Séquence 4 : 2054, entre l’accueil et l’exil

Place à l’utopie

Rosine LEWIN

Dans le long, long terme, je vois une Organisation des nations Unies dont la direction serait rééquilibré en faveur de l’Ascite, de l’Afrique, de l’Amérique du Sud. Elle combat efficacement la sous-alimentation et le sida. Elle a interdit le commerce des armes et initié une reconversion des industries intéressées. Elle a condamné le secret bancaire : seule la Suisse résiste encore, le Grand Duché a déclaré enfin forfait...

L’Union européenne s’est dotée d’une constitution qui consacre enfin ses responsabilités sociales.

Le Parlement européen dispose d’un pouvoir réel de contrôle sur les décisions de l’Union, auxquelles il participe activement. La commission a cessé d’être aux mains des fonctionnaires irresponsables.

La FMI, la Banque mondiale et l’OMC sont remplacés par des organismes élus, responsables devant leurs électeurs.

En Belgique, le cadastre des fortunes est établi et utilisé aux fins d’une fiscalité transparente et équitable qui ne s’arrête pas aux frontières des multinationales et contribue généreusement au développement. L’Office des étrangers est devenu un gîte convivial dont l’hospitalité est célèbre dans le monde entier.

Les frontières qui séparent les Etats sont effacées. Seuls quelques signes symboliques en rappellent le souvenir. Pour mémoire. Les pays sont traversés par de grands boulevards transversaux, qu’empruntent piétons et cyclistes.

Du mur d’Ariel Sharon, il ne reste que quelques morceaux de béton, que des artistes ont décorés avec des vers de Mahmoud Darwich et des dessins façon Chagall.

L’utopie est devenu un objet de première nécessité.