LE THÈME

Gouverner avec et pour les femmes

Danielle CARON , Anne HERSCOVICI , Olga ZRIHEN

On dit qu’elles seraient plus à l’écoute des gens, ne recherchaient pas la gloriole du pouvoir et connaîtraient mieux les problèmes de la vie quotidienne.

Trois raisons, parmi d’autres, qui plantent le décor d’un entretien à trois voix sans langue de bois et sans excès de « communautarisme » : pas question en effet d’isoler les hommes ou bien de mettre toutes les femmes dans le même sac…

La commune est souvent décrite comme un lieu de proximité avec la population et, pourrait-on penser, un lieu plus démocratique et plus transparent que d’autres lieux de pouvoirs politiques. Qu’en dites-vous ?

ANNE HERSCOVICI : C’est le lieu politique le plus proche des gens pour le meilleur et pour le pire. La commune peut être le lieu de toutes les démagogies, du clientélisme mais elle peut aussi être un terreau extraordinaire pour comprendre la société à une échelle « micro », pour comprendre au plus près les bonheurs et les difficultés vécues par la population.

Cela dit, ce n’est pas parce que c’est le lieu de pouvoir le plus proche des gens qu’il est le plus transparent et le plus démocratique. Pour que ce lieu proche soit réellement démocratique, il faut y faire circuler de l’information, instaurer un dialogue permanent entre habitants et mandataires politiques. La participation des habitants implique une démarche difficile qui demande du respect, un travail suivi et beaucoup de temps, pour les uns et les autres.

Les femmes assument encore seules beaucoup de responsabilités : si on veut que leur participation à la vie communale soit effective, il faut en tenir compte.

DANIELLE CARON : La commune est le lieu d’action politique le plus concret pour la population parce qu’il permet de rendre service aux gens. C’est aussi le lieu de pouvoir le plus concret : on construit une crèche, une école, on répare un trottoir, on règle des problèmes de voisinage… Pour toute question, quand une personne souhaite contacter un responsable, elle va d’abord s’adresser à un élu communal de son quartier, simplement parce qu’elle le connaît.

OLGA ZRIHEN : En tant qu’élue communale, je rencontre les gens dans la rue. C’est sans doute dû au fait que j’ai beaucoup participé à la vie associative locale avant d’être élue communale. J’ai en fait d’abord été consommatrice du pouvoir politique communal. Dans ce cadre, j’étais dépendante de ce pouvoir. Je devais aller rencontrer les élus et leur expliquer pourquoi j’avais besoin d’un local, pourquoi le loyer ne pouvait pas être trop cher… Au bout d’un moment, j’ai été rapidement agacée. D’abord parce que j’avais principalement des interlocuteurs masculins en face de moi. Je n’avais jamais le sentiment de parler d’égal à égal. J’ai donc fait le pas et pris part à l’exercice du pouvoir communal en devenant conseillère, parce que c’est un lieu proche des individus, un lieu d’actions concrètes. Mais il porte également son revers. On peut rapidement devenir un « potentat » éloigné du quotidien.

À côté de cela, quand je vais de mon bureau à la poste, je mets deux heures car les gens ne cessent de m’aborder. Ils ont plein de choses à dire et ça c’est un vrai bonheur.

Quelle distinction faites-vous entre cette époque où vous étiez uniquement militantes associatives et le moment où vous êtes arrivées dans le monde politique ?

OLGA ZRIHEN : D’abord, je ne suis pas venue en politique pour avoir un mandat. J’étais déjà fort impliquée dans les mouvements féministes. J’ai été Marie mineur [1] pendant plusieurs années, j’ai travaillé dans des collectifs, notamment sur la contraception…

Ce qui me paraissait intéressant dans le fait d’avoir du pouvoir, c’est de constater que les problématiques que je mettais sur la table paraissaient toujours annexes. Face à l’administration, celles-ci ne faisaient tout simplement pas partie des priorités de l’agenda ! Il y avait ainsi une sorte d’incompréhension sur la question des droits des femmes, une espèce de non-intérêt des problématiques des femmes.

Accéder au pouvoir, c’était sortir ces questions d’un désintérêt général.

ANNE HERSCOVICI : Au début de mes engagements dans la vie communale, je n’étais qu’une simple citoyenne, militante familiale et féministe, demandant à rencontrer un échevin, mais n’étant pas du bon parti, je ne pouvais pas montrer patte blanche. Je constate toujours aujourd’hui que certains élus n’apprécient pas que des groupes leur demandent des subsides et se permettent, en même temps, d’être critiques vis-à-vis du pouvoir politique. C’est vraiment un déni de démocratie ! Si on veut obtenir ce dont on a besoin pour mener à bien des objectifs associatifs, on est parfois obligé de mettre genoux en terre. Et peut-être encore plus pour les femmes, pour les raisons exprimées par Olga Zrihen.

DANIELLE CARON : Je suis conseillère communale depuis longtemps. Avant cela, j’ai été active dans des mouvements communaux et c’est donc tout naturellement que je me suis présentée aux élections en 1982. Si on arrive à une fonction locale, c’est qu’on a une énergie à revendre, qu’on trouve qu’il y a des améliorations immédiates à apporter. Et le niveau local permet de faire cela. Car c’est plus facile de pouvoir dire à son bourgmestre ou à ses échevins qu’il faut changer quelque chose que de demander de changer un texte législatif à un élu régional ou fédéral. Bref, au niveau local, tout le monde peut faire entendre sa voix.

ANNE HERSCOVICI : La possibilité de se faire entendre est aussi liée aux règles de fonctionnement que la commune se donne. Par exemple, à Ixelles, nous avons un droit d’interpellation pour les habitants qui rassemblent sur leur demande un certain nombre de signatures. Ces interpellations ont lieu en début de conseil communal. Outre la réponse du bourgmestre, les chefs de groupe de tous les partis (majorité et opposition) peuvent réagir. Cela a tellement plus de poids et de sens qu’une démarche individuelle dans un bureau. L’important c’est la démarche collective et publique. Ainsi, le conseil communal a par exemple été interpelé sur la gratuité du musée communal le dimanche, l’agression violente subie par un homosexuel ou, à l’occasion de l’occupation de l’église Saint-Boniface, sur le soutien à apporter aux personnes en séjour illégal. Quand on est entendu en tête à tête, l’élu peut faire un peu ce qu’il veut de la demande. Quand la demande est collective, publique, relayée par les médias, alors les mandataires sont plus sur le pont, ils doivent donner une suite aux demandes et expliquer leur action ou leur non-action. Le musée d’Ixelles est gratuit un dimanche par mois, la commune a apporté un soutien concret et politique aux sans-papiers. Je suis persuadée que ces interpellations y ont largement contribué.

Avez-vous l’impression que, parce que vous êtes des femmes, vous accordez une plus grande importance à l’articulation entre une demande citoyenne et une prise en charge politique que ne le feraient des hommes ?

OLGA ZRIHEN  : C’est sûr que pour moi, le respect et l’écoute des gens sont des principes essentiels de mon travail. Peut-être justement parce qu’avant, on a beaucoup manqué de respect et d’écoute envers les femmes. Je m’accroche, je veux comprendre ce qui se passe dans la population. En fait, je propose aux gens d’essayer de se parler et de trouver eux-mêmes la solution à leur problème. En leur demandant par exemple si d’autres personnes sont dans leur cas ou s’ils ont eux-mêmes des propositions à faire. Je ne me positionne jamais comme celle qui possède la solution car j’estime que tout le monde a sa part de responsabilités dans la gestion d’une ville.

Par ailleurs, je remarque que quand je parle de ces problèmes à mes collègues masculins, ils ne s’y intéressent pas vraiment. Je me vois répondre des phrases du genre : « On a l’habitude, c’est toujours le même problème, occupe-t’en… »

Enfin, les femmes pourraient faire tellement d’autres choses car quand elles agissent, elles ont envie que cela soit bien fait. Je suis parfois gênée par les remerciements des gens. Pour moi, l’acte politique de conseillère communale est un travail. Il a donc un objectif de résultat et ce résultat doit être clairement identifié. C’est un résultat et non une alimentation de mon nom, ou de la construction d’une carrière.

Finalement, j’ai l’impression que je travaille avec le même esprit que lorsque j’étais enseignante. L’exercice de la vie de femme fait qu’on se sent tenu par le principe de réalité dans les actes que l’on pose.

DANIELLE CARON  : Je suis persuadée que les femmes sont plus persévérantes que les hommes, que quand elles pensent qu’un dossier est sérieux, elles le géreront jusqu’au bout. Par exemple, quand j’ai une demande précise d’une personne j’y réponds tout de suite et un mois après je recontacte automatiquement la personne pour voir si le problème est résolu. Les femmes responsabilisent aussi plus les gens. Autre différence : dans les réunions politiques, on coupe plus facilement la parole à une femme qu’à un homme. Par expérience, les citoyens viennent plus facilement voir les mandataires femmes, notamment parce qu’elles sont plus présentes en permanences. Enfin, les femmes sont aussi plus perfectionnistes, elles ne jouent pas sur l’effet d’annonce.

ANNE HERSCOVICI : Je suis toujours prudente avec les généralisations. Je pense néanmoins que les femmes politiques sont plus généreuses de leur temps et plus conscientes des difficultés et des plaisirs de la vie quotidienne parce qu’elles se trouvent plus souvent dans des endroits de la vie quotidienne. Elles expérimentent les trottoirs inaccessibles aux poussettes, la recherche d’une solution de garde pour un enfant malade, les bus bondés… Par ailleurs, avec un regard féministe, on a comme objectif l’émancipation des femmes, la reconnaissance de leurs droits et pas seulement l’aide individuelle.

Ces différences concernent-elles toutes les femmes, uniquement les féministes ou bien certaines femmes qui ont plus de choses à prouver que les hommes ?

OLGA ZRIHEN : Il existe un test de vérité, d’authenticité. Les femmes ne peuvent pas se permettre de raconter n’importe quoi car on les attend au tournant. Bien sûr, d’autres femmes ne travaillent pas comme ça et certaines font peut-être du vent…

DANIELLE CARON : Plusieurs éléments rentrent en jeu. D’abord, la plupart des femmes qui rentrent en politique ont d’autres objectifs que de faire de la politique toute leur vie. Bien souvent d’ailleurs elles commencent à en faire plus tard que les hommes.

Souvent les femmes doivent faire plus d’efforts que les hommes pour convaincre en politique. Elles auront d’abord à supporter les critiques de proches qui ne les inciteront pas à se lancer. Certaines images, très anciennes, de femmes qui restent au foyer, sont toujours fort prégnantes.

Par ailleurs, les femmes ont plus de conscience, justement parce qu’elle n’ont pas un long passé politique comme les hommes politiques. Elles plus facilement la politique qu’un homme quand elles auront estimé avoir fait ce qu’il y avait à faire ou qu’il y a d’autres choses à faire de plus important. Les hommes arrêteront très difficilement. Souvent, ils resteront en politique jusqu’à leur mort parce qu’ils estiment que la politique c’est leur vie, qu’ils ont acquis un certain prestige et un certain pouvoir qu’ils n’ont pas envie de perdre.

Une femme a aussi généralement plus de scrupules dans les pratiques de management politique.

Dernière chose : une femme sera sûrement aussi bonne gestionnaire qu’un homme. Elle ne dépensera pas, par exemple, de gros montants pour des travaux de prestige.

ANNE HERSCOVICI : Je suis convaincue que les femmes sont toujours à un stade où elles veulent prouver qu’elles ont mérité la confiance qui leur a été donnée. Il n’y a jamais qu’à elles qu’on demande si elles vont bien pouvoir concilier responsabilités politiques et familiales. Et c’est une idée que les femmes ont intériorisée. Je n’ai jamais vu une femme conseillère communale venir signer le registre des présences, s’asseoir cinq minutes et puis repartir…

Je pense aussi effectivement que la plupart des femmes sont nourries d’autres choses que le mandat politique. D’une certaine façon, elles ont la chance de ne pas s’épanouir uniquement dans l’exercice du pouvoir. Cela leur donne donc plus de distance, plus de sens de l’humour… Encore une fois, je ne veux pas généraliser mais il me semble qu’elles sont moins nombrilistes.

Pour revenir sur la question du féminisme et de l’engagement associatif, comme femmes nous sommes en relais avec le restant de la société. La capacité que nous avons à rester attentives, mobilisées sur nos idéaux (le combat pour l’émancipation, pour l’égalité…) est aussi liée au fait que, dans la société, il existe des femmes qui nous rappellent à l’ordre, qui nous interpellent régulièrement… C’est essentiel car une femme, même brillante, peut perdre le sens des réalités et sa capacité d’indignation si elle n’est pas ramenée régulièrement vers le terreau de la vie réelle.

Vous vous représentez toutes les trois aux prochaines élections communales. Pour mener quels projets et, notamment, quels projets spécifiquement adressés aux femmes ?

OLGA ZRIHEN : Ce qui m’intéresse dans la gestion de la cité, c’est que tout le monde y soit admis : femmes, hommes, jeunes, personnes âgées… En pratique, tous les lieux ne sont pas ouverts à tout le monde. Soit il n’y a pas d’accessibilité en termes d’horaire ou de moyens financiers ou parce que la question des besoins d’une catégorie de personnes ne se pose même pas.

La Louvière, qui est une vraie ville d’accueil, possède une vie associative intense qui a beaucoup de capacités d’expression. C’est au cœur de la ville que se trouve la Maison de la solidarité des femmes (l’ancien collectif de femmes battues), c’est au cœur de la ville que fut installé le collectif contraception. La Louvière est une des rares villes où il y a un refuge pour femmes battues. Par contre, la ville n’a pas d’« espace femmes », tout simplement. Il existe juste des endroits consacrées aux problèmes des femmes.

De la même manière, pour les jeunes, on fait beaucoup de choses, mais peut-être trop au centre-ville ; pour les personnes âgées, on n’en fait pas assez. Les femmes, si elles participent plus près de manière réellement participative à la vie de la cité, amèneront une autre dimension, un autre visage à la ville…

Pour la prochaine législature, je souhaite donc une ville femmes admises avec un véritable pouvoir décisionnel entre leurs mains, comme, par exemple, un budget participatif exclusivement consacré à la thématique « femmes dans la cité ».

DANIELLE CARON : Pour l’avenir, il faut d’abord continuer à sensibiliser les femmes, surtout les plus jeunes, à l’accession au pouvoir politique.

Il faut poursuivre le travail d’accession des femmes à l’informatique et à Internet. Comme Olga Zrihen, je souhaite que la commune soit un lieu de bien-être, que cela soit via l’organisation de repas scolaires pour enfants, la création d’un passeport pour les sports et/ou la culture ou encore un réseau de femmes qui rassemblerait des femmes qui sont prêtes à mettre leur énergie au service des autres comme, par exemple, la garde d’enfants, l’apprentissage d’une langue, la peinture… Enfin, il faut mettre en place des médiations entre les femmes et les autorités communales, notamment dans le cas de violences conjugales, afin d’éviter des situations d’accueil et d’écoute des femmes victimes peu adaptées.

ANNE HERSCOVICI  : Dans un premier temps, mon objectif est de reconduire la majorité Olivier actuelle, première dans l’histoire à Ixelles, pour maintenir les acquis et poursuivre le travail entamé. En ce qui concerne l’égalité hommes-femmes, le travail effectué est lié à une présence très importante de femmes dans le collège communal (5 femmes sur 11 membres). Au conseil communal, sur sept conseillers Ecolo, il y a cinq femmes ! Cela dit, les mandataires femmes ne peuvent faire avancer l’égalité qu’en s’appuyant sur un réseau de femmes dans l’administration. Mais on aborde ici une toute autre question.

Dans votre commune, vous sentez-vous plus proches des femmes d’autres partis ou bien des hommes de votre propre parti ?

DANIELLE CARON : L’idéal, c’est d’avoir un homme un peu féministe et une femme un peu androgyne. Mais ça dépend des personnes. En politique, malheureusement, pour les hommes et pour les femmes âgés d’aujourd’hui, ce changement n’est plus faisable.

Néanmoins, à l’avenir, je suis certaine que cette évolution sera possible pour les générations suivantes de personnes âgées. Cela ne dérange pas certains de dire qu’ils sont machos, je le regrette.

Certaines femmes sont aussi intolérantes et je le déplore. C’est révoltant quand on fait de la politique car on la fait pour tout le monde et pas pour rabaisser les femmes. Par contre, je crois à un réseau de femmes tous partis confondus.

ANNE HERSCOVICI  : Je pense qu’il y a des différences entre partis. Je me sens souvent beaucoup plus proche d’hommes de mon parti que de femmes d’autres partis, notamment quand il s’agit de faire des choix budgétaires. Par ailleurs, sur une série de dossiers « labellisés » femmes (violences, crèches, parité), on fait des fronts femmes. Cela s’est aussi vu au niveau parlementaire, par exemple dans le débat sur l’harmonisation de l’âge légal de la retraite où les femmes ont osé ne pas voter avec leur parti. Mais pour aller à contre-courant, les femmes politiques doivent pouvoir s’appuyer sur un mouvement dans la société, dans la commune. D’où l’importance de l’action des associations de femmes. Pour le reste, il y a la dimension humaine qui fait qu’on a envie de travailler avec telle ou telle personne, que ce soit un homme ou une femme.

OLGA ZRIHEN : Il y a des alliances de femmes sur des questions fondamentales. Des questions qui portent sur la contraception, la violence, l’identité des femmes… Il s’agit de sujets où ce n’est qu’entre femmes qu’on peut en parler et qu’on peut être comprise.

Mais il y a aussi des dossiers où c’est l’idéologie politique qui va primer sur la différence de genre.

Dans d’autres dossiers, certaines femmes ne sont pas encore assez matures que pour prendre le risque de considérer que ce que demandent et ce qu’exigent les femmes pour elles-mêmes ne sont pas des privilèges. J’explique souvent qu’au départ, il y a une erreur qui a consisté à faire en sorte qu’un groupe majoritaire soit minorisé et qu’on a intégré cette idée comme une règle de conduite. Il faut arrêter de penser comme ça ! Arrêtons par exemple de nous excuser lorsqu’on demande de collecter et publier des statistiques de genre.

Rappelons aux hommes qu’ils sont de mauvaise foi lorsqu’ils refusent de prendre en considération les situations des femmes et de les rendre visibles. Disons simplement : « Les femmes sont majoritaires. Vous, vous avez oubliés de nous compter dans vos statistiques donc celles-ci sont faussées ! ». Et à partir de là on peut commencer à discuter. Bref, il faut rétablir la règle de droit des femmes en disant qu’il y a eu une erreur et tout le travail que l’on fait, c’est de rappeler systématiquement cette erreur.

Propos recueillis pas Anne-Françoise Theunissen, Irène Kaufer et Gratia Pungu, avec l’aide de Jérémie Detober pour la retranscription.

Mots Clés : Féminisme , Égalité , Démocratie

[1] Ndlr : nom que se sont donné un groupe de femmes féministes de la Louvière en 1970, en référence à une figure féminine du mouvement ouvrier au XIXe siècle. (voir www.labiso.be)