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UNE OEUVRE

John Stuart Mill et la “nature féminine”

Sophie HEINE
Maître de conférence (Queen Mary, University of London) et chercheuse (University of Oxford).

Outre ses écrits célèbres sur l’utilitarisme, la liberté et le gouvernement représentatif, John Stuart Mill aborda également la question des rapports inégalitaires entre les sexes. Son essai De l’assujettissement des femmes (1869) pose les jalons d’une critique libérale des rapports de domination entre les sexes qui mérite d’être redécouverte. Malgré certaines limites, ce texte est en effet susceptible de constituer une source d’inspiration décisive pour tous les progressistes soucieux d’égale liberté et d’émancipation individuelle.

Égalité juridique et liberté

Dans une veine typique du libéralisme de l’époque, Mill commence son essai en dénonçant l’inégalité formelle entre les sexes. Exprimant une révolte argumentée contre l’infériorité juridique des femmes, il préconise en particulier une refonte radicale de l’institution du mariage pour instaurer l’égalité des droits entre époux. À l’époque, les femmes étaient encore soumises au bon vouloir de leur mari en matière de propriété, d’héritage, d’autorité sur les enfants ou de divorce. En livrant les épouses au bon vouloir de leur conjoint, le mariage exposait ces dernières aux pires formes de sujétion. Mill souligne ainsi que si certains hommes sont doux et respectueux, d’autres font preuve d’une grande brutalité dans la sphère privée. Dès lors, accorder par le contrat de mariage un aussi grand pouvoir à tous les hommes accroît le risque d’oppression des femmes en général. L’inégalité institutionnalisée par le mariage constitue donc une violation flagrante du principe libéral d’égalité devant la loi.

"La pensée de Mill s’inscrit donc dans un libéralisme valorisant la dignité et les droits de l’individu, indépendamment de ses particularités concrètes."

Plus fondamentalement, l’opposition exprimée par Mill à l’encontre des inégalités subies par les femmes se fonde sur une révolte contre les désavantages affectant les individus dès la naissance et indépendamment de leur volonté. Et encore aujourd’hui, la plupart des penseurs libéraux s’opposent aux discriminations, aux inégalités et à l’assignation de rôles particuliers sur base de caractéristiques sans liens avec la volonté individuelle. La pensée de Mill s’inscrit donc dans un libéralisme valorisant la dignité et les droits de l’individu, indépendamment de ses particularités concrètes. L’égalité juridique entre les sexes prolongerait donc selon lui le mouvement vers le progrès promu par le libéralisme de l’époque.

Mais c’est aussi par son caractère modéré que le libéralisme de Mill est ancré dans son temps. Déployant une foi impressionnante dans le principe d’égalité devant la loi, le philosophe anglais estime que l’égalité formelle entre les sexes mènera spontanément à leur égalité de fait. De la sorte, il passe à côté des nombreux facteurs structurels expliquant les injustices affectant les individus et qu’il n’est pas toujours possible d’abolir par la loi.

Tout comme les rapports de domination en général, les diverses oppressions dont souffrent les femmes ne peuvent être supprimés par la simple reconnaissance d’un égal statut. Certes, les premiers mouvements féministes se sont inscrits dans une telle approche formelle du combat pour l’égalité entre les sexes : supprimer les barrières officielles à la participation des femmes à la vie politique, sociale et économique devait permettre l’accès réel de ces dernières à ces différentes sphères.

Mais l’histoire a bien montré l’insuffisance d’une telle stratégie. Malgré l’obtention de l’égalité juridique dans tous les domaines, les femmes continuent à être désavantagées et discriminées de multiples façons [1].

Des différences construites socialement

Bien au-delà des inégalités juridiques entre les sexes, le véritable apport de l’essai réside dans la façon dont il met en évidence le rôle joué par les stéréotypes différentialistes dans la sujétion des femmes : leur passivité face à leur condition s’expliquerait non seulement par leur servitude objective mais aussi par la subordination de leur esprit. En d’autres termes, les préjugés concernant leur supposée « nature » contribueraient à limiter leur volonté de révolte et à garantir leur infériorité sociale.

Articulant l’une des premières et des plus convaincantes contestations du différentialisme entre les sexes [2], Mill souligne que la croyance dans l’existence de distinctions naturelles entre les sexes en matière de goûts, d’aptitudes ou de caractères découle avant tout de l’éducation et de la socialisation. Il se gausse des idées de son temps sur la « nature féminine » : dotées d’une moindre intelligence, elles seraient émotives, intuitives, douces et spontanément attirées par les activités domestiques.

"Mill souligne que la croyance dans l’existence de distinctions naturelles entre les sexes en matière de goûts, d’aptitudes ou de caractères découle avant tout de l’éducation et de la socialisation."
L’un des plus grands préjugés de l’époque concernait l’infériorité supposée de l’intellect féminin. Ainsi, il était fréquent d’affirmer que les femmes étaient pourvues de capacités d’analyse, d’abstraction et de concentration moindres que les hommes. Invoquant les effets de la socialisation, Mill déconstruit ces clichés avec brio.

Très éloigné de l’individualisme méthodologique qui a fini par dominer la pensée de nombreux libéraux dans le domaine économique [3], Mill insiste donc clairement sur le poids des facteurs sociaux et culturels dans les parcours individuels. Il admet que, privées des opportunités éducatives et professionnelles dont jouissent les hommes, les femmes auraient peut-être développé certaines des spécificités cognitives ou comportementales qu’on leur attribue.

Toutefois, il ne fait pour lui aucun doute qu’une éducation et une socialisation similaires pour les deux sexes mettraient fin à ces différences. Ainsi, le fait qu’il y ait moins de femmes de génie découlerait de l’injonction qu’elles subissent à se focaliser sur les tâches ménagères et sur l’éducation des enfants. Accaparées par les activités domestiques, elles manqueraient des ressources et de la motivation nécessaires pour se lancer dans de grandes œuvres scientifiques ou artistiques. Le recul historique dont on dispose aujourd’hui a amplement donné raison au philosophe : depuis que les femmes ont accès à la même éducation que les hommes, elles sont non seulement présentes dans la plupart des professions mais produisent aussi de plus en plus d’œuvres marquantes.

Mill met aussi l’accent sur un autre aspect de la socialisation des filles et des femmes qui permettrait d’expliquer leur position sociale inférieure : l’encouragement qu’elles subissent, dès leur plus jeune âge, à satisfaire les besoins d’autrui et plus spécifiquement ceux de leur mari et de leurs enfants. Ces attentes peuvent les pousser à renoncer à d’autres projets plus épanouissants et plus gratifiants. L’esprit de sacrifice dont font preuve de nombreuses femmes serait donc, selon Mill, une pure construction sociale. À l’heure où les discours prônant le retour de « la mère sacrificielle » prospèrent [4], de tels propos sont d’une grande pertinence.

Avec clarté et simplicité, Mill oppose une réponse extrêmement convaincante aux dogmes différentialistes  : « Any of the mental differences supposed to exist between women and men are but the natural effect of the differences in their education and circumstances and indicate no radical difference, far les radical inferiority, of nature » [5]. Il ajoute : « No one can safely pronounce that if women’s nature were left to choose its direction as freely as men’s, and if no artificial bent were attempted to be given to it, […] there would be any material difference, or perhaps any difference at all, in the character and the capacities which would unfold themselves » [6]. Autrement dit, il est hautement probable que les différences comportementales apparaissant entre les sexes soient simplement le fruit d’une socialisation distincte. Et seul un traitement strictement égal de tous les individus indépendamment de leur sexe permettrait d’identifier s’il existe réellement des différences naturelles dans le caractère, les inclinaisons et les aptitudes des hommes et des femmes.

Un différentialisme émancipateur ?

L’argumentation de Mill a le mérite non seulement d’introduire le doute par rapport aux croyances différentialistes – aujourd’hui à nouveau très en vogue [7] – mais aussi de mettre en évidence le rôle légitimateur joué par ces stéréotypes. Si le différentialisme entre les sexes pose problème, c’est, d’abord et avant tout, parce qu’il permet de justifier certaines injustices. On pourrait en théorie imaginer des variantes du différentialisme qui profiteraient aux femmes. Mill mentionne certains clichés sur la « nature féminine » circulant à son époque et qui pourraient être utilisés à l’avantage des femmes : l’intuition, l’esprit pratique, la capacité à passer facilement d’un sujet à l’autre, l’aptitude à percevoir les faits objectifs, la rapidité de décision ou encore la prise en compte de l’impact des théories sur les situations individuelles concrètes.

Certes, une telle façon de définir l’intelligence féminine – tout comme l’idée même qu’il existerait une intelligence féminine distincte – est aujourd’hui très rare. Toutefois, quand Mill tente de conférer un potentiel progressiste au différentialisme, il propose une démarche adoptée de nos jours par certains cercles féministes.

"Si le différentialisme entre les sexes pose problème, c’est, d’abord et avant tout, parce qu’il permet de justifier certaines injustices."

Le « différentialisme des opprimés  », en matière culturelle ou de genre, vise à récupérer les catégories dominantes en inversant leur charge normative ou, en d’autres termes, à « renverser le stigmate » : des différences naturalisées et assignées par des groupes dominants sont réappropriées comme outils de libération par les dominés. Si une telle stratégie est tout à fait compréhensible, on peut cependant douter de sa capacité à supprimer les rapports de domination véhiculés par les catégories dominantes. Pour être pleinement émancipateur, le différentialisme devrait se libérer des thèmes imposés par ceux qui profitent des rapports de domination. Un féministe différentialiste réellement libérateur devrait donc construire de nouvelles catégories de distinction qui seraient clairement à l’avantage des femmes, tout en évitant de vouloir renverser la domination.

Dans son essai, Mill ne parvient pas à relever ce défi. Sa tentative de conférer au différentialisme un sens émancipateur est beaucoup moins convaincante que sa dénonciation de ce dernier comme outil de maintien de l’infériorité des femmes. Il donne en fait très peu d’arguments pour soutenir l’idée que les femmes pourraient se libérer en s’emparant des idées reçues sur leur prétendue « nature ». Par endroits, il semble même imbibé de certains des préjugés qu’il condamne par son propos plus large. Ainsi, il n’a pas l’air démesurément offusqué par le fait que, quand les femmes se marient, elles renoncent à la plupart de leurs occupations pour s’occuper de leur foyer. Certes, il accepte de possibles aménagements à cette coutume, en particulier en cas de « facultés exceptionnelles  » des femmes concernées. Cependant, on reste parfois sur l’impression que Mill a encore du mal à envisager qu’une majorité de femmes puissent se définir autrement que par leurs qualités d’épouses, de mères ou de maîtresses de maison.

Malgré quelques tentatives de connoter positivement les supposées qualités « naturelles » des femmes, la clé de voûte de l’essai réside dans une critique radicale du différentialisme existant. Celle-ci demeure d’une incommensurable justesse : d’une part, étant donné la socialisation distincte des individus des deux sexes, le scepticisme s’impose envers le caractère supposé « naturel » de différences perçues ou apparentes. D’autre part, l’interprétation dominante des clichés sur la nature féminine sert à maintenir les femmes dans la sujétion. Ces deux arguments sont toujours d’une grande pertinence pour avancer dans les controverses entre différentialistes et constructivistes.

Du pouvoir des hommes sur les femmes

Selon Mill, c’est aussi en limitant le potentiel de révolte des femmes que les préjugés sur leur supposée « nature » renforcent leur subordination. Leur absence de révolte est tout d’abord due à leur position objectivement inférieure, qui rend forcément la subversion ouverte plus ardue. L’une des raisons pour lesquelles les femmes ne se soulèvent pas en tant que groupe opprimé réside ainsi dans le pouvoir objectif des hommes sur leur vie. Si ce pouvoir était bien entendu très prégnant à une époque où les femmes dépendaient des hommes pour le moindre acte posé, il persiste sous des formes plus tamisées et moins assumées. Mill ajoute que, si les femmes sont aussi peu enclines à se rebeller, c’est aussi à cause de l’éducation à la passivité qu’on leur inflige depuis leur plus tendre enfance. Cette passivité s’expliquerait aussi par une socialisation leur enseignant qu’elles doivent avant tout plaire aux hommes et, à cette fin, les soutenir, les encourager et les choyer, plutôt que les combattre.

"Si le différentialisme entre les sexes pose problème, c’est, d’abord et avant tout, parce qu’il permet de justifier certaines injustices."

La réflexion de Mill touche ici à la question de la stratégie, thème absolument fondamental dans la lutte pour l’émancipation des femmes : l’objectif d’égale liberté des sexes commande-t-il de se liguer contre les hommes ou de réaliser des alliances avec eux ? Penchant nettement en faveur de la deuxième option, Mill estime que les femmes ne pourront jamais se libérer en s’opposant radicalement aux hommes, mais qu’elles doivent au contraire chercher à les convaincre du bien-fondé de leurs revendications. L’esprit de « guerre des sexes » imprégnant souvent le combat féministe serait donc contre-productif. Les arguments cités plus haut pour justifier cette position renvoient avant tout au pouvoir objectif des hommes sur la vie des femmes, particulièrement fort à l’époque de Mill. Mais on devrait aussi ajouter la dimension amoureuse et affective du pouvoir des hommes sur les femmes. Si ce thème apparaît parfois chez Mill en filigrane, il n’est jamais explicité. Or, il s’agit d’un élément tout à fait essentiel pour comprendre la difficulté qu’ont les femmes à échapper à leur infériorité sociale. Il s’agit aussi d’un facteur clé distinguant la domination liée au genre des autres formes d’oppression : les femmes entretiennent des rapports affectifs avec des hommes qui, en tant que groupe, continuent à les dominer dans la plupart des sphères sociales. Elles les désirent, en tombent amoureuses, décident de vivre en couple ou de fonder des familles avec eux. À la différence d’autres configurations inégalitaires, les rapports entre les sexes sont donc intrinsèquement personnels, érotiques et affectifs. Par conséquent, une opposition radicale des femmes aux hommes non seulement empêcherait la constitution d’alliances plus larges contre les autres formes de domination – les injustices socio-économiques, politiques et culturelles sont en effet distinctes des injustices liées au genre –, mais elle est aussi tout bonnement impossible, étant donné la nature particulière des relations entre les sexes. Plutôt que de construire une coalition « anti-hommes », il s’agirait donc avant tout de convaincre ces derniers que le combat pour l’égalité entre les sexes ne contredit pas radicalement leurs intérêts.

Des intérêts conciliables ?

Mill avance plusieurs éléments pour persuader les hommes qu’une plus grande liberté des femmes serait également à leur avantage. Tout d’abord, il souligne que l’encouragement des garçons et des hommes à écouter avant tout leurs penchants égoïstes et à dominer les individus de l’autre sexe crée un climat inégalitaire dans les relations familiales et amoureuses qui limite en même temps l’extension des principes d’égalité et de justice à toute la société. Par ailleurs, permettre aux femmes de développer tout leur potentiel doublerait la quantité de talents disponibles. Mill ajoute qu’avancer vers l’égalité des sexes rendrait les membres des couples plus semblables, ce qui accroîtrait selon lui leur entente et leur bonheur. De plus, avoir pour épouses des femmes éduquées augmenterait selon lui le potentiel intellectuel et professionnel des hommes, alors que la compagnie de conjointes subalternes et inférieures tendrait à détériorer leur niveau intellectuel. Enfin, libérer les femmes amplifierait le bonheur de la moitié de l’humanité, un avantage certain du point de vue de l’utilitarisme.

Même si Mill a tout à fait raison de souligner la nécessité de convaincre les hommes de l’intérêt qu’ils ont à soutenir les avancées vers l’égalité des sexes, son propos pose certains problèmes. Tout d’abord, plusieurs des arguments qu’il emploie pour étayer cette assertion sont quelque peu naïfs. Ainsi, il est illusoire de supposer que la majorité des hommes considèrent l’extension des principes égalitaires au couple et à la société en général comme conforme à leur intérêt. En outre, est-il certain qu’une plus grande égalité dans le couple conduise à plus de succès social ou professionnel  ? De même, vu la complexité des dynamiques amoureuses, on peut également douter du lien établi par Mill entre égalité et bonheur conjugal. Enfin, l’équivalence qu’il trace entre liberté des individus et bonheur est loin de constituer une évidence, tant les méandres menant à la félicité sont tortueux.

Mais surtout, Mill néglige le fait que, sur certains points, les intérêts des hommes et des femmes sont tout simplement irréconciliables. Par exemple, est-il vraiment dans l’intérêt des hommes d’accepter une égalité parfaite dans la répartition des tâches domestiques et de la prise en charge des enfants ? Il est également loin d’être certain qu’une libération des femmes de toutes les formes de violence masculine ou des contraintes pesant sur leur apparence et leur sexualité soit forcément dans l’intérêt des hommes. Accroître la liberté des femmes passe aussi par une limitation forcée des possibilités de domination masculine. L’instinct de domination étant aussi influent que celui de liberté, une telle évolution ne peut pas seulement découler des bonnes volontés et de la discussion policée mais relève, plus fondamentalement, d’un rapport de force. En cas de conflits d’intérêts irrémédiables, le consensus et l’harmonie sont bien souvent impossibles, la seule solution résidant alors dans des compromis imposés et formalisés. Toutefois, étant donné qu’une grande partie des rapports de domination opposant les intérêts des deux sexes se déroule dans la sphère privée, les femmes devraient chercher des alliés masculins avant tout en dehors de cette dernière, notamment dans l’action militante et politique.

[1] D. Meda, Le temps des femmes. Pour un nouveau partage des rôles, Paris, Flammarion, 2008.

[2] Pour une critique contemporaine de certains des stéréotypes différentialistes actuels, voir : N. Walter, Living Dolls : The return of Sexism, Virago Press, 2010.

[3] B. Guerrien, La théorie néoclassique, Paris, Economica, 1989, pp. 5-6.

[4] Voir par exemple S. Gerhardt, The Selfish Society. How we all forgot to love one another and made money instead, London, Simon and Shuster, 2011. Et pour une critique de ces tendances : E. Badinter, Le conflit. La femme et la mère, Paris, Flammarion, 2010.

[5] « Toutes les différences intellectuelles censées séparer les femmes et les hommes ne sont rien d’autre que la résultante d’une éducation et d’expériences de vie différents. Elles n’indiquent ni de différence ni d’infériorité radicales qui seraient fondées sur des facteurs naturels. » J. St. Mill, « The Subjection of Women », Mill, On Liberty and Other Essays, Oxford, Oxford University Press, 2008 (1869), p. 528.

[6] « Personne ne peut affirmer avec certitude que si les femmes pouvaient orienter leur vécu et leurs choix aussi librement que les hommes, plutôt que de suivre des directions qui leur sont imposées de façon artificielle, (…) il y aurait de quelconques différences dans les capacités et le tempérament développés par les deux sexes ». Ibid, p. 532.

[7] Comme exemple d’approche différentialiste dans la littérature populaire, voir par exemple : J. Gray, Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Paris, Michel Lafon, 1999 ; ou encore : A. Pease et B. Pease, Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières ?, Editions Générales First, 1999.