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UNE OEUVRE

Rosa Luxemburg, une théorie en action

Gabriel MAISSIN
Gabriel Maissin est économiste (UCL), spécialisé en sciences de la population et du développement.

Rosa Luxemburg est née le 5 mars 1871 dans la ville polonaise de Zamosc, sous domination russe. Fondatrice du SPDiL (Parti socialiste de Pologne et de Lituanie). Suite à la répression, émigre en Suisse. Fin des années 1890, s’installe à Berlin. Dirigeante de la gauche du SPD, figure importante de l’Internationale socialiste. En août 1914, opposée au vote des crédits de guerre, organise le regroupement qui mènera en 1915 à la fondation de la Ligue Spartakiste, puis du Parti communiste KPD (1918). Incarcérée deux ans et demi durant la guerre pour son activité. Libérée en novembre 1918, elle est assassinée le 15 janvier 1919.

Les citations de Rosa Luxemburg renvoient aux ouvrages repris dans la bibliographie au bas de l’article.

Les écrits de Rosa Luxemburg sont avant tout marqués par le souffle brûlant de cette période historique où fut forgée toute la dynamique du « court XXe siècle » [1] : guerres et révolutions, impérialisme, fascisme et stalinisme. Mais suivre ces trente années d’activités de premier plan dans l’émergence du mouvement ouvrier moderne ne doit pas effacer la théoricienne sous la militante. Pour rendre compte de l’œuvre de « l’une des figures les plus éminentes de la pensée de l’émancipation », selon Michael Löwy, nous nous limiterons à quelques points clés.

Réforme sociale ou révolution ?

Le titre de l’ouvrage (1899) ne doit pas faire illusion, il ne s’agit pas d’un pamphlet fustigeant la dérive d’un SPD (Parti social-démocrate allemand) qui, fondé en 1875 comme parti ouvrier révolutionnaire dériverait, déjà, vers le réformisme et la collaboration de classe. Au tournant du siècle, le SPD est un parti ouvrier puissant, dont le score électoral de 10% en 1887 passera à 19,8% en 1890 et à 31,7% en 1903. La force du SPD est la résultante du poids grandissant de la classe ouvrière dans cette phase d’essor du capitalisme.

Tant pour les réformistes que pour les révolutionnaires, l’instauration d’un nouvel ordre économique et social est le but, la conquête du pouvoir, le moyen.

De là découlent ses revendications liées aux conditions d’existence et sa volonté de transformer ce poids économique en pouvoir politique par le suffrage universel. À cette époque, le socialisme n’est pas une simple option politique à faire vivre au sein d’une économie capitaliste et d’une démocratie parlementaire. Tant pour les réformistes que pour les révolutionnaires, l’instauration d’un nouvel ordre économique et social est le but, la conquête du pouvoir, le moyen. Ce qui n’empêche pas une vie politique interne intense répercutée largement dans ses nombreux quotidiens et revues.

Voici comment Luxemburg, elle-même, pose le problème : « La social-démocratie peut-elle opposer la révolution sociale, le bouleversement de l’ordre établi, qui est son but final, à la réforme sociale  ? Assurément non ! Pour la social-démocratie, lutter à l’intérieur du système existant, jour après jour, pour les réformes, pour l’amélioration de la situation des travailleurs, pour des institutions démocratiques, c’est la seule manière d’engager la lutte de classe prolétarienne et de conquérir le pouvoir politique et abolir le système du salariat. Entre la réforme sociale et la révolution, la social-démocratie voit un lien indissoluble  : la lutte pour la réforme étant le moyen, et la révolution étant le but. »

Cette mise au point est formulée à l’encontre d’Eduard Bernstein, un dirigeant du SPD, qui vient de publier Socialisme théorique et social-démocratie pratique [2]. Luxemburg prend le parti d’une critique théorique de cet ouvrage. La divergence porte sur la nature, le fonctionnement et le devenir du capitalisme : « Le régime capitaliste a ceci de particulier que tous les éléments de la société future, en se développant, au lieu de s’orienter vers le socialisme, s’en éloignent, au contraire. La production revêt de plus en plus un caractère social. Mais comment se traduit ce caractère social ? Il prend la forme de la grande entreprise, de la société par actions, du cartel, au sein desquels les antagonismes capitalistes, l’exploitation, l’oppression de la force de travail s’exaspèrent à l’extrême. » En y ajoutant l’expansion impérialiste, coloniale et le militarisme, Luxemburg voit à la fois les obstacles au socialisme, et par l’éclatement de ses contradictions (dont la guerre) les seules possibilités de réaliser le programme socialiste.

Bernstein, au contraire, voit dans une évolution moins conflictuelle du capitalisme, une atténuation des crises [3], l’extension de la classe moyenne… une infirmation de l’analyse de Marx. L’économie capitaliste n’est pas minée par des contradictions insurmontables qui conduiront à son effondrement. Loin d’enfanter les révolutions, le système économique est le lieu d’une évolution lente, d’une adaptation continue à la société. Contrairement aux marxistes, pour Bernstein, l’État ne doit pas être conquis mais libéré de son contenu de classe, il doit devenir l’expression de l’intérêt général. Il récuse ainsi le dogme matérialiste du marxisme et prône un socialisme basé sur des références éthiques.

À ce stade, le débat n’est plus un simple dilemme tactique : « Quiconque se prononce en faveur de la réforme légale, au lieu et à l’encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus paisible, plus sûre et plus lente conduisant au même but ; il a en vue un but différent […]. Ainsi les thèses politiques du révisionnisme conduisent-elles à la même conclusion que ses théories économiques. Elles ne visent pas, au fond, à réaliser l’ordre socialiste, mais à réformer l’ordre capitaliste, elles ne cherchent pas à abolir le système du salariat, mais à doser ou à atténuer l’exploitation, en un mot elles veulent supprimer les abus du capitalisme et non le capitalisme lui-même. » C’est bien ce que confirma l’aphorisme bernsteinien : « Le but, quel qu’il soit, ne signifie rien, le mouvement est tout ».

Si les masses ne sont pas éduquées, longtemps à l’avance, à manier l’action politique extra-parlementaire autant que la routine électorale et la pratique des grèves économiques, le but ne sera jamais atteint.

Pourtant, la réaffirmation du but final, la nécessité d’en rendre conscientes les masses ouvrières par un travail de formation et de propagande, aussi importants soient-ils, ne constitue pas, pour Luxemburg, le cœur du problème. Si les masses ne sont pas éduquées, longtemps à l’avance, à manier l’action politique extraparlementaire autant que la routine électorale et la pratique des grèves économiques, le but ne sera jamais atteint. Chez Luxemburg, aussi, il y a de la place pour le mouvement !

Grève de masses, partis & syndicats

Luxemburg, comme l’ensemble de la social-démocratie de la fin du XIXe siècle, réfute la notion anarchiste de la grève générale comme facteur déclenchant de la révolution sociale au profit de l’action politique. Elle estime même « que pendant un quart de siècle, [cette opposition] a rendu d’immenses services au mouvement ouvrier moderne, soit pour combattre au nom de la logique les chimères anarchistes, soit pour aider à porter l’idée de la lutte politique dans les couches les plus profondes de la classe ouvrière ».

Pourtant, Luxemburg va remettre en cause « la bonne vielle tactique éprouvée » qui n’envisageait la grève politique de masse que comme exceptionnelle pour contrer un coup d’État supprimant le suffrage universel, par exemple. L’analyse de l’échec de la grève générale belge de 1902 pour le suffrage universel lui fournira des matériaux précieux pour forger sa dialectique des diverses formes d’actions : « Leur action parlementaire [4] est restée sans effet parce que la pression de la grève générale à l’appui de cette action fit défaut. Et la grève générale resta sans effet parce que derrière elle, il n’y avait pas le spectre menaçant du libre essor du mouvement populaire ».

Les événements révolutionnaires de 1905 en Russie tsariste vont largement confirmer l’intuition de Luxemburg que la grève politique de masse doit être au cœur de la nouvelle tactique. Elle propose en 1906 – contre la bureaucratie syndicale – et en 1910 – contre Karl Kautsky, le « marxiste officiel  » du socialisme allemand – un chemin capable de transformer les luttes économiques et le combat pour le suffrage universel en un mouvement révolutionnaire général. « Le brusque soulèvement général du prolétariat en janvier, déclenché par les événements de Saint-Pétersbourg, était […] un acte politique révolutionnaire, une déclaration de guerre à l’absolutisme. Mais cette première lutte générale et directe des classes eut un impact encore plus puissant à l’intérieur [de la Russie], en éveillant, pour la première fois, comme par une secousse électrique, le sentiment et la conscience de classe chez des millions et des millions d’individus […]. C’est par le prolétariat que l’absolutisme doit être renversé en Russie. »

Luxemburg insiste : dans un mouvement révolutionnaire de ce type, des revendications politiques ou économiques peuvent être à l’origine de divers mouvements (manifestations, grèves locales…) mais, au travers d’expériences successives, elles peuvent s’agglutiner, s’étendre et culminer en un moment particulier tel que 1905. « Une révolution bourgeoise contre l’absolutisme, mais à un moment où les idéaux bourgeois ont fait faillite », selon les termes de Kautsky. Oui mais, répond Luxemburg, les masses ont assimilé cette faillite « à l’école politique vivante, par la lutte au cours de la révolution en marche ». Il faut abandonner tout gradualisme, se préparer à des luttes de masse révolutionnaires. Ce qui frappe à la porte, ce n’était pas une ère de progrès pacifique, mais une ère de guerres impérialistes. Et, dans cette foulée, une menace sur les acquis sociaux de la classe ouvrière, y compris le suffrage universel. La Première Guerre mondiale, la révolution russe de 1917, la révolution allemande de 1919 confirmèrent qu’elle voyait loin.

L’économie de l’impérialisme

Fait moins connu, Luxemburg fut aussi une théoricienne de l’impérialisme [5]. à partir de 1907, à l’école des cadres du parti, elle a en charge les 250 heures consacrées à l’économie. L’Introduction à l’économie politique (rédigée en prison et publiée après sa mort) reprendra le contenu de cet enseignement. Mais c’est en 1913 qu’elle publie L’accumulation du capital. Le sous-titre de l’ouvrage, Contribution à l’explication économique de l’impérialisme, indique une préoccupation partagée par des auteurs comme Hilferding et Lénine [6]. Le début du XXe siècle voit la montée en puissance de l’économie capitaliste en Occident. Cette dynamique amène certains socialistes – y compris marxistes – à envisager, une atténuation progressive de ses contradictions, débouchant sur une « adaptation » du capitalisme à l’évolution politique de la société. Une sorte de régulation économique avant la lettre.

Il y aura toujours un résidu de biens de consommation invendables en régime capitaliste. Ce qui implique la nécessité de l’ouverture en permanence de marchés extérieurs.

L’analyse de Luxemburg est tout autre. Dans son développement à l’échelon international, les contradictions sociales et économiques ne s’atténuent pas, elles s’aggravent. Elle va traduire cela au plan théorique. Sa démarche pourrait être schématisée ainsi : l’Introduction vise à exposer le capitalisme comme une étape dans l’histoire de l’humanité, avec des caractéristiques sociales propres et des mécanismes (lois) économiques liés à la production marchande généralisée. En cela, elle reste fidèle aux schémas exposés par l’auteur du Capital. Mais, dans l’Accumulation, elle veut aller au-delà de l’exposé du fonctionnement de la production capitaliste. Elle estime que, sur base de sa lecture du Capital, il n’est pas possible de comprendre comment « le système capitaliste dans son ensemble est en état de se reproduire, de s’étendre constamment et de surmonter ses crises ». Elle tente donc de montrer que la réalisation de la totalité de la plus-value produite (et sa métamorphose in fine en capital) est impossible sans milieu non capitaliste. Sans ce débouché supplémentaire, il y aura toujours un résidu de biens de consommation invendables en régime capitaliste. Ce qui implique la nécessité de l’ouverture en permanence de marchés extérieurs.

Explication valable, dans la mesure où cette tendance économique rend bien compte de la période d’expansion impérialiste et du rôle assigné aux pays dépendants vu les débouchés offerts. Explication insuffisante car n’intégrant pas complètement d’autres éléments comme la fusion du capital industriel et financier, les nouvelles formes d’organisation et de concentration que sont les monopoles, ou encore l’exportation des capitaux (et non seulement des marchandises).

Ce travail pionnier a ouvert un chantier, dont il est possible encore aujourd’hui de tirer profit. En étudiant ce nouveau stade du développement capitaliste, Luxemburg a montré à la fois qu’il n’y aurait ni effondrement mécanique, ni adaptation lente du système économique. Par son fonctionnement économique, le boom impérial [7] de l’avant-guerre déboucherait sur une ère de révolutions. Par ce cheminement scientifique, Luxemburg, arrivera aussi à son fameux dilemme : socialisme ou chute dans la barbarie ! À l’époque où elle travaillait sur ces questions, cette alternative était plus qu’une prévision.

La révolution russe : partisane engagée, critique radicale

Emprisonnée de septembre 1916 à novembre 1918 suite aux manifestations anti-guerre Luxemburg parvient, malgré tout, à publier une série d’articles sur la révolution bolchévique dans les Spartakusbriefe. Elle rédige aussi La révolution russe, ouvrage inachevé et publié bien après sa mort. L’appréciation par Luxemburg de la révolution russe de 1917 a souvent été présentée par son versant critique [8]. Cependant, il ne faut pas commettre de contre-sens, Luxemburg est une partisane convaincue : « Les bolcheviks ont […] posé immédiatement comme but à cette prise du pouvoir le programme révolutionnaire le plus avancé : non pas défense de la démocratie bourgeoise, mais dictature du prolétariat en vue de la réalisation du socialisme. Ils ont ainsi acquis devant l’histoire le mérite impérissable d’avoir proclamé pour la première fois le but final du socialisme comme un programme immédiat de la politique pratique ».

Elle réfute l’argumentation de Trotsky sur la lourdeur des corps élus démocratiques et sur la nécessité de limiter les marges d’actions des opposants au pouvoir soviétique.

Pour elle, il s’agit du couronnement d’un long processus entamé des 1905, avec les grèves générales, les premiers soviets (conseils), leur déclin et la répression, la reprise de 1912, l’entrée en guerre, février 1917 et enfin octobre 1917. Au travers des flux et reflux, des grèves, des chocs politiques, du travail parlementaire, ont muri les conditions d’une prise du pouvoir et d’un changement de régime. Octobre 1917 est le contre-pied de la capitulation du SPD qui, non seulement permis l’entrée en guerre de l’Allemagne, mais la justifia au prétexte de la mission réservée aux baïonnettes allemandes de renverser le tsarisme et de délivrer ses peuples opprimés.

Cependant, fidèle à elle-même, elle ne se prive pas de formuler à chaud une série de désaccords tout à fait substantiels et argumentés [9]. Luxemburg accepte parfaitement que soit dissoute l’Assemblée constituante, composée avant la révolution et ne reflétant plus la nouvelle situation. Par contre, elle n’accepte pas le refus des bolcheviks d’en convoquer une nouvelle, via des élections générales. Elle affirme que le système des soviets (conseils) sera lui aussi condamné à dépérir rapidement : « Lénine et Trotsky ont mis à la place des corps représentatifs issus d’élections générales, les soviets, comme la seule représentation véritable des masses ouvrières. Mais en étouffant la vie politique dans tout le pays, il est fatal que la vie dans les soviets eux-mêmes soit de plus en plus paralysée ». A contrario, Luxemburg voit dans les institutions démocratiques, malgré leurs imperfections, leurs lourdeurs, un puissant mécanisme d’apprentissage, d’éducation, la seule voie – pour reprendre l’expression de Lénine – par laquelle chaque ménagère doit apprendre à administrer l’État.

Elle réfute l’argumentation de Trotsky sur la lourdeur des corps élus démocratiques et sur la nécessité de limiter les marges d’actions des opposants au pouvoir soviétique. Au contraire, ajoute-t- elle, « sans élections générales, sans liberté illimitée de la presse et de réunion, sans lutte libre entre les opinions, la vie se meurt dans toutes les institutions publiques, elle devient une vie apparente, où la bureaucratie reste le seul élément actif ».

À ce jugement on ne peut plus clair, Luxemburg ajoute un élément peu souvent évoqué et d’une grande portée historique : « [Lénine et Trotsky] rendent ainsi au socialisme international, pour l’amour duquel ils ont lutté et souffert, un mauvais service quand ils prétendent lui apporter comme des idées nouvelles toutes les erreurs commises en Russie sous la contrainte de la nécessité, qui ne furent au bout du compte que des conséquences de la faillite du socialisme international dans cette guerre mondiale ».

En militante et dirigeante révolutionnaire, elle est prête à entendre les arguments, à prendre en compte la situation exceptionnelle [10], à peser ses objections et critiques. Mais elle est consciente de la responsabilité du mouvement ouvrier auquel elle appartient. Elle sait que la révolution allemande doit prendre le relais. Pour les bolchéviques c’est une question de réussite, de survie  ; pour Luxemburg, c’est l’avenir du socialisme à l’échelle de plusieurs générations qui se joue.

En guise de conclusion, ce passage du programme de Spartacus rédigé quelques jours avant d’être exécutée par les Freikorps mobilisés contre le soulèvement des ouvriers berlinois, sur ordre du ministre social-démocrate Gustav Noske : « La révolution prolétarienne n’a pas besoin de terreur pour atteindre son but, elle a le meurtre en haine et en horreur. Elle n’a pas besoin de ces moyens de lutte parce qu’elle ne combat pas contre les individus, mais contre les institutions ; parce qu’elle n’apporte pas dans l’arène de naïves illusions dont la perte doive être vengée dans le sang ».

Ma i s qu’ est - ce que la révolution  ? En tout cas pas de naïves illusions  ! En cela, Rosa Luxemburg était pleinement marxiste, tentant de définir l’action par la théorie et la théorie par l’expérience. Avec ses forces et ses faiblesses une grande philosophe de la praxis, en quelque sorte ! Bien loin de l’image de martyr, à laquelle on a voulu la réduire !


Bibliographie

Ouvrages cités :

  1. Réforme sociale ou révolution ? Grève de masse, parti et syndicats, Trad. d’Irène Petit, Maspero, regroupé sous le titre : Œuvres I. 1976.
  1. Écrits politiques 1917–1918. Dont La révolution russe, (premier texte intégral), La responsabilité historique, La tragédie russe, Sur la guerre, la question nationale et la révolution, Notre programme et la situation politique (Spartakus), Trad. de C. Weil, Maspero, sous le titre : Œuvres II. 1978.
  1. L’accumulation du capital (I) - Contribution à l’explication économique de l’impérialisme. Trad. de M. Olivier et Irène Petit, Maspero, sous le titre : Œuvres III. 1972.
  1. L’accumulation du capital (II) - Contribution à l’explication économique de l’impérialisme. Trad. d’Irène Petit, Maspero, sous le titre : Œuvres IV. 1972.
  1. Introduction à l’économie politique. Préface d’Ernest Mandel, éditions Anthropos, 1979.
  1. R. Luxembourg, F. Mehring, E. Vandervelde, Recueil de textes à propos de l’expérience belge de grève générale pour le suffrage universel, regroupé par l’éditeur : Grèves sauvages, spontanéité des masses, Cahiers Spartacus, René Lefèvre. (sans date).

Et encore :

Depuis 2009, Agone et le Collectif Smolny publient les œuvres complètes.

  1. Premiers tomes parus : I - Introduction à l’économie politique - II - À l’école du socialisme - III - Le socialisme en France
    - IV - La brochure de Junius, la guerre et l’internationale (1907-1916) http://agone.org/rosaluxemburg.
  1. Le site www.marxists.org donne un accès complet aux textes.
  1. Rosa la vie, Lettres de Rosa Luxemburg, Éditions de l’atelier, 2009.
  1. Michael Löwy, Marxisme et romantisme révolutionnaire, essais sur Lukács et Rosa Luxemburg, Paris, Sycomore, 1979. Sur Google books.
  1. John Peter Nettl, Rosa Luxemburg, Spartacus, 2012. www.spartacus.atheles.org.
  1. Margaretha von Trotta, Rosa Luxemburg, film, 1985.

[1] Éric J. Hobsbawm, Histoire du court XXe siècle (1914- 1989). Voir Politique n°14, 1999.

[2] Édité en français, Les présupposés du socialisme, Seuil, 1974.

[3] Après le krach de 1873, un nouveau cycle d’expansion s’enclenche.

[4] Le POB comptait sur un appui du parti libéral face aux cléricaux. Pour obtenir cet appui qui in fine ne vint pas, ils mirent fin à la grève générale. L’échec se fit sentir pendant des années. Émile Vandervelde répondit à ses critiques en justifiant l’arrêt de l’action par l’attitude de la grande masse des ouvriers qui étaient hostiles à l’introduction immédiate du suffrage féminin.

[5] En 1897, alors qu’elle est encore exilée en Suisse, elle est promue docteure en économie politique à l’Université de Zurich.

[6] Hilferding, Le capital financier, 1910 ; Lénine, L’impérialisme stade suprême du capitalisme, 1916.

[7] L’ère des Empires allemand, français, britannique, austro-hongrois, russe, japonais…

[8] Déjà en 1904, elle critiqua Lénine et sa conception du parti d’avant-garde. Dans les années 30, le KPD stalinien était clair : sur tous les points où Rosa Luxemburg divergeait de Lénine, elle avait tort. En RDA, Luxemburg, fut célébrée comme martyr, mais on fit peu de cas de son œuvre. Paul Maurice, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, un mythe paradoxal en RDA, Sens Public, 2006. www.sens-public.org.

[9] Dont une critique de la réforme agraire, des dispositions liées à la question nationale et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

[10] « La tragédie russe », article publié en septembre 1918, analysant les conséquences de la paix de Brest-Litovsk entre la Russie et l’Allemagne, illustre cette prise en compte.