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TERRITOIRES

Dehors les bourges ou dedans le peuple ? La gentrification à Bruxelles

Isabelle PAUTHIER
Directrice de l’Atelier de recherche et d’action urbaine (Arau)

La notion de « gentrification » alimente un nouveau prêt-à-penser : ladite gentrification constitue une menace pour la ville. On ne compte plus les étudiants mobilisés par cette question critique. L’Arau – un think tank bruxellois créé en 1969 – a voulu examiner ce phénomène à travers un cycle de conférences, les « Midis de l’urbanisme », qu’il a organisé fin 2011. Y ont défilé successivement Patrick Crahay, pour l’administration régionale en charge des contrats de quartier, Mathieu Van Crieckingen, géographe à l’ULB (qui a réagi à cet article dans le n°76 de septembre octobre 2012), Bernard de Vos, délégué général aux droits de l’enfant, Philippe De Keyser, président des Petits Riens, Marie- Laurence De Keersmaeker, géographe à l’UCL, Claire Billen, historienne à l’ULB et René Schoonbrodt, ancien président de l’Arau, qui a présenté les réflexions de l’association. (La synthèse de ces contributions est disponible sur le site www.arau.org.). Cet article en tire les conclusions.

Le terme « gentrification  » a été mis en évidence en 1964 par la sociologue Ruth Glass à propos de Londres. Il qualifie et unifie un changement progressif de la composition sociale de certains quartiers centraux dégradés des villes, investis – ou réinvestis – progressivement par les classes aisées de population au détriment de la population résidente. Sous l’effet de la rénovation urbaine, publique et privée, les loyers et les valeurs foncières augmentent, des habitants des quartiers sont relégués au profit d’une classe sociale détentrice d’un capital socio-économique plus élevé que les populations résidentes.

Dans les années 1980-1990, les débats ont porté, surtout dans le monde anglo-saxon, sur les causes de ces processus. La gentrification est-elle induite par les politiques de rénovation urbaine menées par les pouvoirs publics (c’est la thèse de Neil Smith) ou par les choix résidentiels individuels de ménages issus de la « nouvelle classe moyenne » (thèse de David Leg). Richard Florida a, par ailleurs, contribué à mettre en exergue le rôle d’une nouvelle « classe créative » dans l’économie et le peuplement des villes. Certains sociologues ou géographes, estiment que la « gentrification » se généralise depuis les années 2000 comme effet induit, voire objectif majeur, des politiques urbaines.

Depuis quelques années, des géographes bruxellois observent la transposition de semblables phénomènes à Bruxelles et mettent en cause les politiques de rénovation urbaine. Du côté des responsables politiques, soit on assume une certaine gentrification, perçue comme bienfaitrice au nom d’un objectif assez vague de « mixité sociale » (qui ne s’étend curieusement pas à l’installation d’une population pauvre dans les quartiers aisés) [1], soit on réfute le phénomène, bien que l’évolution des prix de l’immobilier à la hausse et la rareté du logement public ne soient pas contestées.

Cette dualisation du territoire reflète un clivage traditionnel de l’espace urbain bruxellois, même si celui-ci n’a jamais été absolu.

Un débat semblable a déjà été mené, à Bruxelles, à la fin des années 60, comme l’a rappelé Philippe De Keyser : on refusait alors la « sablonnisation » des Marolles et la « rénovation-bulldozer » dont les opérations d’« assainissement  » avaient donné le ton jusque-là. Même conçue en « tiroirs  », comme plusieurs grandes opérations françaises, l’équation « rénovation-déportation » (selon la formule de Henri Coing) a été dénoncée. Une nouvelle rénovation fut définie, dans les années 1970, comme « douce et sociale  ». L’Arau, en soutien au Comité général d’action des Marolles, par exemple, s’est engagé pour cette inflexion.

La volonté de renouveler la population a cependant continûment été exprimée, surtout celle de garder ou faire revenir, par exemple dans le quartier du Midi, les « revenus moyens »… qui ont continué à partir, tandis que les pauvres s’accrochaient.

La gentrification à Bruxelles, un phénomène reconnu

Des documents officiels évoquent un risque de « gentrification  » à Bruxelles : un rapport de la Cour des comptes sur les « contrats de quartier », le Plan de développement international (PDI) et le constat préalable à l’élaboration du Plan régional de développement durable (PRDD), la littérature scientifique, des déclarations politiques…

L’ouvrage Bruxelles, espaces partagés, espaces disputés, édité sous les auspices de la Région en 2009, publie une carte qui montre les « premiers noyaux de gentrification  » : le Sablon, un « Quartier Sud », les quartiers dits Saint- Boniface, Antoine Dansaert et du Béguinage. Ces nappes tendent à s’étendre vers le quartier du Midi et de Cureghem, au Sud, et vers le vieux Molenbeek et le Quartier maritime, au Nord. Parallèlement, la carte montre des nappes qui dénotent l’« élitisation et l’internationalisation des quartiers bourgeois  » couvrant le cadran sud-est. Cette dualisation du territoire reflète un clivage traditionnel de l’espace urbain bruxellois, même si celui-ci n’a jamais été absolu, comme l’a rappelé Claire Billen lors des « Midis de l’urbanisme  ». La vallée industrieuse de la Senne, puis du canal, est occupée par l’industrie et les habitations ouvrières mais aussi par des commerçants et petits artisans plus aisés. Les collines du Sud et de l’Est sont accaparées dès le Moyen-Age par les classes dirigeantes, qui cohabitent avec des artisans, des commerçants et d’autres catégories de population qui vivent dans leur orbite. Les vallées du Maelbeek et de la Woluwe sont urbanisées plus tard.

Cette bourgeoisie a massivement quitté la ville après la Deuxième Guerre mondiale, aidée en cela par la voiture, une urbaphobie plus ou moins assumée et l’attractivité de la maison quatre façades sise dans la verdure.

Mathieu van Criekingen démontre, cartes à l’appui, des mouvements des populations les plus précaires des quartiers centraux vers les quartiers périphériques du Nord et de l’Ouest de la Région, voire vers l’extérieur. La « gentrification » peut-elle expliquer toutes les mutations résidentielles  ? Il est certain que les loyers et le prix de l’immobilier à Bruxelles ont considérablement progressé et écartent des pans entiers de la population au moment du changement éventuel de logement. Les professionnels assurent qu’il s’agit d’un « phénomène de rattrapage », ces valeurs étant atypiquement basses par rapport aux villes étrangères. Malheureusement, les salaires n’ont pas connu le même phénomène de rattrapage et le revenu moyen des Bruxellois est devenu atypiquement bas. Il importe d’articuler avec ces observations des études qualitatives comme celles de Marie-Laurence De Keersmaeker sur les loyers, en notant que plusieurs catégories de population échappent aux statistiques : les étudiants, les demandeurs d’asile et les sans-abri et, à l’autre bout du spectre social, les expatriés riches. Les motivations réelles des ménages qui quittent les quartiers centraux sont mal connues. Les motifs déclarés relèvent de deux facteurs principaux : les prix de l’immobilier et le bruit. S’ajoutent des raisons moins avouables : la peur de l’altérité et l’état de ruine des écoles bruxelloises. Depuis plus de 40 ans, ce sont les ménages jeunes qui quittent Bruxelles au moment de la naissance du deuxième enfant.

Les recherches récentes montrent un changement de population dans le centre-ville, autour de la rue Dansaert, par exemple, sur le temps court. Les « bobos », explique-t-on dans des articles qui recourent volontiers au vocabulaire guerrier, chassent la population d’ « origine ». Ce terme interpelle car ces recherches comparent des chiffres récents avec des chiffres de 1991. Si on comparait le profil social des occupants actuels de la maison quatre façades sise dans la verdure.

Quartiers homogènes, populations stigmatisées

Il importe de tenir compte de la spécificité de la sociologie de Bruxelles. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’exode urbain des classes aisées de la population a vidé les quartiers centraux de leur population. Bruxelles a perdu des habitants jusqu’en 1995 ; elle perd encore 15 000 ménages chaque année. L’essor démographique est le fait des flux migratoires externes, principalement d’une population étrangère pauvre. Les différentes vagues d’immigration y ont trouvé refuge depuis plus de 50 ans dans un bâti généralement vieilli et décrépi. Le fait que les droits politiques ne soient accordés aux étrangers qu’en 1999, et au niveau local, ne portait pas spécialement les pouvoirs publics à entretenir les espaces publics destinés à une population de sansvoix. Avec la désindustrialisation, qui a entraîné un effondrement de l’emploi ouvrier, passé en moins de 40 ans de 150 000 à environ 20 000 postes, les quartiers du centre et de la première couronne se sont enfoncés dans la précarité sociale. C’est là aujourd’hui que réside le paradoxe bruxellois : Bruxelles est une ville riche, qui produit 20% du PIB du pays mais près d’un tiers de sa population vit près du seuil de pauvreté. C’est dans ce contexte qu’est née la nouvelle politique de rénovation urbaine des années 70, qui eut l’objectif de maintenir dans les quartiers les populations résidentes. Il n’était plus soutenable de les évincer comme le faisaient les opérations de démolition- reconstruction antérieures. Les efforts de la rénovation urbaine ont cependant été insuffisants car les procédures sont lentes, les besoins immenses et les travaux toujours à recommencer, tandis que la volonté de maintenir les populations était parfois superficielle.

D’ailleurs, dès le premier Plan régional de développement, la Région entend également maintenir ou ramener à Bruxelles des populations « contributrices ». La realpolitik n’est jamais loin de la politique : la Région est en partie financée par le revenu des impôts sur les personnes physiques (IPP). Or le revenu moyen des Bruxellois par rapport au reste du pays ne cesse de baisser et les classes moyennes continuent de quitter les 19 communes. Depuis 2001, la part des fruits de la politique immobilière dans le financement de la Région a augmenté. Avec la future loi de financement, la part de l’IPP va cependant regagner du terrain et la Région annonce dans le cadre des travaux du futur PRDD qu’il lui faudra aussi accueillir des riches. Au-delà de ces considérations pécuniaires, il en va également de la mixité sociale des quartiers. La rénovation urbaine actuelle, et celle menée par la Société de développement de la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB) en particulier, assument également la volonté du gouvernement de promouvoir l’installation de ménages à « revenus moyens » dans les quartiers centraux. En réalité, les plafonds de revenus sont tels que près de 80% des habitants de la Région peuvent y prétendre (et on peut supposer que les plus hauts revenus sont déjà propriétaires).

Faut-il craindre que des couches sociales aisées, que des jeunes ménages qui ont fait des études, que des "expats" par définition riches (...) retrouvent aujourd’hui le chemin de la ville ? En soi non...

Ces néo-urbains, ou néo- Bruxellois, qui accèdent à la propriété subventionnée, s’installent dans les quartiers de l’« Espace de développement renforcé du logement », ceux dans lesquels la SDRB est principalement admise à développer ses projets. Ces quartiers sont socialement précarisés et certains observateurs craignent qu’ils n’en chassent les pauvres. Faut-il craindre que des couches sociales aisées, que des jeunes ménages qui ont fait des études, que des expats par définition riches, que des prépensionnés qui sont las de démousser leur terrasse, retrouvent aujourd’hui le chemin de la ville ? En soi non, s’ils pratiquent un mode de vie urbain, c’est-à-dire si cette proximité leur permet d’aller travailler à pied, à vélo ou en transports en commun, de faire leurs courses dans le quartier, de mettre leurs enfants à l’école ou à la crèche du quartier. Mais le droit à la ville des autres ne doit pour autant pas être écrasé.

L’Arau a toujours plaidé pour le droit à la ville pour tous, pour le maintien en ville des ménages les plus pauvres, ceux qui ont davantage besoin des ressources de la ville. Pas contre le retour d’une population contributrice qui assurerait la capacité de résistance financière et politique de la Région. Il y a de la place pour tous en ville. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de rendre ce droit à la ville effectif.

La ville-ressource, d’abord pour les ménages les plus faibles

L’enfermement des ménages les plus fragiles dans des quartiers socialement marqués par le désœuvrement et la précarité pénalise l’émancipation et l’autonomisation, principalement des jeunes et des femmes, Bernard De Vos y a insisté. Le repli sur la communauté, la famille, voire l’identité religieuse sont sources de solidarités mais, aussi, pour certains, de victimisation et d’exacerbation de frustrations. Il est difficile de trouver du travail, ou d’entrer dans une boîte de nuit sans détenir les codes de la société qui en définit, sur base bien souvent opaque et illégitime, les possibilités d’accès. Cette impunité à la ségrégation est favorisée par les comportements d’évitement  : les classes dirigeantes ne se mélangent pas à la population, elles prennent peu les transports en commun, elles ne côtoient pas l’autre. C’est à l’occasion de la sortie d’un film comme Les Barons que beaucoup découvrent que Molenbeek a une âme…

Pour nombre de Belges, il est inconcevable d’habiter au-delà du canal, quel que soit le marketing exercé par la Région ou le privé (voir le promoteur Atenor, nouveau laudateur de la vie urbaine). Des communes comme Molenbeek, Anderlecht ou Saint- Josse restent fortement stigmatisées et il n’est pas sûr que les mesures publiques et privées qui visent à « changer l’image » des quartiers populaires y parviennent tant que les indicateurs socio- économiques restent dans le rouge. Près de 40% des jeunes hommes sont sans emploi dans les communes du croissant pauvre.

Refouler les « gentrificateurs » À tout prix ?

Certains font le procès des pouvoirs publics, accusés de mener des politiques planifiées et concertées de revitalisation urbaine qui ont comme conséquence l’éviction des populations les plus fragiles. Nul ne peut cependant plaider l’ostracisme des classes aisées ou le renforcement des lieux de concentration de populations les plus précaires. En réalité, l’ennemi commun c’est la spéculation, qui reprend de plus belle avec l’accroissement de la demande.

Alors, "dehors les bourges" pour reprendre cette expression peinte avec une certaine violence sur les murs d’une maison rénovée à Saint-Josse ? C’est un peu court...

La ville est par définition – ou par projet – le lieu de la coexistence et de la mixité ; c’est la rencontre qui permet l’émancipation. L’Arau a constaté sur le terrain que des « bobos » peuvent utilement participer aux luttes pour l’aménagement démocratique des quartiers. Prenons l’exemple d’un lieu soumis à la spéculation depuis des années  : la place de Ninove, dans le Pentagone face à Molenbeek. Les projets d’aménagement d’espace public présentés au début des années 2000 n’ont pas suscité de mobilisation particulière. En 2011, un nouveau projet d’aménagement a été soumis à enquête publique. La Commission de concertation a mobilisé des habitants nouveaux venus. Ceux-ci ont fait le choix de la vie urbaine. Ils revendiquent la priorité aux transports en commun, aux pistes cyclables et aux trottoirs confortables, aux espaces verts, aux logements et aux équipements sociaux. Bien au-delà du syndrome Nimby ou de la consommation de la ville par des usagers indifférents. D’où la question : l’installation de populations différentes des populations dites « d’origine  » dans les quartiers populaires est-elle, en soi, un problème ? Ne contribuet- elle pas à la diversité sociale et culturelle et à la politisation de la res publica ? Ne peut-on considérer qu’elle exprime des besoins, auxquels les réponses seront, in fine, utiles à l’ensemble de la population des quartiers ?

Alors, « dehors les bourges » pour reprendre cette expression peinte avec une certaine violence sur les murs d’une maison rénovée de la rue de la Limite, à Saint- Josse ? C’est un peu court. Le débat sur l’aménagement de la ville ne peut faire l’économie de la capacité de résistance des classes populaires, qui ne partiront que si elles le souhaitent, surtout quand elles sont propriétaires (60% des ménages du Quartier maritime, d’après le relevé préalable à l’élaboration du contrat de quartier), ni du renforcement indispensable du filet social. C’est à cet objectif qu’il faut s’atteler.

Des politiques publiques pour une rénovation socialement juste

L’insuffisance des verrous publics à l’envolée des prix du logement est une réalité :

— insuffisance et répartition inégale sur le territoire des logements sociaux (7% du parc pour 20% de pauvres) ;

— absence de régulation du marché du logement privé ;

— abandon de la maîtrise foncière des anciens sites administratifs et ferroviaires sans clauses de destination sociale partielle au logement social ;

— démission des communes et de la Région face à l’objectif d’implanter des logements sociaux dans les projets privés (sur le site de Tour et Taxis, dans le projet de Pro Winko avenue de la Toison d’Or, dans le PPAS de la Cité administrative).

Ce n’est pas la « gentrification » qui menace une ville pauvre et déglinguée comme Bruxelles, c’est la spéculation foncière et l’accroissement de la polarisation sociale que celle-ci implique. Il faut poursuivre la rénovation urbaine et améliorer les conditions de vie des milieux populaires dans les quartiers centraux : lutter contre le trafic routier de transit et endémique, le bruit des avions, la mauvaise gestion de l’espace public, les problèmes récurrents de dépôts clandestins et de malpropreté publique, les rodéos en voitures et l’insécurité routière en général, la pénurie d’écoles, de crèches, d’espaces verts, d’équipements publics, de services spécifiques à la population, d’équipements culturels et de commerces qualitatifs… Un habitant de Haren nous a dit un jour que sa commune était l’arrière-cour de la Ville de Bruxelles, un sentiment d’abandon largement partagé au-delà du canal. Le scénario tendanciel du déclin urbain, comme l’identifiait déjà le plan Iris I des déplacements, persiste à se réaliser.

Ce n’est pas la "gentrification" qui menace une ville pauvre et déglinguée comme Bruxelles, c’est la spéculation foncière et l’accroissement de la polarisation sociale que celle-ci implique.

La Région est appelée à :

— accentuer la régulation de l’usage des sols ;

— accroître la rénovation du parc de logements sociaux et la production de logements publics neufs, en impliquant par les voies législatives le privé dans l’effort ;

— adopter un mécanisme de fixation des valeurs foncières et de captation des plus-values foncières ;

— encadrer les loyers sur le marché privé ;

— renforcer la lutte contre le logement indigne et les marchands de sommeil ;

— encourager une meilleure occupation du bâti existant par les propriétaires privés et empêcher les communes de lutter contre la densification et la subdivision – dans les règles de l’art – des grandes maisons unifamiliales ;

— s’opposer à toutes les manœuvres politiques et financières qui visent à contrôler la ville/région en la plaçant sous la tutelle d’un espace métropolitain ;

— renforcer la démocratie intérieure sous toutes ses formes pour collaborer dans l’égalité avec les régions voisines, les villes d’Europe et du monde, à l’extension de l’urbanité contre l’étalement urbain ;

— développer un accompagnement social adéquat porteur des valeurs de liberté et d’égalité, en commençant par soutenir les écoles ;

— fusionner les CPAS afin de garantir l’égalité de traitement des usagers et interdire la conférence secrète des bourgmestres.

Au-delà de la dénonciation et de l’exercice salutaire de l’indignation, il importe de poser des questions – et des actes – politiques. Les usagers de la ville qui n’y contribuent pas doivent le faire : exigeons la contribution à la ville des 350 000 navetteurs et des fonctionnaires européens.

Mots Clés : Bruxelles , Diversité

[1] Lire François Bertrand, « Critique de la mixité sociale », Politique, n°67, novembre-décembre 2010. (NDLR)