UN LIVRE

Aux sources de la violence urbaine

Gabriel MAISSIN

Stéphane Beaux et Michel Pialoux, Violences urbaines, violence sociale. Génèse des nouvelles classes dangereuses, Paris, Fayard, 2003.

Les livres c’est comme les trains, l’un peut en cacher un autre. Ainsi en lisant Violences urbaines, violence sociale, le dernier ouvrage de Stéphane Beaud et Michel Pialoux on s’attend avant tout à découvrir un ouvrage de sociologie urbaine. Le mal des banlieues, la ségrégation spatiale, les quartiers difficiles, le repli identitaire, la montée du communautarisme, voilà les thèmes qui sont habituellement traités. Dans ce registre, la littérature est abondante [1] et l’ouvrage vient utilement la compléter. Mais nous aurions dû nous méfier, le sous-titre (« genèse des nouvelles classes dangereuses ») aurait dû nous rappeler que nos deux auteurs ont déjà sévi dans un autre domaine : l’analyse de la condition ouvrière en France.

La nouvelle classe invisible

Dans Retour sur la condition ouvrière [2], ils nous livraient les résultats d’une patiente enquête réalisée dans une région marquée par le déclin industriel. L’originalité de leur travail tient à ce qu’ils ne se sont pas limités à l’analyse des bouleversements et des mutations qui ont affecté ce bassin industriel : chômage, fermetures d’usines, réorganisations du processus de travail, des statuts, sous-traitance, etc. Ils nous donnent à voir l’usine et l’espace social qui l’entourent. La monographie porte sur un ensemble de terrains : l’usine Peugeot, les PME environnantes, les écoles, les quartiers HLM, la mission locale pour l’emploi, le syndicat, mais aussi sur une période relativement longue permettant de cerner les différentes temporalités dans les évolutions de ces univers sociaux. Cette multitude d’entretiens — menés de 1988 à 1994 — constitue une véritable coupe transversale qui met à jour les mécanismes principaux de la déstructuration du groupe ouvrier.

Par ce travail Beaud et Pialoux se sont fixés également comme tâche de contrer un phénomène particulier : l’invisibilisation de ce groupe social particulier. D’abord par une sous-estimation constante de la taille de cette catégorie. Les auteurs interrogeant des étudiants en maîtrise de sociologie rapportent que ceux-ci estiment le nombre d’ouvriers en France à 10 pour cent de leur effectif réel qui est encore de près de sept millions ! Cette « disparition » des ouvriers, faute de rendre justice aux statistiques, va de pair avec une autre « disparition » : celle de la notion de classe ouvrière. Mécanisme qui est aussi de l’ordre de la construction d’un nouveau discours politique.

La question n’est pas neuve. On se rappellera que, en Europe, dès les années cinquante, avec des thématiques comme celles de « l’embourgeoisement » de la classe ouvrière, la cause était déjà entendue. Seules quelques explosions sociales (les grèves belges de 60-61, mai 68 en France, ou encore le mai rampant italien en 69) paraissaient infirmer cette tendance. En fait, dans les pays d’Europe occidentale, on a assisté à un phénomène assez contradictoire qui ne va se délier que dans la moitié des années quatre-vingt. D’une part, l’expansion de l’après-guerre — les trente glorieuses — ont apporté une extension numérique considérable du salariat. Cette extension avait pour origine la réduction des populations agricoles, des immigrations ouvrières importantes, un recul des petits commerçants et indépendants mais aussi une « prolétarisation » ou une « massification » de diverses catégories professionnelles comme les employés, les techniciens, les personnels de maîtrise et d’encadrement. Ce mouvement d’extension du salariat s’est accompagné d’une diversification croissante, d’une multiplication des catégories professionnelles, si bien que la catégorie « ouvrière » est devenue proportionnellement moins importante, mais aussi subordonnée, n’étant plus la référence centrale telle qu’elle le fut dans la société industrielle.

C’est pour couvrir cette phase que Robert Castel [3] a utilisé la notion de « société salariale ». Certes, il ne faut pas se tromper, jusqu’à la moitié des années septante voire le début des années quatre-vingt, cette société salariale est fortement marquée par des acteurs collectifs que sont les syndicats, capables d’imposer par un système de négociations et de pressions, une véritable législation parallèle que sont les conventions collectives de travail. Dans ces dispositifs, les syndicats ouvriers de la grande industrie donnent le ton. À la moitié des années septante, la crise ouverte va entraîner, toujours selon Castel, « la fragmentation de l’organisation du travail et des collectifs fondés sur le travail ». Ce qui doit être souligné ici ce n’est pas en premier lieu le versant technique de cette évolution (individualisation des tâches sous-traitance, travail intérimaire ou flexibilisation des normes) mais ses conséquences dans le domaine de la conscience collective, des formes d’organisation et des modes de vie.

Genèse des nouvelles classes dangereuses

Dans cette perspective, le nouvel ouvrage de Beaux et Pialoux s’appuie sur leur premier travail de longue haleine, pour interroger la réalité des quartiers et des émeutes urbaines. Mais autrement : « en réintroduisant les rapports de classes, et [en rappelant] ainsi la réalité des rapports de force et des rapports de sens, en insistant sur les divers processus de fragilisation sociale vécus par les membres des classes populaires, pour éviter la dérive fréquente aujourd’hui, qui consiste à penser la question des violences urbaines soit en termes seulement urbains, soit en termes seulement moraux, le moralisme prenant souvent un déguisement politique [sécuritaire]. »

La grande originalité de l’ouvrage de Beaud et Pialoux est de réintroduire les données sur lesquelles ont fait largement l’impasse, ou dont on ne mesure pas la dynamique dans la durée : le ressort socio-économique des violences urbaines. Dans les études sociologiques, même fouillées, consacrées aux émeutes urbaines, la description de la situation de travail des adultes ou des jeunes est présentée à l’aide de quelques statistiques. Chômage de longue durée, infra qualification, discrimination à l’embauche, précarité des (rares) emplois sont le plus souvent mentionnés pour composer une sorte de toile de fond. Or ces éléments ne sont pas « un décor » dans lequel se joue le « drame des banlieues ».

Ils sont, au contraire, constitutifs, dans le temps, des véritables mécanismes structurels qui contribuent à fabriquer les dispositions sociales et les systèmes d’attitudes de ces jeunes. Ceux-ci se sont construits socialement et individuellement en intériorisant un certain nombre de normes et d’attitudes liées aux expériences fondatrices de leur prime enfance et de leur adolescence. En ce sens, nous disent Beaud et Pialoux, « l’expression de “jeunes sans repères” est trompeuse car elle tend à ignorer les repères que ces jeunes ont dû s’inventer, en rupture avec le passé et en liaison étroite avec ce qu’ils ont vu, connu, appris de la vie dans le quartier, des expériences de leurs parents ... »

À la dureté éventuelle de la condition ouvrière de leurs parents, s’est aussi ajouté la trajectoire des frères et sœurs aînés sortis « abîmés physiquement et psychologiquement des années nonante. Le rapport à l’emploi et à la formation de ces jeunes a évolué parallèlement à ce que subissaient les aînés dans les entreprises. » La mise en concurrence des catégories de salariés, l’augmentation des accidents du travail et des maladies professionnelles, les licenciements « boursiers », le harcèlement moral mais aussi le recul de la force syndicale, les clivages anciens (français) et nouveaux (immigrés) et encore la diffusion du racisme à l’usine ont fini par modeler cette génération.

Au fil du temps se sont aussi développées diverses modalités d’autodestruction individuelle (suicides, plongée dans la drogue dure ou l’alcoolisme) ou même collective. Avec beaucoup de courage, les auteurs tentent de comprendre pourquoi dans le cadre des émeutes urbaines, ou des réactions violentes, celles-ci visent des biens collectifs (transports publics, équipements, ...) censés bénéficier aux habitants. Pire, pourquoi cette violence se tourne-t-elle vers des acteurs censés les aider : pompiers, enseignants, travailleurs sociaux ? Tout un chapitre tente de comprendre cette stratégie « d’appropriation destructive de leur espace de vie, cette provocation permanente à l’égard des “autres” », cette recherche du face à face avec la police.

Au-delà d’épisodes d’embrasement violent, les auteurs nous mettent en garde, c’est surtout une violence continue qui s’exprime de manière plus latente : « la rage » selon l’expression consacrée. Ces jeunes sont enragés, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils l’expriment tous et tout le temps. Il ne saurait être question, disent-ils, de reprendre à son compte le discours sécuritaire sur les « sauvageons », ou sur « les irrécupérables » accréditant l’idée qu’il suffirait de mater les meneurs et les casseurs. C’est sans doute aller à contre-courant des faiseurs d’opinion réclamant plus de sécurité, mais c’est « assumer de mener jusqu’au bout une analyse sociologique des comportements déviants de la jeunesse populaire et refuser que la lutte contre l’insécurité soit le seul horizon de l’action sociale. »

Si le point de départ de l’analyse est le cas emblématique d’une émeute des jeunes de cette cité, ces jeunes ne sont pas réduits à ce seul moment. Ils ont une histoire plus complexe. Une histoire qui contribue à fabriquer des personnalités sociales et des générations sociales. Une histoire qui s’inscrit dans le corps : "l’histoire incorporée" dont parle Pierre Bourdieu. En analysant cette histoire, on découvre d’autres stratégies et comportements que la violence ou la provocation et aussi d’autres acteurs.

« Devenir ouvrier ? c’est pas la classe ! »

Le livre de Beaud et Pialoux est construit en trois parties. Les premiers chapitres portent sur la quête d’emplois, les rêves de formations, les expériences de travail dans les usines de sous-traitance, la vulnérabilité des familles ouvrières, ... Sur la décennie nonante, marquée par un taux élevé de chômage et de licenciements massifs, on voit se dessiner un double processus d’ajustement. D’une part, les stratégies des employeurs qui, dans un contexte de course à la compétitivité, favorisent tour à tour telle ou telle catégorie (les jeunes, les femmes, les jeunes filles d’origine immigrée) et mettent en place d’autres régimes de travail (contrats à durée indéterminée, temps partiel contraint, recours systématique à l’intérim). D’autre part, pour les jeunes, entrer sur le marché du travail, décrocher un stage, obtenir un emploi, se réorienter vers une formation professionnelle, manœuvrer pour apprendre à se présenter ou esquiver les propositions de son conseiller-emploi, sont autant de processus qui s’imbriquent et finissent par créer ce sentiment d’exclusion ou de précarité même pour ceux qui décrochent temporairement un emploi.

La seconde partie établit une sorte de preuve par l’absurde. De 1998 à 2001 on constate une reprise économique. Une plus forte demande de main-d’œuvre fait que les jeunes des cités entrent à l’usine et que l’on découvre les qualités sociales des filles immigrées dans leur relation à l’emploi. Mais cette redistribution de la main-d’œuvre, cette rencontre — ce choc — entre générations ouvrières différentes par l’âge, l’origine, le rapport au travail, s’accompagne d’une profonde modification de la configuration syndicale. Ce chapitre est particulièrement éclairant par ses récits et entretiens qui montrent comment le profil des délégués change, comment les ouvrières de base prennent les commandes là où les militants masculins décrochent. Quant aux jeunes ouvriers, malgré une situation quotidienne très dure au travail, malgré un potentiel de révolte, ils ne s’engagent que rarement dans l’action syndicale.

Il y a comme une coupure culturelle, la perte d’un patrimoine collectif qui n’a pas été transmis par les anciennes générations de militants. Le constat est souvent amer : aux yeux de cette catégorie de jeunes qui passeront par le travail (majoritairement comme intérimaires !), la barrière sociale a reculé d’un cran, elle n’est plus entre le désœuvrement dans la cité et l’emploi à l’usine, elle coupe l’entreprise en deux [4]. La discrimination se reproduit, se dédouble dans le cadre des rapports hiérarchiques du travail, mais aussi dans celui des rapports entre générations ouvrières.

Dans la troisième partie, se noue ce qui constitue pour les auteurs le nœud de la question sociale en France : la place faite ou — plus précisément non faite — aux enfants d’immigrés tant dans l’entreprise que dans la cité. En ayant fait de longs détours par les matériaux qu’ils ont mis en œuvre pour étudier la décennie précédente, ils sont en état de mieux cerner la situation actuelle. Une synthèse qui se résume à une sorte de refus absolu : « ce qui ressort fortement de la comparaison que l’on peut faire avec les entretiens des différents moments des années nonante, c’est bien la radicalisation des attitudes des nouvelles générations. Et d’abord le refus de reproduire le schéma de leurs parents surexploités, maltraités socialement ici et ailleurs [5] et qui ont toujours subi sans résister. Cette perspective de soumission fait littéralement horreur aux plus révoltés d’entre eux, qui n’entendent plus “baisser la tête” et qui déclarent vouloir venger un jour, d’une manière ou d’une autre, l’honneur social de leurs parents, à leurs yeux trop longtemps bafoués par les “Français” ». La composante raciste n’étant jamais absente.

La nouvelle histoire des classes populaires

Il est difficile de rendre justice au travail de Beaud et Pialoux sans mentionner les nombreux personnages et les situations qu’ils nous présentent au travers de la retranscription de certains de leurs entretiens. Ainsi on lira (pp. 327-329) avec une certaine jubilation attristée ce qui pourrait être la trame d’un film de Ken Loach : l’ouvrier, le raciste, le chef du personnel et le juge. On apprendra (p. 334) pourquoi certains jeunes disposant d’un bac professionnel s’inscrivent en fac de lettres pour avoir le statut d’étudiants, tout en sachant que l’échec les attend. On lira (p. 343) le récit de cet instituteur qui depuis vingt ans s’est engagé politiquement et professionnellement aux côtés de ces jeunes et qui se voit traîner plus bas que terre, les filles de 10-12 ans qui s’insultent constamment, les garçons plus âgés qui ne supportent plus d’être regardés par un adulte.

On peut se sentir quelque peu piégé par ce livre dans la mesure où la dimension urbaine annoncée par le titre n’est pas la plus développée. Cadre de vie, logement, transports, « formes urbanistiques », ne sont pas la matière première de l’ouvrage. Il n’est pas non plus construit à partir des catégories les plus souvent utilisées aujourd’hui en sociologie urbaine : ségrégations spatiales, stratégies de fuite ou de mobilisation, construction d’identités sur base ethnique ou culturelle. Mais on y gagne sur un autre tableau. Le livre complète et enrichit l’approche des auteurs sur la condition ouvrière aujourd’hui [6] en y intégrant la composante des jeunes de la cité.

Leur point de départ, répétons-le, ce n’est pas « la classe ouvrière » qui, outre d’avoir été victime de sa charge messianique, n’offre pas la possibilité de subsumer l’ensemble de ces composantes extrêmement disparates. Ils analysent la condition ouvrière à partir des récits et du vécu des individus. Non parce qu’ils pensent que la somme de ces récits individuels permettra d’échapper à toute dimension collective dans l’explication, bien au contraire !

En fait, ils nous montrent bien que les situations vécues et subies par les personnages de leurs enquêtes font apparaître un destin commun. Ces individus sont soumis à des contraintes collectives déterminantes, liées à des rapports de forces, des rapports de générations, des évolutions technologiques et économiques. Dans ce sens, cet ouvrage n’utilise pas la notion d’exclusion au sens habituel du terme. Ces jeunes se sentent discriminés, exclus de certaines possibilités d’avenir, maltraités en tant que personnes. Mais ils sont bel et bien au centre d’un vaste dispositif social qui s’est installé durant les vingt dernières années. Dispositif, qui ne fonctionne pas seulement pour une petite minorité, pour des groupes marginaux de notre société, mais pour des parts substantielles de celle-ci.

De manière plus fine encore, ces évolutions propres à l’ère néolibérale ont dégradé la condition ouvrière à un point tel que les composantes les plus récentes, les jeunes immigrés, mais aussi de nombreuses femmes, ne peuvent plus (chômage massif) ou ne veulent plus (conditions de travail et de statut) endosser cette condition ouvrière. Comme le dit Robert Castel : « ces situations que l’on appelle exclusion, correspondent à l’expérience collective de groupes. Ces expériences individuelles sont aussi un destin collectif ». Mais, l’appartenance collective n’a plus la connotation positive qu’elle portait dans un capitalisme industriel contrebalancé par la force de l’organisation du mouvement ouvrier. « Elle exprime davantage le poids des contraintes qui pèsent sur les individus, que la force des solidarités qui permettent de s’en affranchir. »

L’implication politique est évidemment immense. Comment dépasser ces déterminations négatives de l’appartenance de classe. Comment faire en sorte que des liens de solidarités et de projets se renouent entre ces diverses composantes ? Des ouvrages comme ceux de Beaud et Pialoux ne peuvent répondre entièrement à cette question. Ils nous incitent malgré tout à une meilleure prise en compte de la réalité de manière rigoureuse et humaine. Ce qui n’est pas rien. Mais surtout ils nous obligent à « réinscrire l’histoire des jeunes immigrés dans l’histoire collective des classes populaires ». Si le mouvement ouvrier pouvait déjà les considérer comme faisant partie « des nôtres », peut-être se sentiraient-ils moins « des jeunes-immigrés-précaires ».

Mots Clés : Précarité , Ville

[1] À titre d’exemples citons trois ouvrages. Le récent Faire société. La politique de la ville aux États-Unis et en France de J. Donzelot, C. Mevel et A. Wyvekens, Paris, Le Seuil, 2003. Le bruxellois Jeunes immigrés dans la cité d’A. Rea, Bruxelles, Labor, 2001 et, l’emblématique Les quartiers d’exil de F. Dubet et D. Laperonnye, Paris, Seuil, 1992.

[2] St. Beaux, M. Pialoux, Retour sur la condition ouvrière : enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard, Paris, Fayard, 1999.

[3] R. Castel, Les métamorphoses de la société salariale, Chronique du salariat, Paris, Fayard, 1995.

[4] En 2001, selon un rapport de police, il y aurait eu « une population flottante » de 10 000 anciens intérimaires sur l’agglomération. Très nombreux sont ceux qui après un passage — parfois bref — ont quitté l’entreprise, souvent sur un coup de tête. Ils louent à plusieurs des appartements, vivent dans des foyers de travailleurs, ont recours à des moyens de fortune (coucher dans leur voiture, squatter des appartements, ...). Ces jeunes « pèsent » sur les autres, sont accusés de « faire des conneries ». Ainsi se reproduit dans ce contexte particulier de généralisation de l’intérim une sorte de précarité structurelle.

[5] De là, l’importance accordée à cette représentation du monde arabe dominé à l’échelle planétaire et du caractère emblématique du combat du peuple palestinien.

[6] Pour une approche critique du précédent ouvrage de Beaux et Pialoux : M. Alaluf & P. Rolle, Une clase sans ouvriers et des ouvriers sans classe ?, Revue Contretemps, n°1, mai 2001, pp.72-89.