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« Città Verde » : du danger d’être cohérent en politique

Dominique CABIAUX
Dominique Cabiaux est Secrétaire régional de la CSC-services publics
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  • Très justement écrit, un centre commercial déplace l’acheteur et donc la main d’œuvre mais, dans l’absolu, ne crée pas de nouveaux emplois.

    Il vaudrait mieux implanter des entreprises créatrices de richesses pour accroitre le pouvoir d’achat des habitants. Et seulement ensuite envisager ou pas l’implantation d’un nouveau centre commercial.

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    Posté par Didier Lagasse de Locht, le 13 avril 2010
  • Il est réducteur de dire qu’ « un centre commercial déplace l’acheteur et donc la main d’œuvre mais, dans l’absolu, ne crée pas de nouveaux emplois ». En effet c’est faire fit de la croissance du bien être. Même si elle est inégalitaire et si le concept de croissance déplait à la doxa environnementaliste cette croissance est bien réelle. Par ailleurs le commerce est un secteur en restructuration permanente qui s’adapte aux modes de ventes et d’achats. Personne ne veut plus, sauf quand il se fait touriste, acheter dans des petites boutiques difficilement accessible dans un centre urbain et à l’assortiment limité par l’exigüité des lieux sans parler des commodités d’achats bien moindres dans les petits commerces. Connaissant assez bien la problématique de l’implantation commerciale comme la structure de population et la situation géographique de Farciennes, je pense personnellement que cette localisation n’est pas judicieuse. Mais ce n’est pas une raison pour s’opposer par principe à la grande distribution qui par ailleurs à largement la préférence des chalands c’est à dire de tous les citoyens. Par exemple un vrai centre commercial est indispensable pour renforcer le pôle namurois qui en est dépourvu, et ce en périphérie pas en centralité qui doit, elle, être renforcée par une structure plus calibrée qui trouverait judicieusement sa place sur la dalle de la Gare. Mais revenons au sujet de l’article : la cohérence politique. La question ne se pose-t-elle pas plutôt dans les termes de la cohérence idéologique ou doctrinaire de Pascal Henry face à la cohérence politique des autres partis ? Car moi qui suis un technicien quand je présente mon point de vue ci-avant, je ne me préoccupe que très largement à la marge de l’idéologie et de la politique. Je pense que ce qui est reproché à Philippe Henry est que quand on est dans un gouvernement ce n’est plus l’idéologie qui prime mais la politique. Alors Philippe Henry aurait tout intérêt à nous présenter des arguments politiques opposables à ceux des autres partis plutôt qu’un argumentaire doctrinal. C’est en sachant se distancier de son idéologie et la faisant coexister avec les réalités socio-économiques et politiques qu’il fera, alors, montre de sa maturité politique.

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    Posté par Olivier Montulet, le 13 avril 2010
  • Pour ce qui est du positionnement politique de gauche. Personnellement je ne la trouve pas incohérente quant elle défend les investisseurs. La société productiviste est le modèle défendu tant par Karl Marx et Friedrich Engels que par Adam Smith, Friedrich Hayek et John Maynard Keynes. D’ailleurs, Karl Marx ami de John Maynard Keynes et admirateur d’Adam Smith n’a-t’il pas dit, « le communisme est l’avenir du capitalisme » ? Donc idéologiquement il n’y a aucune contradiction. Si de plus vous analysez les politiques occidentales actuelles vous constaterez qu’elles sont marquées par l’émergence de la technocratie et que, de ce fait, la politique est réduite à la gestion de la chose publique. Vous pouvez le regretter, avec moi, mais la politique, de quelques soient les partis politiques belges, est en cohérence avec ces constats. La politique socialiste n’en diffère donc pas. Seul des accents, à la marge, plus sociaux, plus libéraux, plus verts, plus chrétiens différencient les politiques de ces partis, et cela est dicté plus par le profil de leur électorat que par leurs convictions, même si elles sont certainement fortes chez beaucoup de leurs cadres. Qui oserait encore aujourd’hui remettre en cause notre modèle sociétal au non d’une idéologie ? Même pas écolo qui est un pur fruit du capitalisme. C’est regrettable de mon point de vue, mais c’est un fait. Le paradigme du XIXème siècle « il faut produire des richesses » est celui qui anime toujours notre société. Il est temps de laisser émerger un nouveau paradigme puisque nous produisons aujourd’hui assez pour rencontrer les besoins primaires de l’humanité entière. Le productivisme nous a permis d’accéder potentiellement à la liberté (d’être délivré de la question matérielle). Ce nouveau paradigme m’apparaît être non pas celui de la peur de l’apocalypse mais celui de la nécessité de l’équité entre les humains. C’est-à-dire de faire vivre la fraternité. Liberté et fraternité associées nous permettrons à terme d’atteindre à l’égalité. Mais les structures politiques actuelles ne sont pas adéquates pour porter le projet de fraternité. Les partis actuels doivent laisser place à de nouvelles structures qui restent à inventer. Je suis persuadé que cette mutation s’imposera à nous car le besoin d’équité sera son puissant moteur. Je crains que si les forces réactionnaires, dont l’écologisme fait partie au même titre que le « post-néo-classicisme » économique actuel, restent dominantes, nous aillions droits vers des conflits désastreux qui de toute manière ne laisseront sur leur champ de ruines qu’au paradigme d’équité la place pour fleurir.

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    Posté par Olivier Montulet, le 13 avril 2010
  • Concernant les contributions de M. Montulet, je voudrais lui faire observer que je n’ai fait qu’un article concernant le refus du permis unique pour un centre commercial possiblement localisé à Farciennes.
    Difficile dans ce cadre de solliciter Keynes, Marx ...

    Pour nous limiter au projet lui-même, il y aurait eu davantage à dire, bien entendu. Ainsi, il s’agit d’un "projet thématique" et en ceci les études sur le "déplacement de chalandise" peuvent être l’objet de discussion.

    Cependant, il est généralement admis que ces zones commerciales déplacent simplement les consommateurs et que ça se fait au détriment des petits commerces. Contrairement à M. Montulet, je ne suis pas un spécialiste mais ce que j’ai pu lire là-dessus m’en donne la conviction.

    Dernier élément : je ne pense pas avoir voulu affronter la "pensée" de tel ou tel parti, mais avoir voulu mettre en lumière un moment particulier du débat politique régional, autour d’un projet particulier.

    Il faut observer d’ailleurs que depuis l’effervescence des premiers jours, la discussion entre les protagonistes a évolué fort positivement : c’est sur la façon de décider et de communiquer sur la décision que les tensions sont nées ; et c’est là-dessus que les réglages se sont faits depuis lors.

    Et si l’on regarde avec attention ce qui a été dit et écrit : tant chez Ecolo qu’au PS, passés les premiers jours, la volonté s’est clairement affichée de reprendre ce dossier avec sérénité.

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    Posté par Dominique Cabiaux, le 17 avril 2010
  • Être généralement admis ne garanti en rien de sa pertinence ! Bien au contraire car on omet de prendre le temps d’en vérifier la validité.
    Ce que j’ai dit c’est que ce qui occasionne la disparition des petits commerces ce n’est pas l’offre de la grande distribution mais l’inadéquation du petit commerce aux pratiques d’achat souhaitées par les chalants.

    Vous dites que parler de marx et Keynes n’est pas à propos. Bien sûr que si, il s’agit de repositionner les choix de politiques économiques dans les paradigmes sociaux. Il s’agit donc bien d’’idéologie. D’ailleurs vos conclusions ne parlent que d’idéologie et d’opositions entre-elles "c’est en ce sens que cet événement, d’apparence périphérique, prend toute son importance : à force de croire et de vouloir faire croire qu’être de gauche consiste à accepter tout au nom de l’emploi et des investissements – pêle-mêle Ryanair, des stades de football, des centres commerciaux... – il faudra bien un jour organiser notre aggiornamento et dire que ce développement-là est en contradiction avec le projet de société porté par les mouvements sociaux et les forces de progrès. Il ne faudrait pas qu’à force de vouloir attirer les investisseurs commerciaux, les femmes et les hommes politiques de la région de Charleroi ne pensent que Thermidor est une marque de thermostat..." et se sont bien les socialistes que vous visiez.
    Moi, je propose de changer de paradigme car c’est bien là qu’il y a un véritable enjeu.

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    Posté par Olivier Montulet, le 17 juin 2010

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