceux-ci avaient décidé, en tant que pouvoir organisateur de l’UCL que la section francophone de l’université resterait à Louvain. C’est un combat dont Herman Van Rompuy parle encore aujourd’hui avec horreur parce que les étudiants et les lycéens voulaient bien plus que seulement les exigences flamandes. Ils parlaient aussi de « réformes de structures anticapitalistes » en de « nationalisation de la Société Générale », ce holding qui contrôlait à ce moment là environ un tiers de l’économie belge. Ce n’est qu’à la fin des prises de parole que venait « et par ailleurs nous estimons que Louvain doit être flamand ». Ce combat a connu un deuxième pic en janvier 68, mais plus tard dans l’année l’ULB a également été occupée et pour de tout autres raisons. Pour moi Mai 68 s’est poursuivi avec le mouvement gantois de mars 1969. C’est alors qu’à Gand le Blandijnberg fut occupé durant 3 semaines. Plus tard, après l’évacuation du Blandijnberg par la gendarmerie, après qu’elle ait expulsé 500 étudiants hors de l’auditorium E et les ait amenés à la caserne, il y eut encore quelques jours dans le bâtiment de la rue Plateau. La même année d’ailleurs, la Maagdenhuis fut occupée à Amsterdam.

Révoltes

Il s’agissait en fait partout d’une révolte anti-autoritaire, d’une révolte de jeunes contre une organisation étouffante et très formaliste de l’enseignement, de la famille, des médias, des normes et les valeurs. A ce propos, il s’agissait surtout de la morale sexuelle et par extension de la morale du travail extrêmement bureaucratique et productiviste, qui s’était infiltrée dans le projet de l’Etat-providence faisant suite à la reconstruction d’après-guerre. Une révolte aussi contre la production et la consommation de masse stéréotypée, où la massification était appelée erronément « démocratisation ».

On ne doit pas oublier que la Flandre était une terre catholique qui venait de rentrer dans l’ère industrielle et où les élites faisaient tout pour maintenir le peuple sous la domination du clergé. D’où la révolte contre l’influence de l’Eglise, des évêques, et de l’Etat-CVP dans la Flandre suburbaine qui allait étudier à Louvain. D’où également cette approche « anticapitaliste » qui renvoyait aux grandes luttes historiques en Belgique comme la question royale ou la grande grève de 60-61, mais aussi à des programmes encore existants comme le programme de réformes de structures de la FGTB de 1954-56.

Les étudiants les plus radicaux critiquaient ce qu’ils appelaient « l’intégration du mouvement ouvrier dans le néo-capitalisme ». Ils soulignaient les effets démobilisateurs du système de concertation sociale comportant des clauses de paix sociale ainsi que le poids étouffant de la bureaucratie au sein du syndicat et du parti. L’aile gauche n’avait-elle pas été exclue du Parti socialiste en 1964 ? Les organisations de jeunesse n’avaient-elles pas été expulsées brutalement par la police la même année, lors de la grande manifestation pour le 100e anniversaire de la Première Internationale, parce qu’elles arboraient des slogans contre l’Otan (« Belgique hors de l’Otan, Otan hors de Belgique ! ») et que ceux-ci ne pouvaient pas être aperçus depuis la tribune d’honneur par Paul-Henri Spaak ? Les mouvements de jeunesse amenaient déjà des milliers de manifestants dans les rues dans les années soixante à l’occasion des marches anti-atomiques, élément d’une mobilisation internationale contre la menace nucléaire issue de la guerre froide. Cette relation tendue avec la direction de l’époque du mouvement ouvrier ne s’exprimera vraiment complètement que dans le début des années septante, lorsque la crise économique s’annonça et la base des centrales professionnelles commença à réagir : en 1971 il y eut la grève des mines du Limbourg pendant cinq semaines, en 1973 la grève des dockers. C’étaient des grèves dites « sauvages » parce que les syndicats ne les reconnaissaient pas, où le mouvement étudiant apportait sa solidarité et son soutien logistique (« Ouvriers-étudiants un seul front ») et où les artistes et les théâtres amenaient une nouvelle forme d’expression artistico-sociale : « la culture de lutte ».

C’était aussi le temps des « nouveaux mouvements sociaux ». Il y eut la deuxième vague féministe qui se déployait avec les Dolle Mina et le mouvement Fem-Soc (« mouvement des femmes-mouvement ouvrier un seul front ») et surtout une lutte d’émancipation pour la libre disposition de soi-même et l’égalité. Il y eut l’apparition du nouveau mouvement environnementaliste qui passa de la « protection de la nature » à l’écologie politique : pensez aux grandes manifestations contre l’énergie nucléaire. Il y eut le début du mouvement « rose ». C’était le temps où la Nouvelle Scène Internationale donnait ses 250 représentations de Mistero Buffo (de Dario Fo, futur prix Nobel) qui tirèrent la Flandre catholique de son engourdissement, de la communauté de travail au Beursschouwburg, de la troupe du Trojaanse Paard. C’était le temps de l’Actiegroep Kritsich onderwijs et de la lutte autour des méthodes scolaires. C’était le temps du mouvement tiers-mondiste, qui n’était pas encore appelé ONG comme une prolongation de la politique, mais bien mouvement de solidarité comme soutien de la lutte. Pour faire court, c’était une époque de bouleversement culturel, de modernisation accélérée, où tous les aspects de la nouvelle vie quotidienne étaient mis en question et où on se heurtait très vite et souvent aux « vieilles formes », aux « vieilles idées », et à de nombreuses structures de pouvoir autoritaires.

Voilà le mythe de Mai 68 ! C’était effectivement une époque où l’ordre établi a été soumis à un examen critique dans tous ses aspects et où, la plupart du temps à partir de mouvements à la base, d’autres pratiques ont été introduites et expérimentées. C’était l’époque où l’ordre de l’après-guerre a été pesé pour la première fois et trouvé… trop léger. Il fallait un autre monde. Et un autre monde paraissait possible.

Luttes internationales

Pas en raison de nos actions héroïques en Flandre évidemment. Mais parce que Mai 68 était bien plus que les barricades étudiantes de la nuit du 10 au 11 mai à Paris, qui menaient effectivement pour la première fois une confrontation directe contre les forces de l’ordre fort répressives du régime gaulliste. Mai 68 est aussi la plus grande grève générale de l’histoire de France. Mai 68 est aussi le plus grand mouvement de rattrapage des salaires, que De Gaulle avait maintenu pendant dix ans beaucoup trop en-dessous de la moyenne européenne. Mai 68 a signifié aussi la fin du Général qui s’était imposé comme un nouveau Bonaparte.

La lutte paie ! Pas seulement en France, mais depuis Berkeley en 1963 jusqu’à Tokyo, à travers tout le monde industrialisé. Elle est portée par une génération d’après-guerre, qui n’a effectivement pas connu les privations de la guerre, qui a effectivement reçu pour la première fois assez d’argent de poche pour faire vivre sa propre sub-culture, une culture alternative. Celle dont Elvis Presley, et plus tard les Beatles ou les Rolling Stones, mais aussi Bob Dylan ou Donovan, et même Pete Seeger, Woody Guthrie, Joan Baez et les autres protest-singers, feront des succès commerciaux. C’est une génération qui voulait passer du « welvaart » au « welzijn », de la prospérité au bien-être. C’est une génération qui était informée par la télévision de l’oppression impérialiste contre les mouvements de libération et de l’exploitation du Tiers-monde. Elle a étudié les révolutions chinoise (1949), cubaine (1959) et algérienne (début des années 60), comme autant d’alternatives issues du Tiers-monde. Elle a fait de leaders comme Lumumba et Che Guevara des exemples. Elle a par-dessus tout choisi son camp dans la guerre du Vietnam : nos libérateurs Américains y exportaient « notre démocratie » avec du napalm et des bombes. Cela nous a vaccinés pour de bon.

Il est apparu aussi que la lutte pouvait être gagnée… C’est ce qu’a montré la grande offensive du Têt lancée par le Vietcong en janvier 68 qui va booster les mouvements de solidarité occidentaux, mais surtout le mouvement anti-guerre aux Etats-Unis mêmes. Mais dans le bloc de l’Est aussi la lutte contre la dictature stalinienne voyait s’ouvrir des perspectives. Les révoltes de 53 à Berlin-Est et de 56 en Hongrie avaient été réprimées dans le sang, mais le Printemps de Prague au début de cette même année 1968 semblait donner plus d’espoir jusqu’à ce que les tanks fassent également irruption là-bas. Ensuite arrivèrent aussi les luttes ouvrières italiennes, la révolution des œillets au Portugal en 1974, la chute du régime des colonels grecs en 1973-74, la mort de Franco en 1975… Mais il y eut aussi le terrorisme désespéré des Brigades rouges ou de Fraction armée rouge.

Oui, c’est le mythe de 68 ! Un autre monde est nécessaire, nous ne sommes pas d’accord avec les structures de la société existante d’après-guerre. Et un autre monde est aussi possible. Mais alors il faut s’organiser en se confronter aux structures de pouvoir existantes. Au Vietnam, à Prague, à Paris…

Mai 68 aujourd’hui

Evidemment les baby-boomers n’étaient pas tous des anticapitalistes formés et engagés. Evidemment les victoires n’étaient pas toutes des réformes de structures. Evidemment les actions héroïques de la plupart des anciens combattants se sont transformées en histoires pour leurs enfants et petits-enfants. Est-ce cela que nous devons déconstruire maintenant, que tout cela n’était pas si univoque, que c’était plus nuancé, qu’il y avait beaucoup d’illusions, que c’était plus important dans le récit que dans la réalité des faits ? Bien sûr. Mais est-ce vers cela que tend le bilan qui nous en est présenté par Sarkozy ? Est-ce à cela que vise le débat avec le postmodernisme des années 80 ou les nouveaux penseurs de droite ? Pas du tout.

Oui il faut et il faudra écrire, aussi pour 68, comme à propos de tout, une histoire nuancée et critique. Mais dans la mesure où le débat et le bilan doivent déboucher sur des points de vue idéologiques aujourd’hui, et donc soutenir des prises de position sociales aujourd’hui, je pense que quelques « vérités » méritent d’être défendues. Les années soixante sont des années charnières où – et je pèse mes mots – une partie de la jeune génération (soutenue dans ce sens par une partie de l’opposition existante) s’est pensée et engagée comme acteur de l’histoire, comme participant activement à une transition. Elle a cultivé pour cela un discours politique et un débat, une attitude critique et un sens du projet de société, qui ne sont plus apparus ensuite avec une telle ampleur. Sur le plan personnel cela représentait beaucoup : ce qui est personnel est politique et inversement, et cela dans toutes les significations possibles. L’histoire de cette « génération » est de plus le récit d’histoires et de trajets de vie, de leçons tirées des expériences, et puis d’une nouvelle prise de place dans une société normalisée. Cette histoire relève donc en fait plus d’un débat sur le cycle de vie et la psychanalyse que sur l’analyse politique ou de la philosophie morale. Cela ne me paraît pas tellement intéressant. Mais il y a indubitablement des leçons à tirer sur les conséquences négatives de l’hubris, de la témérité, et parfois de l’orgueil de certains. Surtout pour ceux qui veulent encore aujourd’hui mettre en question l’ordre établi.

Il me paraît plus important de comprendre pourquoi la « foi » et « l’espoir » de ces années ne sont pas devenues réalité. Quelques hypothèses :

1. La crise du système social a bouleversé l’agenda politique. L’Etat-providence, basé sur la croissance, le plein-emploi, et la redistribution des richesses, s’est heurté précisément en 1974 avec ce que l’on a nommé la « crise pétrolière » et qui était en fait la première récession générale et simultanée de l’ensemble du monde industrialisé. En fait la mondialisation a été lancée par l’emboîtement des cycles économiques nationaux. Et c’est en partie pour cette raison qu’une longue période de forte croissance s’est arrêtée. Les tentatives de la deuxième moitié des années septante pour re-dynamiser le modèle par des moyens keynesiens (le soutien à la consommation ou par exemple l’initiative industrielle publique de Willy Claes et Norbert De Batseleir) ont échoué et n’ont laissé qu’une énorme dette publique. La promesse d’une société du temps libre, d’un progrès constant du niveau de vie, d’une réduction de la durée du temps de travail, d’une libération et d’une émancipation, en résumé la plupart des prévisions et des promesses sur lesquelles s’appuyait le contrat social, ne s’accordaient plus avec la logique capitaliste. Thatcher en Reagan opérèrent la rupture en lancèrent le projet néo-libéral. Le contrat social et l’économie de concertation de l’après-guerre ont pris fin.

2. Donc les entrepreneurs ont voulu un « autre climat d’investissement » (c’est-à-dire un environnement économique comportant un taux de rendement élevé et des bas salaires) ; ils ont refusé de continuer à contribuer au contrat social et ont laissé de chômage se développer. C’est ainsi que le mouvement ouvrier s’est retrouvé sur la défensive et qu’il a accepté systématiquement d’abord le fait d’un chômage massif, puis le fait d’une politique d’austérité, puis le fait d’un blocage des salaires et la norme salariale, le fait d’une croissance économique allant de pair avec des pertes d’emploi, le fait d’une lutte de plus en plus corporatiste pour le maintien de l’acquis, le fait d’un travail plus long pour moins de gens et pour le même traitement, et enfin l’Etat social actif où les doits ne peuvent être obtenus qu’en échange de devoirs et encore… Il n’était plus question depuis longtemps de réformes de structures. Ou alors justement dans l’autre sens : privatisation, libéralisation, commercialisation… Le mouvement ouvrier organisé a perdu son rôle central dans le développement d’un projet de société. Et plus la consommation de masse et l’organisation flexible du travail sont devenues l’affaire de une « nouvelle classe moyenne », plus la « vieille » classe ouvrière a été séduite par l’idéologie « eigen volk eerst ». Cela ne veut pas uniquement dire que l’on devient une partie de l’électorat du Vlaams Belang qui est devenu « le plus grand parti populaire », mais aussi que l’on devient très sensible à d’autres raisonnements égocentriques ou corporatistes, et que l’on voit peu d’avenir dans des solutions solidaires ou plus structurelles. C’est l’histoire du postfordsime et de la droitisation des années 80.

3. Donc les nouveaux mouvements sociaux sont restés orphelins. Ils ont cherché vainement à créer un « front » avec de vraies forces sociales, et ils se sont transformés en mouvements bien conçus de « sigle issue », qui ont tenté d’obtenir un maximum au sein du système existant par une combinaison de mobilisations, de législation, et de politique. Il faut voir là un chemin pour beaucoup de soixante-huitards qui aujourd’hui sont aussi élevés au rang de ministre d’Etat ou anoblis par le Roi. Du changement du monde ils sont passés à la réforme pragmatique. Des groupes d’action à une activité professionnelle bien établie. Et avec un bilan pas désagréable en plus. Même si cela a eu une influence extrêmement forte sur la modification du fonctionnement, de la mentalité, et de l’organisation du « middenveld » et du secteur socio-culturel.

4. Ce nouvel ordre s’est construit autour de ce qui a été appelé jusque récemment « la pensée unique », de ce que Petrella appelle le dogme de la libéralisation–dérégulation–privatisation, ou autour du consensus qui donne comme objectif à toute politique de « préserver la capapcité concurrentielle de notre économie au sein de la globalisation ». Dans ce nouvel ordre le seul enjeu restant significatif est celui des « questions éthiques », c’est-à-dire de la plus grande liberté de choix individuel. Ceux qui déterminent les contours du débat public et régissent l’opinion publique, les médias de masse et les faiseurs d’opinion, mais aussi ceux qui ont pour mission la socialisation et la formation (écoles, universités et hautes écoles, secteur socio-culturel) – entre-temps tous également commercialisés et fort flamandisés – dessinent les axes du débat respectable : celui sur le territoire et les compétences des pouvoirs publics et sur les libertés en matière de comportement individuel ou collectif. L’ordre social est transformé en ordre naturel. Mais à l’intérieur de cet ordre naturel il reste évidemment encore quelques degrés de liberté à discuter.

5. Donc les programmes et organisations critiques à l’égard de la société n’ont pas seulement perdu toute base sociale mais aussi toute position dans le débat public, et ils ont été remplacés dans la presse et les médias par les BV (« Bekende Vlamingen ») et autres faiseurs d’opinion inoffensifs. Donc les nouvelles générations sont encore entrées en contact avec des moments de conflit et de mise en question de l’existant, mais ce n’est plus avec une alternative crédible ou un débat politique digne de ce nom. L’existant a du être accepté comme l’évidence et n’est devenu ainsi que toujours plus évident.

Offensive idéologique de droite

C’est dans ce climat que le mythe de Mai 68 est de nouveau appelé subitement à servir. Mais cette fois pour la nouvelle droite. La nouvelle droite assertive et réactionnaire qui se bat pour l’hégémonie, qui veut maintenant un accord complet avec la politique menée. Qui a dit encore « à droite toute et sans complexes » ?

C’est ce que Sarkozy veut en France : la dynamisation de l’entreprise privée stimulée par l’intérêt propre des investisseurs, et plus freinée par des contre-pouvoirs sociaux ou pire encore par des principes comme l’égalité ou la fraternité. Donnez la liberté aux entrepreneurs qui ont les moyens et laissez l’égalité (des chances) et la fraternité (souvent réduite au secours aux pauvres et donc à la charité) à un Etat fort et surtout à son bras armé. C’est ce que Balkenende veut, s’appuyant sur la critique idéologique de Pim Fortuyn avec son rétablissement des normes et des valeurs. C’est ce que Leterme et surtout Reynders vont faire, soutenus par la nouvelle droite de De Decker ou le Vlaams Blok dirigé par le patron du port Valkeniers. C’est l’offensive idéologique. Comme Francis Fukuyama a annoncé la fin de l’Histoire après la chute du mur de Berlin et Bush père le Nouvel ordre mondial, c’est mainteant la fin de Mai 68 qui est proclamée par le front uni des Sarkozy, Balkenende et Letreme-Reynders, renvoyant en cela au nouveau (mais en fait très ancien) corpus de pensée de la droite.

Une alternative crédible n’existe pas actuellement, mais cela ne signifie pas que la subversion n’est plus à l’ordre du jour. Car si un autre monde ne paraît pas immédiatement en vue, cela ne nous empêchera pas de dire qu’il est plus que jamais nécessaire et que ce monde-ci ne peut pas humainement être légitimé.