Séquence 4 : 2054, entre l’accueil et l’exil

Salaam

Isabelle DURANT

Soyez les bienvenus... Si nous avions su que vous alliez venir, nous aurions tapissé le sol de sable... J’aurais voulu parler une autre langue, j’aurais pu vous dire plus de choses...Mais je ne parle que l’arabe. Soyez les bienvenus, soyez les bienvenus...

Sénèque disait déjà dans ses lettres à Lucillius "celui que tu appelles ton esclave est né de la même semence, jouit du même ciel que toi, respire comme toi, vit comme toi, meurt comme toi. Tu peux le voir libre comme lui peut te voir esclave. (...) Ce sont des esclaves ? Non des hommes... non des camarades(...) non, des compagnons d’esclavage, si tu veux bien re rendre compte que la fortune a autant de pouvoir sur nous que sur eux".

Voilà qui nous ramène quelques siècles en arrière.

Aujourd’hui, l’esclavage est certes aboli et fait partie du passé barbare de la civilisation occidentale.

Pourtant dans nos sociétés riches, civilisées, mondialisées, l’étranger qui se déracine de son quotidien difficile ou misérable est détenu pour cette seule et unique raison.

Rêvons qu’un jour on jugera ces attitudes humiliantes avec le même regard critique que celui que l’on porte aujourd’hui sur l’esclavage.

Mais sans doute faudra-il ajouter un deuxième zéro aux 50 ans...

Au début de ce 21e siècle où rien de cela ne semble envisageable, et dans l’attente d’une évolution lente et incertaine, on peut encore simplement se réjouir de ce qu’il existe chez certains une faculté d’accueil de l’autre, perçu comme un invité.

Cultivons cette faculté autant que ce rêve, comme moteurs de nos actions.