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	<title>Politique, revue de d&#233;bats</title>
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		<title>Politique, revue de d&#233;bats</title>
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	<title>Le combat pour un mythe</title>
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	<dc:creator>Eric Corijn</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		Mai 68 est un mythe et le d&#233;bat actuel devient donc tr&#232;s symbolique. &lt;br /&gt;Pour moi, Mai 68 repr&#233;sente un mois de blocus &#224; c&#244;t&#233; de la radio et de France Inter, et quelques trajets en voiture vers Paris d&#233;guis&#233; en touriste pour le Sud, parfois avec des jerrycans d'essence, parfois avec des tracts ou des brochures imprim&#233;s en fran&#231;ais &#224; Gand. Ou un peu plus tard dans l'&#233;t&#233; l'organisation d'une r&#233;union clandestine &#224; Gand sur la relance de la Ligue communiste entre-temps (...)


		
		&lt;a href="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html" rel="directory"&gt;n&#176;54 : avril 2008&lt;/a&gt;
		
		

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mai 68 est un mythe et le d&#233;bat actuel devient donc tr&#232;s symbolique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour moi, Mai 68 repr&#233;sente un mois de blocus &#224; c&#244;t&#233; de la radio et de France Inter, et quelques trajets en voiture vers Paris d&#233;guis&#233; en touriste pour le Sud, parfois avec des jerrycans d'essence, parfois avec des tracts ou des brochures imprim&#233;s en fran&#231;ais &#224; Gand. Ou un peu plus tard dans l'&#233;t&#233; l'organisation d'une r&#233;union clandestine &#224; Gand sur la relance de la Ligue communiste entre-temps interdite en France. C'&#233;tait une phase br&#232;ve dans un cycle de radicalisation croissante de la jeunesse, suivi par de grandes luttes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Flandre cette phase a d&#233;marr&#233; en mai 1966 avec le d&#233;but du combat pour Leuven Vlaams contre ce que l'on appelait le mandement des &#233;v&#234;ques. Ceux-ci avaient d&#233;cid&#233;, en tant que pouvoir organisateur de l'UCL que la section francophone de l'universit&#233; resterait &#224; Louvain. C'est un combat dont Herman Van Rompuy parle encore aujourd'hui avec horreur parce que les &#233;tudiants et les lyc&#233;ens voulaient bien plus que seulement les exigences flamandes. Ils parlaient aussi de &#171; r&#233;formes de structures anticapitalistes &#187; en de &#171; nationalisation de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale &#187;, ce holding qui contr&#244;lait &#224; ce moment l&#224; environ un tiers de l'&#233;conomie belge. Ce n'est qu'&#224; la fin des prises de parole que venait &#171; et par ailleurs nous estimons que Louvain doit &#234;tre flamand &#187;. Ce combat a connu un deuxi&#232;me pic en janvier 68, mais plus tard dans l'ann&#233;e l'ULB a &#233;galement &#233;t&#233; occup&#233;e et pour de tout autres raisons. Pour moi Mai 68 s'est poursuivi avec le mouvement gantois de mars 1969. C'est alors qu'&#224; Gand le Blandijnberg fut occup&#233; durant 3 semaines. Plus tard, apr&#232;s l'&#233;vacuation du Blandijnberg par la gendarmerie, apr&#232;s qu'elle ait expuls&#233; 500 &#233;tudiants hors de l'auditorium E et les ait amen&#233;s &#224; la caserne, il y eut encore quelques jours dans le b&#226;timent de la rue Plateau. La m&#234;me ann&#233;e d'ailleurs, la Maagdenhuis fut occup&#233;e &#224; Amsterdam.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;voltes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait en fait partout d'une r&#233;volte anti-autoritaire, d'une r&#233;volte de jeunes contre une organisation &#233;touffante et tr&#232;s formaliste de l'enseignement, de la famille, des m&#233;dias, des normes et les valeurs. A ce propos, il s'agissait surtout de la morale sexuelle et par extension de la morale du travail extr&#234;mement bureaucratique et productiviste, qui s'&#233;tait infiltr&#233;e dans le projet de l'Etat-providence faisant suite &#224; la reconstruction d'apr&#232;s-guerre. Une r&#233;volte aussi contre la production et la consommation de masse st&#233;r&#233;otyp&#233;e, o&#249; la massification &#233;tait appel&#233;e erron&#233;ment &#171; d&#233;mocratisation &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne doit pas oublier que la Flandre &#233;tait une terre catholique qui venait de rentrer dans l'&#232;re industrielle et o&#249; les &#233;lites faisaient tout pour maintenir le peuple sous la domination du clerg&#233;. D'o&#249; la r&#233;volte contre l'influence de l'Eglise, des &#233;v&#234;ques, et de l'Etat-CVP dans la Flandre suburbaine qui allait &#233;tudier &#224; Louvain. D'o&#249; &#233;galement cette approche &#171; anticapitaliste &#187; qui renvoyait aux grandes luttes historiques en Belgique comme la question royale ou la grande gr&#232;ve de 60-61, mais aussi &#224; des programmes encore existants comme le programme de r&#233;formes de structures de la FGTB de 1954-56.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;tudiants les plus radicaux critiquaient ce qu'ils appelaient &#171; l'int&#233;gration du mouvement ouvrier dans le n&#233;o-capitalisme &#187;. Ils soulignaient les effets d&#233;mobilisateurs du syst&#232;me de concertation sociale comportant des clauses de paix sociale ainsi que le poids &#233;touffant de la bureaucratie au sein du syndicat et du parti. L'aile gauche n'avait-elle pas &#233;t&#233; exclue du Parti socialiste en 1964 ? Les organisations de jeunesse n'avaient-elles pas &#233;t&#233; expuls&#233;es brutalement par la police la m&#234;me ann&#233;e, lors de la grande manifestation pour le 100e anniversaire de la Premi&#232;re Internationale, parce qu'elles arboraient des slogans contre l'Otan (&#171; Belgique hors de l'Otan, Otan hors de Belgique ! &#187;) et que ceux-ci ne pouvaient pas &#234;tre aper&#231;us depuis la tribune d'honneur par Paul-Henri Spaak ? Les mouvements de jeunesse amenaient d&#233;j&#224; des milliers de manifestants dans les rues dans les ann&#233;es soixante &#224; l'occasion des marches anti-atomiques, &#233;l&#233;ment d'une mobilisation internationale contre la menace nucl&#233;aire issue de la guerre froide. Cette relation tendue avec la direction de l'&#233;poque du mouvement ouvrier ne s'exprimera vraiment compl&#232;tement que dans le d&#233;but des ann&#233;es septante, lorsque la crise &#233;conomique s'annon&#231;a et la base des centrales professionnelles commen&#231;a &#224; r&#233;agir : en 1971 il y eut la gr&#232;ve des mines du Limbourg pendant cinq semaines, en 1973 la gr&#232;ve des dockers. C'&#233;taient des gr&#232;ves dites &#171; sauvages &#187; parce que les syndicats ne les reconnaissaient pas, o&#249; le mouvement &#233;tudiant apportait sa solidarit&#233; et son soutien logistique (&#171; Ouvriers-&#233;tudiants un seul front &#187;) et o&#249; les artistes et les th&#233;&#226;tres amenaient une nouvelle forme d'expression artistico-sociale : &#171; la culture de lutte &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'&#233;tait aussi le temps des &#171; nouveaux mouvements sociaux &#187;. Il y eut la deuxi&#232;me vague f&#233;ministe qui se d&#233;ployait avec les Dolle Mina et le mouvement Fem-Soc (&#171; mouvement des femmes-mouvement ouvrier un seul front &#187;) et surtout une lutte d'&#233;mancipation pour la libre disposition de soi-m&#234;me et l'&#233;galit&#233;. Il y eut l'apparition du nouveau mouvement environnementaliste qui passa de la &#171; protection de la nature &#187; &#224; l'&#233;cologie politique : pensez aux grandes manifestations contre l'&#233;nergie nucl&#233;aire. Il y eut le d&#233;but du mouvement &#171; rose &#187;.
C'&#233;tait le temps o&#249; la Nouvelle Sc&#232;ne Internationale donnait ses 250 repr&#233;sentations de Mistero Buffo (de Dario Fo, futur prix Nobel) qui tir&#232;rent la Flandre catholique de son engourdissement, de la communaut&#233; de travail au Beursschouwburg, de la troupe du Trojaanse Paard.
C'&#233;tait le temps de l'Actiegroep Kritsich onderwijs et de la lutte autour des m&#233;thodes scolaires.
C'&#233;tait le temps du mouvement tiers-mondiste, qui n'&#233;tait pas encore appel&#233; ONG comme une prolongation de la politique, mais bien mouvement de solidarit&#233; comme soutien de la lutte.
Pour faire court, c'&#233;tait une &#233;poque de bouleversement culturel, de modernisation acc&#233;l&#233;r&#233;e, o&#249; tous les aspects de la nouvelle vie quotidienne &#233;taient mis en question et o&#249; on se heurtait tr&#232;s vite et souvent aux &#171; vieilles formes &#187;, aux &#171; vieilles id&#233;es &#187;, et &#224; de nombreuses structures de pouvoir autoritaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; le mythe de Mai 68 ! C'&#233;tait effectivement une &#233;poque o&#249; l'ordre &#233;tabli a &#233;t&#233; soumis &#224; un examen critique dans tous ses aspects et o&#249;, la plupart du temps &#224; partir de mouvements &#224; la base, d'autres pratiques ont &#233;t&#233; introduites et exp&#233;riment&#233;es. C'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; l'ordre de l'apr&#232;s-guerre a &#233;t&#233; pes&#233; pour la premi&#232;re fois et trouv&#233;&#8230; trop l&#233;ger. Il fallait un autre monde. Et un autre monde paraissait possible.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Luttes internationales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pas en raison de nos actions h&#233;ro&#239;ques en Flandre &#233;videmment. Mais parce que Mai 68 &#233;tait bien plus que les barricades &#233;tudiantes de la nuit du 10 au 11 mai &#224; Paris, qui menaient effectivement pour la premi&#232;re fois une confrontation directe contre les forces de l'ordre fort r&#233;pressives du r&#233;gime gaulliste. Mai 68 est aussi la plus grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de l'histoire de France. Mai 68 est aussi le plus grand mouvement de rattrapage des salaires, que De Gaulle avait maintenu pendant dix ans beaucoup trop en-dessous de la moyenne europ&#233;enne. Mai 68 a signifi&#233; aussi la fin du G&#233;n&#233;ral qui s'&#233;tait impos&#233; comme un nouveau Bonaparte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lutte paie ! Pas seulement en France, mais depuis Berkeley en 1963 jusqu'&#224; Tokyo, &#224; travers tout le monde industrialis&#233;. Elle est port&#233;e par une g&#233;n&#233;ration d'apr&#232;s-guerre, qui n'a effectivement pas connu les privations de la guerre, qui a effectivement re&#231;u pour la premi&#232;re fois assez d'argent de poche pour faire vivre sa propre sub-culture, une culture alternative. Celle dont Elvis Presley, et plus tard les Beatles ou les Rolling Stones, mais aussi Bob Dylan ou Donovan, et m&#234;me Pete Seeger, Woody Guthrie, Joan Baez et les autres protest-singers, feront des succ&#232;s commerciaux. C'est une g&#233;n&#233;ration qui voulait passer du &#171; welvaart &#187; au &#171; welzijn &#187;, de la prosp&#233;rit&#233; au bien-&#234;tre.
C'est une g&#233;n&#233;ration qui &#233;tait inform&#233;e par la t&#233;l&#233;vision de l'oppression imp&#233;rialiste contre les mouvements de lib&#233;ration et de l'exploitation du Tiers-monde. Elle a &#233;tudi&#233; les r&#233;volutions chinoise (1949), cubaine (1959) et alg&#233;rienne (d&#233;but des ann&#233;es 60), comme autant d'alternatives issues du Tiers-monde. Elle a fait de leaders comme Lumumba et Che Guevara des exemples. Elle a par-dessus tout choisi son camp dans la guerre du Vietnam : nos lib&#233;rateurs Am&#233;ricains y exportaient &#171; notre d&#233;mocratie &#187; avec du napalm et des bombes. Cela nous a vaccin&#233;s pour de bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est apparu aussi que la lutte pouvait &#234;tre gagn&#233;e&#8230;
C'est ce qu'a montr&#233; la grande offensive du T&#234;t lanc&#233;e par le Vietcong en janvier 68 qui va booster les mouvements de solidarit&#233; occidentaux, mais surtout le mouvement anti-guerre aux Etats-Unis m&#234;mes. Mais dans le bloc de l'Est aussi la lutte contre la dictature stalinienne voyait s'ouvrir des perspectives.
Les r&#233;voltes de 53 &#224; Berlin-Est et de 56 en Hongrie avaient &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es dans le sang, mais le Printemps de Prague au d&#233;but de cette m&#234;me ann&#233;e 1968 semblait donner plus d'espoir jusqu'&#224; ce que les tanks fassent &#233;galement irruption l&#224;-bas. Ensuite arriv&#232;rent aussi les luttes ouvri&#232;res italiennes, la r&#233;volution des &#339;illets au Portugal en 1974, la chute du r&#233;gime des colonels grecs en 1973-74, la mort de Franco en 1975&#8230; Mais il y eut aussi le terrorisme d&#233;sesp&#233;r&#233; des Brigades rouges ou de Fraction arm&#233;e rouge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, c'est le mythe de 68 ! Un autre monde est n&#233;cessaire, nous ne sommes pas d'accord avec les structures de la soci&#233;t&#233; existante d'apr&#232;s-guerre. Et un autre monde est aussi possible. Mais alors il faut s'organiser en se confronter aux structures de pouvoir existantes. Au Vietnam, &#224; Prague, &#224; Paris&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mai 68 aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Evidemment les baby-boomers n'&#233;taient pas tous des anticapitalistes form&#233;s et engag&#233;s. Evidemment les victoires n'&#233;taient pas toutes des r&#233;formes de structures. Evidemment les actions h&#233;ro&#239;ques de la plupart des anciens combattants se sont transform&#233;es en histoires pour leurs enfants et petits-enfants. Est-ce cela que nous devons d&#233;construire maintenant, que tout cela n'&#233;tait pas si univoque, que c'&#233;tait plus nuanc&#233;, qu'il y avait beaucoup d'illusions, que c'&#233;tait plus important dans le r&#233;cit que dans la r&#233;alit&#233; des faits ? Bien s&#251;r. Mais est-ce vers cela que tend le bilan qui nous en est pr&#233;sent&#233; par Sarkozy ? Est-ce &#224; cela que vise le d&#233;bat avec le postmodernisme des ann&#233;es 80 ou les nouveaux penseurs de droite ? Pas du tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui il faut et il faudra &#233;crire, aussi pour 68, comme &#224; propos de tout, une histoire nuanc&#233;e et critique. Mais dans la mesure o&#249; le d&#233;bat et le bilan doivent d&#233;boucher sur des points de vue id&#233;ologiques aujourd'hui, et donc soutenir des prises de position sociales aujourd'hui, je pense que quelques &#171; v&#233;rit&#233;s &#187; m&#233;ritent d'&#234;tre d&#233;fendues. Les ann&#233;es soixante sont des ann&#233;es charni&#232;res o&#249; &#8211; et je p&#232;se mes mots &#8211; une partie de la jeune g&#233;n&#233;ration (soutenue dans ce sens par une partie de l'opposition existante) s'est pens&#233;e et engag&#233;e comme acteur de l'histoire, comme participant activement &#224; une transition. Elle a cultiv&#233; pour cela un discours politique et un d&#233;bat, une attitude critique et un sens du projet de soci&#233;t&#233;, qui ne sont plus apparus ensuite avec une telle ampleur. Sur le plan personnel cela repr&#233;sentait beaucoup : ce qui est personnel est politique et inversement, et cela dans toutes les significations possibles. L'histoire de cette &#171; g&#233;n&#233;ration &#187; est de plus le r&#233;cit d'histoires et de trajets de vie, de le&#231;ons tir&#233;es des exp&#233;riences, et puis d'une nouvelle prise de place dans une soci&#233;t&#233; normalis&#233;e. Cette histoire rel&#232;ve donc en fait plus d'un d&#233;bat sur le cycle de vie et la psychanalyse que sur l'analyse politique ou de la philosophie morale. Cela ne me para&#238;t pas tellement int&#233;ressant. Mais il y a indubitablement des le&#231;ons &#224; tirer sur les cons&#233;quences n&#233;gatives de l'hubris, de la t&#233;m&#233;rit&#233;, et parfois de l'orgueil de certains. Surtout pour ceux qui veulent encore aujourd'hui mettre en question l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il me para&#238;t plus important de comprendre pourquoi la &#171; foi &#187; et &#171; l'espoir &#187; de ces ann&#233;es ne sont pas devenues r&#233;alit&#233;. Quelques hypoth&#232;ses :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. La crise du syst&#232;me social a boulevers&#233; l'agenda politique. L'Etat-providence, bas&#233; sur la croissance, le plein-emploi, et la redistribution des richesses, s'est heurt&#233; pr&#233;cis&#233;ment en 1974 avec ce que l'on a nomm&#233; la &#171; crise p&#233;troli&#232;re &#187; et qui &#233;tait en fait la premi&#232;re r&#233;cession g&#233;n&#233;rale et simultan&#233;e de l'ensemble du monde industrialis&#233;. En fait la mondialisation a &#233;t&#233; lanc&#233;e par l'embo&#238;tement des cycles &#233;conomiques nationaux. Et c'est en partie pour cette raison qu'une longue p&#233;riode de forte croissance s'est arr&#234;t&#233;e. Les tentatives de la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es septante pour re-dynamiser le mod&#232;le par des moyens keynesiens (le soutien &#224; la consommation ou par exemple l'initiative industrielle publique de Willy Claes et Norbert De Batseleir) ont &#233;chou&#233; et n'ont laiss&#233; qu'une &#233;norme dette publique. La promesse d'une soci&#233;t&#233; du temps libre, d'un progr&#232;s constant du niveau de vie, d'une r&#233;duction de la dur&#233;e du temps de travail, d'une lib&#233;ration et d'une &#233;mancipation, en r&#233;sum&#233; la plupart des pr&#233;visions et des promesses sur lesquelles s'appuyait le contrat social, ne s'accordaient plus avec la logique capitaliste. Thatcher en Reagan op&#233;r&#232;rent la rupture en lanc&#232;rent le projet n&#233;o-lib&#233;ral. Le contrat social et l'&#233;conomie de concertation de l'apr&#232;s-guerre ont pris fin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Donc les entrepreneurs ont voulu un &#171; autre climat d'investissement &#187; (c'est-&#224;-dire un environnement &#233;conomique comportant un taux de rendement &#233;lev&#233; et des bas salaires) ; ils ont refus&#233; de continuer &#224; contribuer au contrat social et ont laiss&#233; de ch&#244;mage se d&#233;velopper. C'est ainsi que le mouvement ouvrier s'est retrouv&#233; sur la d&#233;fensive et qu'il a accept&#233; syst&#233;matiquement d'abord le fait d'un ch&#244;mage massif, puis le fait d'une politique d'aust&#233;rit&#233;, puis le fait d'un blocage des salaires et la norme salariale, le fait d'une croissance &#233;conomique allant de pair avec des pertes d'emploi, le fait d'une lutte de plus en plus corporatiste pour le maintien de l'acquis, le fait d'un travail plus long pour moins de gens et pour le m&#234;me traitement, et enfin l'Etat social actif o&#249; les doits ne peuvent &#234;tre obtenus qu'en &#233;change de devoirs et encore&#8230; Il n'&#233;tait plus question depuis longtemps de r&#233;formes de structures. Ou alors justement dans l'autre sens : privatisation, lib&#233;ralisation, commercialisation&#8230; Le mouvement ouvrier organis&#233; a perdu son r&#244;le central dans le d&#233;veloppement d'un projet de soci&#233;t&#233;. Et plus la consommation de masse et l'organisation flexible du travail sont devenues l'affaire de une &#171; nouvelle classe moyenne &#187;, plus la &#171; vieille &#187; classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; s&#233;duite par l'id&#233;ologie &#171; eigen volk eerst &#187;. Cela ne veut pas uniquement dire que l'on devient une partie de l'&#233;lectorat du Vlaams Belang qui est devenu &#171; le plus grand parti populaire &#187;, mais aussi que l'on devient tr&#232;s sensible &#224; d'autres raisonnements &#233;gocentriques ou corporatistes, et que l'on voit peu d'avenir dans des solutions solidaires ou plus structurelles. C'est l'histoire du postfordsime et de la droitisation des ann&#233;es 80.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Donc les nouveaux mouvements sociaux sont rest&#233;s orphelins. Ils ont cherch&#233; vainement &#224; cr&#233;er un &#171; front &#187; avec de vraies forces sociales, et ils se sont transform&#233;s en mouvements bien con&#231;us de &#171; sigle issue &#187;, qui ont tent&#233; d'obtenir un maximum au sein du syst&#232;me existant par une combinaison de mobilisations, de l&#233;gislation, et de politique. Il faut voir l&#224; un chemin pour beaucoup de soixante-huitards qui aujourd'hui sont aussi &#233;lev&#233;s au rang de ministre d'Etat ou anoblis par le Roi. Du changement du monde ils sont pass&#233;s &#224; la r&#233;forme pragmatique. Des groupes d'action &#224; une activit&#233; professionnelle bien &#233;tablie. Et avec un bilan pas d&#233;sagr&#233;able en plus. M&#234;me si cela a eu une influence extr&#234;mement forte sur la modification du fonctionnement, de la mentalit&#233;, et de l'organisation du &#171; middenveld &#187; et du secteur socio-culturel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. Ce nouvel ordre s'est construit autour de ce qui a &#233;t&#233; appel&#233; jusque r&#233;cemment &#171; la pens&#233;e unique &#187;, de ce que Petrella appelle le dogme de la lib&#233;ralisation&#8211;d&#233;r&#233;gulation&#8211;privatisation, ou autour du consensus qui donne comme objectif &#224; toute politique de &#171; pr&#233;server la capapcit&#233; concurrentielle de notre &#233;conomie au sein de la globalisation &#187;. Dans ce nouvel ordre le seul enjeu restant significatif est celui des &#171; questions &#233;thiques &#187;, c'est-&#224;-dire de la plus grande libert&#233; de choix individuel. Ceux qui d&#233;terminent les contours du d&#233;bat public et r&#233;gissent l'opinion publique, les m&#233;dias de masse et les faiseurs d'opinion, mais aussi ceux qui ont pour mission la socialisation et la formation (&#233;coles, universit&#233;s et hautes &#233;coles, secteur socio-culturel) &#8211; entre-temps tous &#233;galement commercialis&#233;s et fort flamandis&#233;s &#8211; dessinent les axes du d&#233;bat respectable : celui sur le territoire et les comp&#233;tences des pouvoirs publics et sur les libert&#233;s en mati&#232;re de comportement individuel ou collectif. L'ordre social est transform&#233; en ordre naturel. Mais &#224; l'int&#233;rieur de cet ordre naturel il reste &#233;videmment encore quelques degr&#233;s de libert&#233; &#224; discuter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Donc les programmes et organisations critiques &#224; l'&#233;gard de la soci&#233;t&#233; n'ont pas seulement perdu toute base sociale mais aussi toute position dans le d&#233;bat public, et ils ont &#233;t&#233; remplac&#233;s dans la presse et les m&#233;dias par les BV (&#171; Bekende Vlamingen &#187;) et autres faiseurs d'opinion inoffensifs. Donc les nouvelles g&#233;n&#233;rations sont encore entr&#233;es en contact avec des moments de conflit et de mise en question de l'existant, mais ce n'est plus avec une alternative cr&#233;dible ou un d&#233;bat politique digne de ce nom. L'existant a du &#234;tre accept&#233; comme l'&#233;vidence et n'est devenu ainsi que toujours plus &#233;vident.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Offensive id&#233;ologique de droite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce climat que le mythe de Mai 68 est de nouveau appel&#233; subitement &#224; servir. Mais cette fois pour la nouvelle droite. La nouvelle droite assertive et r&#233;actionnaire qui se bat pour l'h&#233;g&#233;monie, qui veut maintenant un accord complet avec la politique men&#233;e. Qui a dit encore &#171; &#224; droite toute et sans complexes &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce que Sarkozy veut en France : la dynamisation de l'entreprise priv&#233;e stimul&#233;e par l'int&#233;r&#234;t propre des investisseurs, et plus frein&#233;e par des contre-pouvoirs sociaux ou pire encore par des principes comme l'&#233;galit&#233; ou la fraternit&#233;. Donnez la libert&#233; aux entrepreneurs qui ont les moyens et laissez l'&#233;galit&#233; (des chances) et la fraternit&#233; (souvent r&#233;duite au secours aux pauvres et donc &#224; la charit&#233;) &#224; un Etat fort et surtout &#224; son bras arm&#233;. C'est ce que Balkenende veut, s'appuyant sur la critique id&#233;ologique de Pim Fortuyn avec son r&#233;tablissement des normes et des valeurs. C'est ce que Leterme et surtout Reynders vont faire, soutenus par la nouvelle droite de De Decker ou le Vlaams Blok dirig&#233; par le patron du port Valkeniers. C'est l'offensive id&#233;ologique. Comme Francis Fukuyama a annonc&#233; la fin de l'Histoire apr&#232;s la chute du mur de Berlin et Bush p&#232;re le Nouvel ordre mondial, c'est mainteant la fin de Mai 68 qui est proclam&#233;e par le front uni des Sarkozy, Balkenende et Letreme-Reynders, renvoyant en cela au nouveau (mais en fait tr&#232;s ancien) corpus de pens&#233;e de la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une alternative cr&#233;dible n'existe pas actuellement, mais cela ne signifie pas que la subversion n'est plus &#224; l'ordre du jour. Car si un autre monde ne para&#238;t pas imm&#233;diatement en vue, cela ne nous emp&#234;chera pas de dire qu'il est plus que jamais n&#233;cessaire et que ce monde-ci ne peut pas humainement &#234;tre l&#233;gitim&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		
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	<title>Le PTB nouveau est arriv&#233;</title>
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	<dc:creator>Henri Goldman</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		Le Parti du travail de Belgique existe sous ce nom depuis trente ans. C'est dire qu'il fait partie du paysage et que tous les observateurs un peu int&#233;ress&#233;s ont eu largement le temps de se faire une opinion au sujet de la prin-cipale organisation de l'extr&#234;me gauche belge. Dans la colonne positive, on mettra le d&#233;sint&#233;res-sement de ses m&#233;decins et de ses avocats qui ont recycl&#233; dans un emballage marxiste-l&#233;niniste l'an-tique service des pauvres issus du meilleur de (...)


		
		&lt;a href="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html" rel="directory"&gt;n&#176;54 : avril 2008&lt;/a&gt;
		
		

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Parti du travail de Belgique existe sous ce nom depuis trente ans. C'est dire qu'il fait partie du paysage et que tous les observateurs un peu int&#233;ress&#233;s ont eu largement le temps de se faire une opinion au sujet de la prin-cipale organisation de l'extr&#234;me gauche belge. Dans la colonne positive, on mettra le d&#233;sint&#233;res-sement de ses m&#233;decins et de ses avocats qui ont recycl&#233; dans un emballage marxiste-l&#233;niniste l'an-tique service des pauvres issus du meilleur de la tradition chr&#233;tienne dont ils sont issus. On mettra aussi dans cette colonne le refus absolu, qui confine &#224; l'aveuglement, de mettre le doigt dans l'engrenage des pol&#233;miques communautaires. (Au point qu'une rubrique r&#233;cur-rente de l'hebdomadaire du parti Solidaire s'appelle &#171; Belgique, ne me quitte pas ! &#187;.) Dans la colonne n&#233;gative, il y a tout le fatras arch&#233;o-stalinien des derniers ado-rateurs de Kim-Il-Sung et de son g&#233;nial fils. Et dans la troisi&#232;me colonne, celle des curiosit&#233;s, on trouve les cons&#233;quences d'avoir choisi un jour la Wallonie comme terre de mission, ce qui fait que la plupart des leaders wallons du parti sont en fait des Flamands qui s'y sont un jour install&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis le 2 mars 2008, la page est tourn&#233;e. Au terme d'un processus de plusieurs ann&#233;es, le PTB annon-ce avoir chang&#233; sur toute la ligne. Il n'est plus d'extr&#234;me gauche et cherche &#224; occuper tout l'espace &#224; la gauche du PS. Il ne se r&#233;clame plus d'aucun mod&#232;le, et m&#234;me Cuba n'&#233;chappe plus &#224; la critique. Staline est renvoy&#233; &#224; l'histoire, et d'ailleurs &#171; les gens &#187; ne s'int&#233;res-sent pas aux questions id&#233;ologi-ques. Surtout, une nouvelle culture des relations publiques se met en place. Finies les exclusives sectai-res o&#249; les fl&#232;ches les plus ac&#233;r&#233;es &#233;taient r&#233;serv&#233;es aux courants les plus proches. Manifestement, le succ&#232;s du SP hollandais et de Die Linke en Allemagne, qui font d&#233;sormais des scores &#233;lectoraux &#224; deux chiffres, donne des id&#233;es &#224; des militants d&#233;vou&#233;s qui, sans doute, ont fini par en avoir marre de l'impasse groupusculaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Changement de g&#233;n&#233;ration, aussi ? L&#224;, c'est moins clair. &#192; c&#244;t&#233; d'un nouveau pr&#233;sident de 38 ans (Peter Mertens), la g&#233;n&#233;ration des fonda-teurs reste bien repr&#233;sent&#233;e dans un bureau politique de huit per-sonnes qui ne compte qu'une seule femme. Plus troublant encore : la plupart d'entre eux &#233;taient d&#233;j&#224; membres du bureau politique pr&#233;-c&#233;dent, celui qui avait avalis&#233; les derniers statuts vot&#233;s en 2003 et qui viennent d'&#234;tre remplac&#233;s par un texte beaucoup plus lisse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais on ne r&#233;siste pas au plaisir pervers de vous livrer un extrait de ces statuts de 2003 auxquels tous les actuels dirigeants ont souscrit, histoire de go&#251;ter, une derni&#232;re fois, &#224; un genre litt&#233;raire au charme tellement d&#233;suet.
&#171; &lt;i&gt;Deux types de contradictions peuvent surgir dans le parti : des contradictions au sein du peuple et des contradictions entre le peuple et l'ennemi de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les contradictions avec l'ennemi de classe concernent les agents envoy&#233;s par celui-ci pour miner le parti de l'int&#233;rieur. Leur nombre est r&#233;duit. Nous devons renforcer notre vigilance et notre d&#233;termination contre ces &#233;l&#233;ments.
Elles concernent aussi les &#233;l&#233;ments d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s qui rejettent et falsifient le marxisme-l&#233;ninisme et le rem-placent par le r&#233;visionnisme ou le dogmatisme. Ils d&#233;truisent l'unit&#233; du parti et travaillent &#224; la scission. Ils refusent d'appliquer les r&#232;gles de la vie du parti et trament des intri-gues et des complots.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces &#233;l&#233;ments doivent &#234;tre expuls&#233;s du parti.&lt;/i&gt; (&#8230;)
&lt;i&gt;La compr&#233;hension correcte du marxisme-l&#233;ninisme en vue de l'ap-pliquer s'acquiert dans une lutte pers&#233;v&#233;rante, concr&#232;te et dialecti-que contre le r&#233;visionnisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette lutte se dirige principalement contre le r&#233;visionnisme qui a g&#233;-n&#233;r&#233; la contre-r&#233;volution dans les pays socialistes. Ce r&#233;visionnisme a provoqu&#233; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence totale du parti de L&#233;nine et de Staline. Le trotskisme constitue une variante de ce r&#233;visionnisme qui a men&#233; &#224; la disparition du camp socialiste en Europe&lt;/i&gt;. &#187; |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|1| Le texte complet des statuts de 2003 peut &#234;tre consult&#233; sur (...)' &gt;1&lt;/a&gt;| Si cette prose devait d&#233;finitive-ment dispara&#238;tre, quelque chose nous manquera&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;1&lt;/a&gt;| Le texte complet des statuts de 2003 peut &#234;tre consult&#233; sur http://www.solidaire.org/scripts/livret.phtml ?section=A1AAAABT&amp;obid=23896&amp;partie=23905&amp;lang=1&amp;bess=2#1. Pour d&#233;couvrir le PTB new look :http://www.ptb.be/fr/&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<title>La publicit&#233; et l'audiovisuel public</title>
	<link>http://politique.eu.org/archives/2008/04/667.html</link>
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	<dc:date>2008-04-23T13:20:04Z</dc:date>
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	<dc:language>fr</dc:language>
	<dc:creator>Hugues Le Paige</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		&#171; Dis moi qui te finance et je te dirai quelle t&#233;l&#233; tu fais &#187; : l'adage reste plus vrai que jamais. Le financement conditionne la nature m&#234;me de la t&#233;l&#233;vision. Quand dans les ann&#233;es nonante, le budget de France 2 d&#233;pendait pour plus de 50% des ressources publicitaires, la cha&#238;ne ne pouvait plus &#234;tre r&#233;ellement de service public. D&#232;s lors, l'annonce surprise par Nicolas Sarkozy, en janvier dernier, de la suppression de publicit&#233; sur les cha&#238;nes publiques fran&#231;aises a provoqu&#233; des (...)


		
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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Dis moi qui te finance et je te dirai quelle t&#233;l&#233; tu fais &#187; : l'adage reste plus vrai que jamais. Le financement conditionne la nature m&#234;me de la t&#233;l&#233;vision. Quand dans les ann&#233;es nonante, le budget de France 2 d&#233;pendait pour plus de 50% des ressources publicitaires, la cha&#238;ne ne pouvait plus &#234;tre r&#233;ellement de service public. D&#232;s lors, l'annonce surprise par Nicolas Sarkozy, en janvier dernier, de la suppression de publicit&#233; sur les cha&#238;nes publiques fran&#231;aises a provoqu&#233; des r&#233;actions en sens divers. Les adversaires de la publicit&#233; &#8212; et quelques beaux esprits &#8212; se sont f&#233;licit&#233;s de cette audace que, disaient-ils, dans sa frilosit&#233; et sa mollesse, la gauche avait n&#233;glig&#233;e. On allait redonner au service public sa vraie vocation loin de la course &#224; l'audimat. Rapidement on s'est rendu compte que la situation &#233;tait plus complexe et les intentions du pr&#233;sident plus ambigu&#235;s, sinon perverses. Au lendemain m&#234;me de cette d&#233;claration, plusieurs dirigeants de la droite fran&#231;aise pr&#233;conisaient, dans la foul&#233;e la privatisation d'une ou plusieurs cha&#238;nes publiques. Et on apprenait que le groupe TF1 avait d&#233;pos&#233; un dossier &#224; l'Elys&#233;e, fin 2007, r&#233;clamant pr&#233;cis&#233;ment la suppression de la publicit&#233; dans l'audiovisuel public. La plupart des praticiens du service public et leurs d&#233;fenseurs (auteurs, r&#233;alisateurs, producteurs) d&#233;non&#231;aient la man&#339;uvre et s'opposaient, eux, &#224; la suppression de la publicit&#233;, du moins tant qu'un financement &#233;quivalent ne serait pas garanti. Ce qui est loin d'&#234;tre le cas. Bien entendu, le risque fondamental est bien celui-l&#224; : au nom d'un retour aux sources on supprime la publicit&#233; sans contrepartie budg&#233;taire simultan&#233;e et on transforme d&#233;finitivement le service public en cha&#238;ne minoritaire. Il en gagnera en puret&#233;, il en mourra en audience. Ce qui permettra ensuite de justifier de diminuer sa dotation publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Belgique, deux camps, alli&#233;s de circonstances, ont profit&#233; du d&#233;bat fran&#231;ais pour relancer le d&#233;bat de la publicit&#233; &#224; la RTBF. Les opposants &#224; la publicit&#233;, au non du refus de la course &#224; l'audimat et des m&#233;faits globaux de la publicit&#233;, ont dynamis&#233; une campagne qui ne date pas d'hier. Et l'on ne peut qu'appuyer la p&#233;tition sign&#233;e par 16 organisations d'&#233;ducation permanente et de d&#233;fense des consommateurs qui r&#233;clament &#171; &lt;i&gt;une &#233;tude approfondie de type scientifique sur les possibilit&#233;s de financement d'une RTBF sans pub, et ce sans toucher &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire de la Communaut&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; (&#8230;). &lt;i&gt;D&#233;barrasser la RTBF de la pression commerciale est une condition sine qua non pour revaloriser le service public audiovisuel, outil d&#233;mocratique majeur et acteur social indispensable pour faire face aux d&#233;fis&lt;/i&gt;. &#187; |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb1-1&quot; name=&quot;nh1-1&quot; id=&quot;nh1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|1| Carte Blanche publi&#233;e dans Le Soir du 31 janvier 2008, p&#233;tition : (...)' &gt;1&lt;/a&gt;| D&#232;s 1984, quand les adversaires de l'introduction de la publicit&#233; &#224; la RTBF &#8211; qui devait initialement servir &#224; la production de nouvelles &#233;missions culturelles &#8211; eurent perdu la partie, il apparut clairement qu'il serait tr&#232;s difficile de revenir en arri&#232;re. Depuis lors, le sous-financement de la RTBF, l'absence d'un pouvoir fiscal de la Communaut&#233; fran&#231;aise, la suppression ou la transformation de la redevance radio-tv, le manque g&#233;n&#233;ral de volont&#233; politique, l'apparition d'une g&#233;n&#233;ration de managers le plus souvent &#233;trangers &#224; la philosophie du service public et l'inscription globale de celui-ci dans la logique de march&#233; ont rendu la chose encore plus d&#233;licate. La restauration d'une redevance dont le produit serait totalement et r&#233;ellement affect&#233; &#224; la RTBF |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb1-2&quot; name=&quot;nh1-2&quot; id=&quot;nh1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|2| Ce qui ne fut jamais le cas, la redevance fut de fait transform&#233;e de (...)' &gt;2&lt;/a&gt;| permettrait effectivement &#224; celle-ci de se passer de la publicit&#233; mais l'air du temps antifiscal et les rapports de force politiques actuels ne permettent gu&#232;re de se faire d'illusions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De son c&#244;t&#233; le MR, singeant Sarkozy, veut, lui aussi, envisager la suppression de la publicit&#233; &#224; la RTBF qu'il refusait pourtant jusqu'ici. Les intentions sont pour le moins douteuses. Le red&#233;ploiement d'un service public assurant r&#233;ellement ses missions suppose un refinancement et non une diminution de ses ressources.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui donc &#224; la suppression de la &#171; pub &#187; si un financement alternatif est garanti simultan&#233;ment. Faute de quoi, on transforme la t&#233;l&#233;vision publique g&#233;n&#233;raliste en cha&#238;ne de &#171; niche &#187; destin&#233;e &#224; un public r&#233;duit, ce qui ne correspond pas &#224; sa vocation. Si l'on ajoute &#224; cela que la Commission europ&#233;enne a lanc&#233; une consultation publique sur le cadre futur du financement &#233;tatique des services publics de radiodiffusion, visant &#224; assurer &#171; le maintien des conditions de concurrence &#233;quitable &#187; et qui peut aboutir &#224; mettre en question pr&#233;cis&#233;ment certains financements &#233;tatiques, on peut imaginer les menaces qui p&#232;sent globalement sur l'audiovisuel public.
Enfin si la suppression de la publicit&#233; ou sa r&#233;gulation &#8212; insuffisante actuellement &#8212; constitue un des &#233;l&#233;ments essentiels pour redonner un sens au service public, elle n'est pas le seul probl&#232;me. Loin de l&#224;. L'inscription de l'audiovisuel &#8212; y compris public &#8212; dans la logique de march&#233; et de la concurrence &#224; tout crin est plus profonde. La BBC est toujours cit&#233;e exemple par les adversaires de la publicit&#233;. Peut-on rappeler que la BBC &#8212; cha&#238;ne effectivement sans publicit&#233; &#8212; a invent&#233;, diffus&#233; et commercialis&#233; dans le monde entier &#171; Le maillon faible &#187; |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb1-3&quot; name=&quot;nh1-3&quot; id=&quot;nh1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|3| &#171; The Weakest Link &#187;' &gt;3&lt;/a&gt;|, le pire des jeux t&#233;l&#233;vis&#233;s bas&#233; sur l'exclusion et l'&#233;limination de l'autre&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh1-1&quot; name=&quot;nb1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-1&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;1&lt;/a&gt;| Carte Blanche publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; du 31 janvier 2008, p&#233;tition : http://petitions.agora.eu.org/etudertbfsanspub/index.html&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh1-2&quot; name=&quot;nb1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-2&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;2&lt;/a&gt;| Ce qui ne fut jamais le cas, la redevance fut de fait transform&#233;e de taxe affect&#233;e en imp&#244;t d&#233;guis&#233;, destin&#233; &#224; financer d'autres secteurs publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh1-3&quot; name=&quot;nb1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-3&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;3&lt;/a&gt;| &#171; The Weakest Link &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<title>Temps fragment&#233;s</title>
	<link>http://politique.eu.org/archives/2008/04/668.html</link>
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	<dc:creator>Philippe Meunier</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		Notre &#233;conomie vit en permanence dans ce que l'on nomme les flux tendus : tout doit &#234;tre l&#224; dans l'imm&#233;diatet&#233;. Pour assurer cela la cha&#238;ne logistique doit organiser, comprimer, assurer, garantir. Le client exige tout et tout de suite (ce n'est pas pour rien que dans le jargon on le nomme &#171; donneur d'ordre &#187;). &lt;br /&gt;Ainsi, l'organisateur de transport met les transporteurs en concurrence pour r&#233;pondre au mieux &#224; la demande. Le transporteur essaie de r&#233;duire ses co&#251;ts (...)


		
		&lt;a href="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html" rel="directory"&gt;n&#176;54 : avril 2008&lt;/a&gt;
		
		

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre &#233;conomie vit en permanence dans ce que l'on nomme les flux tendus : tout doit &#234;tre l&#224; dans l'imm&#233;diatet&#233;. Pour assurer cela la cha&#238;ne logistique doit organiser, comprimer, assurer, garantir. Le client exige tout et tout de suite (ce n'est pas pour rien que dans le jargon on le nomme &#171; donneur d'ordre &#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, l'organisateur de transport met les transporteurs en concurrence pour r&#233;pondre au mieux &#224; la demande. Le transporteur essaie de r&#233;duire ses co&#251;ts au maximum pour emporter les march&#233;s. Au bout de la cha&#238;ne il y a le travailleur, une femme ou un homme pris de vertige : docker (son statut g&#234;ne), marin (asiatique il co&#251;te peu), pilote (jet&#233; comme un kleenex si n&#233;cessaire), chauffeur routier (de l'Est si possible).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce monde du &#171; just in time &#187; si le march&#233; est laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me c'est la jungle, le profit brut, les d&#233;g&#226;ts environnementaux, l'ins&#233;curit&#233; des conditions de circulation, les conditions de travail d&#233;grad&#233;es. Les temps de travail des chauffeurs routiers sont donc un enjeu essentiel, car la fatigue tue : des travailleurs et aussi d'autres usagers de la route. &#171; Si on ne fait pas d'heures, on ne gagne pas assez. Si on fait des heures, on devient dangereux &#187; |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb2-1&quot; name=&quot;nh2-1&quot; id=&quot;nh2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|1| R. Peigny et V. Vercheval, &#171; La route &#224; tout prix &#187;, Luc Pire, (...)' &gt;1&lt;/a&gt;|.
Du c&#244;t&#233; des entreprises de transport on se demande par contre si toutes ces r&#232;gles sont bien raisonnables. Ainsi dans une publication r&#233;cente le patronat routier europ&#233;en estime qu'aucune preuve n'a &#233;t&#233; produite pour corroborer la th&#232;se selon laquelle le fait de conduire un autocar plus de six jours d'affil&#233;e pose un danger en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; routi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un encadrement l&#233;gal fort est indispensable pour imposer des limites aux temps de conduite, rendre des temps de repos obligatoires, rendre co-responsable les donneurs d'ordre de ce qui se passe tout au long de la cha&#238;ne. L'organisation de contr&#244;le efficaces est tout aussi n&#233;cessaire.
&#171; On n'est pas des crapules. On n'est pas des tueurs. On a besoin de r&#232;glements. On a besoin de plus de contr&#244;les pour ne plus devoir travailler dans ces conditions. Il faut le dire ! &#187; |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb2-2&quot; name=&quot;nh2-2&quot; id=&quot;nh2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|2| Idem.' &gt;2&lt;/a&gt;|.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors de la crise du transport routier en septembre 2000, ce sont les patrons transporteurs qui ont cal&#233; parce que les plus faibles d'entre eux n'en pouvaient plus. Les travailleurs ont pu faire entendre leur voix gr&#226;ce &#224; l'alliance entre les syndicats et les composantes rouge et verte du gouvernement arc-en-ciel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pouvoir politique a am&#233;lior&#233; la lutte contre la concurrence sauvage sur le plan l&#233;gal et fiscal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un contr&#244;le renforc&#233; et coordonn&#233; des conditions de travail des chauffeurs a &#233;galement &#233;t&#233; mis en place. Ce n'&#233;tait sans doute pas une victoire &#233;clatante, mais tout de m&#234;me une petite musique de progr&#232;s pour les travailleurs. Un petit renfort pour eux dans un rapport des forces peu favorable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais on dirait bien que c'est fini.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le projet de loi sp&#233;ciale transf&#233;rant de nouvelles comp&#233;tences aux R&#233;gions, il y a cinq petits mots : &#171; temps de conduite et de repos &#187;. Fini les contr&#244;les coordonn&#233;s, bonjour la fragmentation des forces.
Un morceau du temps de travail vient d'&#234;tre r&#233;gionalis&#233; dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale des partis progressistes. Pire c'est une initiative du SP.A. On l'a connu mieux inspir&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cinq petits mots qui vont peser lourd demain dans le quotidien des chauffeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et apr&#232;s-demain pour tous les autres travailleurs au train ou va la mise en concurrence des territoires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh2-1&quot; name=&quot;nb2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-1&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;1&lt;/a&gt;| R. Peigny et V. Vercheval, &#171; La route &#224; tout prix &#187;, Luc Pire, 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh2-2&quot; name=&quot;nb2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-2&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;2&lt;/a&gt;| &lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<title>&#171; Arr&#234;tez le monde, je veux descendre... &#187;</title>
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	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		En finira-t-on jamais avec Mai 68 ? Quarante ans apr&#232;s, on n'a toujours pas cess&#233; de d&#233;noncer ses effets. L'aveu est de taille et souligne paradoxalement l'ampleur et l'intensit&#233; de l'&#233;v&#233;nement. Il faut certes relativiser. Dans l'apr&#232;s-guerre, la port&#233;e de Mai n'est certes pas comparable &#224; ce que fut la d&#233;colonisation, ni la chute du syst&#232;me communiste. Soixante-huit ne se r&#233;duit toutefois pas &#224; un coup de tonnerre dans un ciel calme, ni circonscrit (...)


		
		&lt;a href="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html" rel="directory"&gt;n&#176;54 : avril 2008&lt;/a&gt;
		
		

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En finira-t-on jamais avec Mai 68 ? Quarante ans apr&#232;s, on n'a toujours pas cess&#233; de d&#233;noncer ses effets. L'aveu est de taille et souligne paradoxalement l'ampleur et l'intensit&#233; de l'&#233;v&#233;nement. Il faut certes relativiser. Dans l'apr&#232;s-guerre, la port&#233;e de Mai n'est certes pas comparable &#224; ce que fut la d&#233;colonisation, ni la chute du syst&#232;me communiste. Soixante-huit ne se r&#233;duit toutefois pas &#224; un coup de tonnerre dans un ciel calme, ni circonscrit &#224; l'Europe et encore moins &#224; la France, mais constitue le pic de deux d&#233;cennies d'insubordination sociale qui embras&#232;rent les continents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi faire la fine bouche ? M&#234;me si par rapport &#224; la France voisine, Mai n'a rev&#234;tu en Belgique qu'une port&#233;e r&#233;duite, elle n'en fut pas moins importante et marqua une g&#233;n&#233;ration. Il ne s'agit pas ici de comm&#233;morer, c'est-&#224;-dire d'enterrer l'&#233;v&#233;nement, ou d'en faire l'histoire. Mais de tenter de rep&#233;rer les traces de Mai dans la soci&#233;t&#233; belge d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michelle Zancarini-Fournel&lt;/strong&gt; qui, dans son livre, restitue &#171; &lt;i&gt;l'histoire contest&#233;e&lt;/i&gt; &#187; du &#171; &lt;i&gt;moment 68&lt;/i&gt; &#187;, et &lt;strong&gt;Jean-Pierre Le Goff&lt;/strong&gt; qui, dans &lt;i&gt;Mai 68 - L'h&#233;ritage impossible&lt;/i&gt; en avait dress&#233; les impasses, nous livrent, de mani&#232;re contrast&#233;e, en ouverture du dossier, un aper&#231;u de l'empreinte laiss&#233;e par Mai et des enjeux li&#233;s &#224; ses interpr&#233;tations dans les d&#233;bats &#171; comm&#233;moratifs &#187;. &lt;strong&gt;Isabelle Stengers&lt;/strong&gt; d&#233;busque dans 68 ce qui pourrait forcer &#224; penser et pas seulement &#224; se souvenir. Alors, sugg&#232;re-t-elle, dans une interpr&#233;tation aussi stimulante que risqu&#233;e de l'&#233;v&#233;nement, ce qui a fait peur aux bien pensants et continuera peut-&#234;tre &#224; leur faire toujours peur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le volet plus sp&#233;cifiquement belge du dossier reprend d'abord une pr&#233;sentation, par &lt;strong&gt;Mateo Alaluf&lt;/strong&gt;, de ce que fut Mai en Belgique. Ensuite, &lt;strong&gt;Paul Goossens&lt;/strong&gt;, qui fut un de ses principaux acteurs, rend compte des &#233;v&#233;nements de Louvain comme la r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de 68. Il y voit aussi le commencement de la fin de l'&#201;tat belge. &lt;strong&gt;Marc Abramowicz&lt;/strong&gt;, &#224; travers ses souvenirs de &#171; militant de la vie quotidienne &#187; fait le bilan de la r&#233;volution sexuelle confront&#233;e &#224; pr&#233;sent &#224; des formes de restauration morale et au lib&#233;ralisme. Pour &lt;strong&gt;Marcelle Stroobants&lt;/strong&gt;, les r&#233;formes universitaires mises par la suite au service de la performance et jug&#233;es aux normes de la comp&#233;tence, ont chang&#233; de sens et donn&#233; par la suite naissance &#224; une &#171; p&#233;dagogie d&#233;mat&#233;rialis&#233;e &#187;. &lt;strong&gt;Hugues Le Paige&lt;/strong&gt;, en rendant compte du mouvement dans les milieux culturels, met en &#233;vidence les bouleversements de l'information dont la radio-t&#233;l&#233;vision de service public (RTB) a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre. Contrairement &#224; la France, 1968 fut paradoxalement en Belgique une ann&#233;e sans conflits sociaux. C'est donc le Mai ouvrier d'apr&#232;s 68 que nous fait d&#233;couvrir &lt;strong&gt;Rik Hemmerijckx&lt;/strong&gt;. Les gr&#232;ves ouvri&#232;res d'avant comme d'apr&#232;s 68 furent aussi celles des femmes. La gr&#232;ve des femmes de la FN de Herstal en 1966, par sa revendication &#171; &#224; travail &#233;gal salaire &#233;gal &#187; &#233;tait sans doute celle qui pr&#233;figurait le mieux l'apr&#232;s 68. Si les ouvriers furent cependant absents dans les journ&#233;es de Mai, les femmes furent, elles, invisibles. &lt;strong&gt;Ir&#232;ne Kaufer&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Anne-Fran&#231;oise Theunissen&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Sophie Stoffel&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Aur&#233;lie Dufour&lt;/strong&gt; d&#233;gagent, dans leur contribution &#224; ce dossier, les effets dans la vie des jeunes d'aujourd'hui de la r&#233;volution sexuelle et du f&#233;minisme. Enfin, pour clore le dossier, &lt;strong&gt;Bruno Fr&#232;re&lt;/strong&gt; revient sur l'interpr&#233;tation du &#171; moment 68 &#187; : l'h&#233;ritage qu'il retient de l'&#233;lan libertaire est pr&#233;cis&#233;ment, &#224; l'oppos&#233; de ses interpr&#233;tations libertariennes, celui qui force l'intrusion du politique dans l'&#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;nigrement de Mai ne per&#231;oit plus aujourd'hui dans le mouvement qu'une r&#233;volte de &#171; fils &#224; papa &#187;, responsable de la &#171; perte des valeurs &#187; et la suppose r&#233;cup&#233;r&#233;e par le n&#233;olib&#233;ralisme. &#192; l'oppos&#233;, sa c&#233;l&#233;bration met en avant l'&#233;pop&#233;e que fut la r&#233;volte de la jeunesse, les gr&#232;ves ouvri&#232;res et les bouleversements culturels ainsi que des pratiques politiques in&#233;dites, pourtant rarement &#233;voqu&#233;es par la suite. &#192; Bruxelles, sous l'impulsion de Marcel Liebman, la revue &lt;i&gt;Mai&lt;/i&gt;, qui para&#238;tra de 1968 &#224; 1973, explorera pr&#233;cis&#233;ment le paradoxe politique du mouvement. Alors qu'il fut un grand &#233;v&#233;nement politique Mai souffrait, selon l'&#233;ditorial du premier num&#233;ro de la revue, &#171; &lt;i&gt;d'un manque de politisation&lt;/i&gt; &#187;. En ce sens, pour le groupe de la revue, Mai 68 &#233;tait surtout un d&#233;fi pour la gauche. La le&#231;on de Mai r&#233;sidait selon eux dans le fait que &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas d'un exc&#232;s mais d'un manque de politique que souffre la gauche&lt;/i&gt; &#187;. Quelques 30 ans plus tard, la revue &lt;i&gt;Politique&lt;/i&gt; reprendra au fond, jusqu'&#224; son intitul&#233;, ce m&#234;me projet entam&#233; par &lt;i&gt;Mai&lt;/i&gt;. La politisation qui, selon la d&#233;finition de &lt;i&gt;Mai&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;n'est rien d'autre que la perception globale des ph&#233;nom&#232;nes sociaux et l'action que cette perception engendre&lt;/i&gt; &#187; |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb3-1&quot; name=&quot;nh3-1&quot; id=&quot;nh3-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|1| Mai, n&#176; 1, d&#233;cembre 1968. L&amp;#39;&#233;ditorial dont sont extraites les (...)' &gt;1&lt;/a&gt;| . Ce n'est assur&#233;ment pas un hasard si quatre membres de la r&#233;daction actuelle de Politique figuraient d&#233;j&#224;, il y a 40 ans, parmi ceux qui avaient cr&#233;&#233; la revue &lt;i&gt;Mai&lt;/i&gt;. Si bien que &lt;i&gt;Politique&lt;/i&gt; est aujourd'hui une trace, parmi d'autres, de 68.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce&lt;/i&gt; Th&#232;me &lt;i&gt;a &#233;t&#233; coordonn&#233; par Mateo Alaluf&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh3-1&quot; name=&quot;nb3-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-1&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;1&lt;/a&gt;| &lt;i&gt;Mai&lt;/i&gt;, n&#176; 1, d&#233;cembre 1968. L'&#233;ditorial dont sont extraites les citations avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Marcel Liebman.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<title>Leterme Ier, l'art de ne pas choisir</title>
	<link>http://politique.eu.org/archives/2008/04/672.html</link>
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	<dc:date>2008-04-23T13:13:32Z</dc:date>
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	<dc:language>fr</dc:language>
	<dc:creator>Henri Goldman</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		Que peut-on esp&#233;rer d'un gouvernement qui associe ceux qui veulent profond&#233;ment r&#233;former l'&#201;tat et ceux qui n'y tiennent pas, ceux qu'obs&#232;de la date-butoir du 15 juillet et ceux qui s'en moquent, ceux qui ne voulaient &#224; aucun prix du PS et ceux qui l'ont fait rentrer&#8230; ? &lt;br /&gt;Rappelons ce truisme : la d&#233;mocratie, c'est choisir. &lt;br /&gt;En suivant de pr&#232;s les p&#233;rip&#233;ties politiques qui s&#233;parent les &#233;lections du 10 juin 2007 de la constitution du gouvernement (...)


		
		&lt;a href="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html" rel="directory"&gt;n&#176;54 : avril 2008&lt;/a&gt;
		
		

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que peut-on esp&#233;rer d'un gouvernement qui associe ceux qui veulent profond&#233;ment r&#233;former l'&#201;tat et ceux qui n'y tiennent pas, ceux qu'obs&#232;de la date-butoir du 15 juillet et ceux qui s'en moquent, ceux qui ne voulaient &#224; aucun prix du PS et ceux qui l'ont fait rentrer&#8230; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rappelons ce truisme : la d&#233;mocratie, c'est choisir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En suivant de pr&#232;s les p&#233;rip&#233;ties politiques qui s&#233;parent les &#233;lections du 10 juin 2007 de la constitution du gouvernement Leterme Ier en passant par l'&#233;pisode &#171; Orange bleue &#187; et le dernier int&#233;rim de Ver-hofstadt, il doit &#234;tre possible de d&#233;nouer les logiques contradictoires &#224; l'&#339;uvre qui ont fait de cette curieuse pentapartite la seule coalition provisoirement praticable. Nous laisserons cet exercice &#224; d'autres. Question d'hygi&#232;ne mentale. &#192; partir d'un certain degr&#233; d'absurdit&#233;, on n'a plus envie d'entendre les raisonnements savants capables de nous expliquer pourquoi il neigera au mois d'ao&#251;t. Pour reprendre ses esprits, il faut lever le nez du guidon et en revenir &#224; quelques fondamentaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour former un gouvernement f&#233;d&#233;ral en Belgique, on peut raisonner de deux fa&#231;ons. La plus logique, dans le cadre d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral bicommunautaire qui ne compte plus de partis nationaux, eut &#233;t&#233; de faire gouverner ensemble les majorit&#233;s, &#233;ventuellement diff&#233;rentes, qui peuvent se constituer au nord et au sud. C'est le mod&#232;le europ&#233;en dont on dit souvent que la Belgique est la m&#233;taphore. En Europe, des &#201;tats dirig&#233;s par des gouvernements de gauche, de droite ou du centre doivent trouver le moyen de s'accorder sur l'orientation &#224; donner &#224; la construction politique qui les englobe. Ce n'est pas facile, mais cahin-caha &#231;a fonctionne. Mais pour d'obscures raisons, c'est une autre logique qui pr&#233;vaut en Belgique. Paradoxalement, quand il s'agit de constituer un gouvernement f&#233;d&#233;ral, on voit se reconstituer des &#171; familles &#187;, substituts improbables de partis nationaux dont pourtant plus personne ne veut mais dont l'arithm&#233;tique comparative d&#233;termine les &#233;quilibres et, notamment, le choix du Premier ministre. C'est ainsi que le CDH s'&#233;tait retrouv&#233; embringu&#233; dans l'Orange bleue avec les lib&#233;raux et son &#171; grand fr&#232;re &#187; flamand du CD&amp;V, ce qui n'avait pas l'air de l'enchanter sp&#233;cialement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce cadre finalement tr&#232;s unitaire, le r&#233;sultat des &#233;lections du 10 juin &#233;tait sans &#233;quivoque. Tandis qu'en Communaut&#233; fran&#231;aise, le rapport de force gauche-droite &#233;tait rest&#233; stable (&#201;colo ayant progress&#233; dans la m&#234;me mesure que le PS reculait), la gauche s'effondrait en Flandre. Dans de telles conditions, en saine logique d&#233;mocratique, elle devait prendre acte du reflux et abandonner l'exercice du pouvoir &#224; un centre-droit l&#233;gitim&#233; par les &#233;lecteurs. D'o&#249; l'Orange bleue qu'on pouvait discuter pour son programme mais pas dans son principe. Quant &#224; la r&#233;forme des institutions, le sens de l'&#201;tat commandait d'en faire un enjeu distinct de la constitution de la majorit&#233; gouvernementale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; des &#233;cologistes, vainqueurs en deuxi&#232;me ligne des &#233;lections, qui ont rapidement d&#233;fini des conditions claires pour une &#233;ventuelle participation et qui s'y sont tenus, il faut saluer l'attitude digne du SP.A dans la d&#233;faite. Par contre, on ne comprend pas celle du PS, qui n'avait pas moins de raisons que son alter ego du nord de s'offrir une cure d'opposition (opposition toute relative puisque les socialistes francophones auraient conserv&#233; la direction des ex&#233;cutifs wallon, bruxellois et de la Communaut&#233; fran&#231;aise). L'opposition n'est pas toujours un pis-aller pour un parti politique. C'est m&#234;me, &#233;pisodiquement, une n&#233;cessit&#233;, et peut-&#234;tre est-ce le cas aujourd'hui pour les socialistes dont la r&#233;novation n'en finit pas de conna&#238;tre des rat&#233;s. Aujourd'hui, commentant la d&#233;claration gouvernementale, ceux-ci crient victoire &#224; propos de telle ou telle d&#233;claration d'intention, comme si le rapport de force leur &#233;tait aussi favorable sous Leterme que sous Verhofstadt. Mais il y a un moment o&#249; l'habituelle argutie du &#171; sans nous ce serait encore pire &#187; ne convainc plus personne. Et, en particulier, la FGTB et le Mouvement ouvrier chr&#233;tien, soutiens critiques traditionnels des socialistes, n'ont pas vraiment l'air d'&#234;tre convaincus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De deux choses l'une. Soit ce gouvernement est fait pour durer, et la crise de confiance entre le mouvement populaire et les partis politiques qui s'en r&#233;clament ne fera que cro&#238;tre. Soit ses jours sont compt&#233;s, il est destin&#233; &#224; capoter en juillet 2008 ou, dernier d&#233;lai, au printemps 2009, et la crise de confiance s'&#233;tendra &#224; toute la population &#224; l'&#233;gard d'une &#171; classe politique &#187; traditionnelle &#224; l'incapacit&#233; av&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus que jamais, on a besoin de clart&#233;. La distinction basique entre gauche et droite est peut-&#234;tre simplificatrice, mais elle a surtout le grand avantage de rendre les affinit&#233;s intelligibles. &#192; force d'entendre, &#224; chaque rendez-vous &#233;lectoral, que toutes les coalitions sont possibles, qu'on va au scrutin les mains libres et qu'on est ouverts &#224; toute proposition d'o&#249; qu'elle vienne, plus personne n'est en mesure de savoir &#224; quoi l'engage son vote. Comme l'a d&#233;clar&#233; la jeune pr&#233;sidente du SP.A, reprise par le pr&#233;sident du Moc en cl&#244;ture de la Semaine sociale, une coalition progressiste, de centre-gauche, est aujourd'hui math&#233;matiquement possible en Belgique. Je ne suis pas s&#251;r qu'une telle coalition r&#233;pondrait &#224; toutes les attentes, mais elle aurait au moins une vertu : celle de rendre la politique plus lisible et de faire baisser le niveau du d&#233;senchantement d&#233;mocratique, qui est en ce moment au z&#233;nith.
Donner du sens &#224; la politique, c'est un acte de salut public. Si, &#224; force de se perdre dans de petits calculs opaques, les partis classiques n'en sont plus capables, ce sera aux associations, aux syndicats et aux initiatives citoyennes de s'en charger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8 avril 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		
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	<title>Double langage</title>
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	<dc:creator>Mateo Alaluf</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		DOUBLE LANGAGE : Expression qui vise &#224; disqualifier l'interlocuteur. Elle repose sur une pr&#233;misse (le langage est univoque) et sur un soup&#231;on (les mots cachent une intention oppos&#233;e). La rh&#233;torique des &#171; insiders &#187; (&#233;tablis) pour disqualifier les &#171; outsiders &#187; (pr&#233;tendants) se construit, selon Norbert Elias, autour de cette suspicion. La social-d&#233;mocratie a ainsi &#233;t&#233; suspect&#233;e de double langage : d'un c&#244;t&#233; celui tenu aux ouvriers et de l'autre dans les c&#233;nacles du pouvoir. (...)


		
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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DOUBLE LANGAGE : Expression qui vise &#224; disqualifier l'interlocuteur&lt;/strong&gt;. Elle repose sur une pr&#233;misse (le langage est univoque) et sur un soup&#231;on (les mots cachent une intention oppos&#233;e). La rh&#233;torique des &#171; insiders &#187; (&#233;tablis) pour disqualifier les &#171; outsiders &#187; (pr&#233;tendants) se construit, selon Norbert Elias, autour de cette suspicion. La social-d&#233;mocratie a ainsi &#233;t&#233; suspect&#233;e de &lt;strong&gt;double langage&lt;/strong&gt; : d'un c&#244;t&#233; celui tenu aux ouvriers et de l'autre dans les c&#233;nacles du pouvoir. Dans l'imaginaire d'extr&#234;me droite, les francs-ma&#231;ons et les Juifs ont &#233;t&#233; l'incarnation par excellence du &lt;strong&gt;double langage&lt;/strong&gt;. Irr&#233;prochables en public, ils &#233;taient soup&#231;onn&#233;s de commettre les pires vilenies lorsqu'ils &#233;taient entre eux. L'expression se r&#233;v&#232;le d'autant plus efficace qu'elle se suffit &#224; elle-m&#234;me. Le seul soup&#231;on la rend irr&#233;futable. Irr&#233;m&#233;diablement, l'accusation de &lt;strong&gt;double langage&lt;/strong&gt; entra&#238;ne la diabolisation de ceux qui sont suppos&#233;s le tenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, Tariq Ramadan, pour avoir cit&#233; les noms d'intellectuels juifs&lt;/strong&gt; adoptant, selon lui, des comportements communautaristes, s'est vu accus&#233; d'user de &#171; &lt;i&gt;m&#233;thodes de sinistre m&#233;moire en dressant une liste d'intellectuels juifs fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187; et s'est fait taxer, excusez du peu, d'antis&#233;mite. Des propos semblables concernant des intellectuels musulmans, arm&#233;niens ou autres n'ont pourtant pas entra&#238;n&#233; pareil opprobre. Personne ne trouverait scandaleux, mais tout au plus sans int&#233;r&#234;t, de s'interroger par exemple sur le r&#244;le des intellectuels juifs par rapport &#224; Mai 68, pour autant que la proposition n'&#233;mane pas de Ramadan. L'&#233;tablissement de statistiques ethniques suscite d'&#226;pres discussions. On ne fustige pas pour autant ses partisans d'antis&#233;mitisme ou de racisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est vrai que Ramadan focalise actuellement les accusations de double langage&lt;/strong&gt;. Pourtant, en dehors du fait qu'il est musulman, croyant, fid&#232;le au texte du Coran qu'il se propose de contextualiser, on ne voit pas bien ce qui lui vaut sa diabolisation. Alors qu'il tient un langage parfaitement acceptable lorsqu'il s'adresse &#224; nous, il est suspect&#233; de tenir un discours tout diff&#233;rent lorsqu'il s'adresse aux siens, qui plus est en arabe. Nous voil&#224; ramen&#233;s &#224; la partition entre &#171; eux &#187; et &#171; nous &#187;. Alors qu'ils nous tranquillisent par un langage &#224; dormir debout, ils pr&#233;parent en r&#233;alit&#233;, entre eux, clandestinement notre an&#233;antissement. Les Juifs, dans l'entre-deux-guerres, assimil&#233;s par les antis&#233;mites &#224; des jud&#233;o-bolcheviques n'&#233;taient pas d&#233;sign&#233;s autrement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis que la guerre suppos&#233;e des civilisations a perturb&#233; les esprits&lt;/strong&gt;, l'assimilation du terrorisme &#224; l'islamisme et de l'islamisme &#224; l'islam a confondu cette croyance &#224; une culture r&#233;trograde, sinon barbare. D&#232;s lors, comme pour les &#171; insiders &#187; et &#171; outsiders &#187;, toute personne r&#233;duite &#224; son appartenance &#224; l'islam se trouve stigmatis&#233;e et per&#231;ue comme mena&#231;ante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les pratiques culturelles et religieuses des autres ne peuvent donc &#234;tre tol&#233;r&#233;es en raison du danger qu'elles repr&#233;sentent. C'est pourquoi le rejet du relativisme, consid&#233;r&#233; comme matrice du pluriculturalisme, revient &#224; l'avant-plan. Les &#171; autres &#187; (musulmans en l'occurrence) sont somm&#233;s de devenir comme &#171; nous &#187;. Nos traditions europ&#233;ennes, jud&#233;o-chr&#233;tiennes et la&#239;ques doivent en cons&#233;quence nous prot&#233;ger contre l'Orient. Voil&#224; o&#249;, pas &#224; pas, nous entra&#238;ne le phantasme du &lt;strong&gt;double langage&lt;/strong&gt; qui demeure l'attribut des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		
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	<title>Les malheurs de Roger</title>
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	<dc:language>fr</dc:language>
	<dc:creator>Ir&#232;ne Kaufer</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		&#171; Ah, encore un dossier sur Mai 68 ! Encore un bilan de ses &#171; d&#233;rives &#187;, ses &#171; exc&#232;s &#187;, ses &#171; impasses &#187;&#8230; Au nom du f&#233;minisme, permettez-moi au contraire de lui rendre un hommage vibrant, car si quelque chose en est rest&#233; de pr&#233;cieux, c'est bien le bouleversement de la vie des femmes, qu'elles soient f&#233;ministes ou non. &lt;br /&gt;Justement, je viens de terminer le bouquin de Jean-Pierre Le Goff, indispensable sur le sujet, para&#238;t-il. Eh bien, on ne peut pas dire qu'il partage ton (...)


		
		&lt;a href="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html" rel="directory"&gt;n&#176;54 : avril 2008&lt;/a&gt;
		
		

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ah, encore un dossier sur Mai 68 ! Encore un bilan de ses &#171; d&#233;rives &#187;, ses &#171; exc&#232;s &#187;, ses &#171; impasses &#187;&#8230; Au nom du f&#233;minisme, permettez-moi au contraire de lui rendre un hommage vibrant, car si quelque chose en est rest&#233; de pr&#233;cieux, c'est bien le bouleversement de la vie des femmes, qu'elles soient f&#233;ministes ou non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Justement, je viens de terminer le bouquin de Jean-Pierre Le Goff, indispensable sur le sujet, para&#238;t-il |&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nb4-1&quot; name=&quot;nh4-1&quot; id=&quot;nh4-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|1| Toutes les citations sont extraites du livre de Jean-Pierre Le Goff, (...)' &gt;1&lt;/a&gt;|. Eh bien, on ne peut pas dire qu'il partage ton avis. Rien que les intertitres des deux chapitres consacr&#233;s &#224; la r&#233;volte des femmes, c'est d&#233;j&#224; tout un programme : &lt;i&gt;Le fantasme de la toute puissance&lt;/i&gt;. Le sexisme inverse. Ou pire : Le &#171; crime parfait ? &#187; o&#249; il raconte, avec force d&#233;tails, le meurtre d'un b&#233;b&#233; mongolien au nom de la revendication &#224; l'autonomie individuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Il pr&#233;cise que &#171; ce cas extr&#234;me est loin d'&#234;tre repr&#233;sentatif &#187;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &#8230; mais il y consacre tout de m&#234;me deux pages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Mais Le Goff n'est pas plus tendre ou complaisant avec les autres aspects de Mai&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Certes, et on ne peut lui reprocher de bonne foi ni son regard critique, ni m&#234;me sa s&#233;v&#233;rit&#233;. Par contre, ce qui est navrant &#8212; mais tellement habituel, h&#233;las ! &#8212; c'est ce regard masculin qui ne s'assume pas comme tel, mais se pr&#233;tend universel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Euh, oui, mais encore...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Eh bien, il faut lire l'histoire d'un certain Roger, qui serait typique des &#171; &lt;i&gt;d&#233;boires des militants amoureux de f&#233;ministes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; On fr&#233;mit d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Roger quitte femme et enfants pour cohabiter avec Anne, &lt;i&gt;&#171; malgr&#233; les r&#233;ticences de cette derni&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; qui commence bien : elle ne veut pas, il s'installe, et on nous demande de compatir &#224; ses malheurs &#224; lui. &lt;i&gt;&#171; La r&#233;&#233;ducation de Roger est difficile. Il passe l'aspirateur et fait la vaisselle &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &#8230; on sent une mont&#233;e d'indignation chez les m&#226;les&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;&#171; Cela ne peut suffire. Devant les r&#233;criminations incessantes de Anne, il finit tout simplement par proposer de manger au restaurant et de prendre une femme de m&#233;nage &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Ah les hommes, quel esprit pratique ! Bizarre que les femmes n'y aient jamais song&#233;, au lieu de r&#226;ler sur l'injuste partage des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Commentaire de sa compagne : &lt;i&gt;&#171; Il renvoie la solution du probl&#232;me ailleurs &#187;&lt;/i&gt;. Ben oui&#8230; sur une autre femme, justement&#8230; Passons sur ses probl&#232;mes au lit. L'effet d&#233;virilisant de l'aspirateur, peut-&#234;tre&#8230; ? Mais il y a pire. Le malheureux assiste, &lt;i&gt;&#171; recroquevill&#233; dans un coin &#187;&lt;/i&gt;, &#224; des r&#233;unions o&#249; il est d&#233;cid&#233; d'exclure les hommes, dont lui, dont les efforts sont si mal r&#233;compens&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Il est &#233;vident que jamais, une femme n'a &#233;t&#233; exclue d'une r&#233;union de m&#226;les. On est en pleine trag&#233;die. Encore un peu et il devait apporter du caf&#233; &#224; ces enrag&#233;es !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;&#171; Anne passe d&#233;sormais son temps avec ses copines et d&#233;laisse Roger&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Jamais un homme ne ferait une chose pareille, passer du temps avec ses copains en d&#233;laissant sa femme. Enfin, Anne tombera amoureuse d'une autre femme et abandonnera Roger pour de bon. Ecrasons une larme. On aurait aim&#233; conna&#238;tre la suite, mais &#171; &lt;i&gt;on ne saura pas ce qu'il est advenu de Roger&#8230; compagnon &#233;ph&#233;m&#232;re d'une f&#233;ministe qui est all&#233;e jusqu'au bout&lt;/i&gt; &#187;. On ne saura pas davantage, du moins dans le bouquin, ce qu'il est advenu d'Anne&#8230; mais qui cela int&#233;resse-t-il ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; Pour clore l'exercice, il suffit de remplacer Roger par R&#233;gine et Anne par Anatole. Et on aurait l&#224; le r&#233;sum&#233; h&#233;las si banal de la vie de tant de femmes&#8230;. dont si peu d'hommes trouvent &#224; s'indigner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://politique.eu.org/#nh4-1&quot; name=&quot;nb4-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-1&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;1&lt;/a&gt;| Toutes les citations sont extraites du livre de Jean-Pierre Le Goff, &lt;i&gt;Mai 68, l'h&#233;ritage impossible&lt;/i&gt;, chapitres 19 et 20.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<title>R&#233;flexions critiques sur l'information</title>
	<link>http://politique.eu.org/archives/2008/04/675.html</link>
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	<dc:date>2008-04-23T13:12:36Z</dc:date>
	<dc:format>text/html</dc:format>
	<dc:language>fr</dc:language>
	<dc:creator>Henri Mordant</dc:creator>
	
	<category domain="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html">n&#176;54 : avril 2008</category>
	
	

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		Pour l'importance de l'information dans nos soci&#233;t&#233;s, on pourrait r&#233;unir en anthologie une masse d&#233;j&#224; impressionnante de textes et de citations, philosophes, sociologues, &#233;conomistes, de langues et d'orientations diverses y apporteraient leur tribut. &lt;br /&gt;Pour beaucoup, l'information est un facteur d&#233;cisif de l'&#233;volution. Elle porte les espoirs d'une &#233;ducation permanente, d'une &#233;l&#233;vation individuelle et collective de la compr&#233;hension, de la conscience. (...)


		
		&lt;a href="http://politique.eu.org/archives/2008/04/index.html" rel="directory"&gt;n&#176;54 : avril 2008&lt;/a&gt;
		
		

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour l'importance de l'information dans nos soci&#233;t&#233;s, on pourrait r&#233;unir en anthologie une masse d&#233;j&#224; impressionnante de textes et de citations, philosophes, sociologues, &#233;conomistes, de langues et d'orientations diverses y apporteraient leur tribut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour beaucoup, l'information est un facteur d&#233;cisif de l'&#233;volution. Elle porte les espoirs d'une &#233;ducation permanente, d'une &#233;l&#233;vation individuelle et collective de la compr&#233;hension, de la conscience. Elle repr&#233;sente, pour les tenants de la d&#233;mocratie, une chance d'accomplissement de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme personne ne met en doute la place que prennent la radio et t&#233;l&#233;vision dans le domaine de l'information, il semblerait admis qu'une responsabilit&#233; r&#233;elle s'attache &#224; l'exercice de nos activit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du bon ou du mauvais usage de l'information, en radio et en t&#233;l&#233;vision, d&#233;coule un retentissement d'ordre humain et politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Affirmer cela, c'est prof&#233;rer des banalit&#233;s, r&#233;p&#233;ter des truismes, en apparence Nul ne contesterait, &#224; la R.T.B., que la R.T.B. ait une mission &#224; remplir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut se demander toutefois si l'unanimit&#233; sur ce point n'est pas superficielle, si la R.T.B s'efforce effectivement de remplir la mission qu'elle se reconna&#238;t, et dans quelle mesure elle y parvient. Juger des intentions par la pratique, un certain doute pr&#233;vaudrait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, une information consciente de son r&#244;le voudrait d&#233;finir sa finalit&#233;, pr&#233;ciser ses objectifs, &#233;tablir des priorit&#233;s, et &#224; d&#233;faut d'aboutir &#224; une programmation ou m&#234;me &#224; un style de programmation, voudrait &#224; tout le moins mener une r&#233;flexion cons&#233;quente sur ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une information consciente de son r&#244;le, attentive &#224; ses propres difficult&#233;s, rechercherait une harmonisation, une compl&#233;mentarit&#233;, une efficacit&#233; maximale de ses diff&#233;rents moyens d'expression. Pour ne prendre qu'un des param&#232;tres les plus simples : il conviendrait de s'interroger sur ce qu'il est souhaitable et possible de traiter dans l'information quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, et sur l'articulation de ces niveaux entre eux. Nous pensons que les ventilations actuelles sont moins fonctionnelles que hasardeuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une information attentive &#224; ses difficult&#233;s propres aurait un souci scrupuleux de l'&#233;tat de ses travailleurs. Leur niveau de sp&#233;cialisation, leurs go&#251;ts, leur bien-&#234;tre psychologique, leur motivation et leur tonus doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s avec beaucoup de respect. Car c'est le capital essentiel d'un d&#233;partement d'information, et l&#224; se trouve aussi le passage oblig&#233; de son action. A cet &#233;gard, sous estimons que la R.T.B. est encore loin du compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous proposons de d&#233;velopper sch&#233;matiquement, dans les pages qui suivent, les critiques que nous venons d'&#233;noncer, touchant l'insuffisance du management.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'insuffisance de la programmation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chose curieuse, paradoxale, il semble qu'une question essentielle en mati&#232;re d'information ne soit que rarement pos&#233;e : de quoi informe-t-on et pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque jour cependant, chaque semaine, chaque mois, des s&#233;lections s'op&#232;rent, des crit&#232;res jouent. Lesquels ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On serait bien en peine de r&#233;pondre pr&#233;cis&#233;ment &#224; la question. Ces crit&#232;res ne sont pas explicites, ils ne sont pas r&#233;fl&#233;chis, ils ne sont pas discut&#233;s. Mais on peut constater empiriquement l'effet des influences suivantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;A/ L'information suit un certain nombre de conventions et de traditions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quotidiennement on informera sur l'actualit&#233; disons accr&#233;dit&#233;e, qui comprend les p&#233;rip&#233;ties politiques, manifestions officielles ou recommand&#233;es, fait-divers, catastrophes, r&#233;sultats sportifs, plus quelques amusement. L'information au niveau quotidien, sera plus port&#233;e &#224; la mention qu'&#224; l'explication ; ce qui permet d'exp&#233;dier bon nombre d'obligations. Elle sera plus passive qu'active. Enregistre en fonction de ses canaux de renseignements habituels. Donne un relief assez faible aux &#233;v&#232;nements relat&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En t&#233;l&#233;vision, selon le pr&#233;cepte admis que la t&#233;l&#233;vision c'est l'image, l'information subit une contingence suppl&#233;mentaire. L'image la plus morne, la plus insignifiante, la plus rab&#226;ch&#233;e, gardera souvent ses titres de noblesse : descentes d'avion, serrements de mains, coupages de ruban, visites diverses, diverses assembl&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement tout un pan de r&#233;alit&#233; &#233;chappe &#224; l'information quotidienne. Les r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et sociales sont n&#233;glig&#233;es, malgr&#233; qu'une &#233;volution s'&#233;bauche &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce qui &#233;chappe encore davantage, ce sont les ph&#233;nom&#232;nes continus. Dans la mesure o&#249; ils ne pr&#233;sentent ni fi&#232;vres, ni pointes, ils ne rel&#232;vent pas de l'information quotidienne, laquelle se pr&#233;occupe des &#233;v&#232;nements ou de ce qu'il est convenu d'appeler ainsi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois l'observation ne vaut pas uniquement pour l'information quotidienne. A vrai dire ; l'hebdomadaire et le mensuel ne proc&#232;dent gu&#232;re diff&#233;remment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;B/ L'information suit la connaissance de l'observateur&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par sa pratique m&#234;me, le journaliste conna&#238;t relativement mieux la politiques &#233;v&#233;nementielle que d'autres aspects de la r&#233;alit&#233;, et il conna&#238;t mieux la conjoncture (d&#233;p&#234;ches et journaux la lui enseignent) que le contexte et l'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son expos&#233; sera conditionn&#233; par ses connaissances. Il valorisera spontan&#233;ment ce dans quoi il se sent &#224; l'aise. Il aura tendance &#224; faire co&#239;ncider les int&#233;r&#234;ts du public avec ses propres aptitudes et ses choix. &#171; C'est ennuyeux, les gens se foutent de &#231;a &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi l'op&#233;rateur lui-m&#234;me renforce le courant d'habitudes et de traditions qui traces la voie ordinaire de l'information. Il s'insurgera seulement pour en prendre vite son parti, contre les impos&#233;s, les servitudes, (inaugurations, comm&#233;morations, assembl&#233;es) parce que cela aussi, c'est tr&#232;s ennuyeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci est particuli&#232;rement vrai pour l'information quotidienne, o&#249; le temps manque quotidiennement pour &#171; se retourner &#187;, pour s'instruire il faut bien faire face avec les moyens mobilisables dans un d&#233;lai tr&#232;s court, les moyens du bord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la situation n'est pas tr&#232;s diff&#233;rente au niveau de l'hebdomadaire et du mensuel. L&#224; aussi le journaliste et sa hi&#233;rarchie gardent leur syst&#232;me de pr&#233;f&#233;rences et de pr&#233;f&#233;rences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'inertie p&#232;se sur l'information des informateurs. Ce qui est facile &#224; comprendre, &#224; assimiler, aura l'avantage sur ce qui demande un &#233;tude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle p&#232;se tout autant sur leur expression. Ce qu'il est facile d'exprimer, de faire comprendre, retiendra les faveurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;C/ L'information recherche le succ&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'aspiration au succ&#232;s se manifeste surtout au niveau de l'information hebdomadaire ou mensuelle, mois astreinte aux exigences de l'actualit&#233; donc plus libre de ses mati&#232;res. Le succ&#232;s n'est &#233;videmment pas une notion &#224; combattre. C'est une notion &#224; pr&#233;ciser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne peut s'agir, &#224; la R.T.B., de succ&#232;s commercial. Le probl&#232;me pour nous n'est pas de vendre. Nous disposerions l&#224; d'une norme &#224; quoi nous reporter. Elle sanctionnerait notre action bien mieux que les sondages. Elle nous apprendrait probablement, si la situation de monopole &#233;tait abolie, que notre produit n'est pas tr&#232;s vendable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette norme n'existant pas &#8211; on peu s'en r&#233;jouir &#8211; n&#233;anmoins nous affecte. Du succ&#232;s, appr&#233;ci&#233; par l'audience et la cote, d&#233;pend para&#238;t-il le maintien d'une &#233;mission, son placement dans la grille des programmes, le montant de son budget, la r&#233;putation de ses auteurs, promoteurs, responsables, etc&#8230; cette d&#233;pendance est souvent affirm&#233;e comme brutale, m&#233;canique. Un tel sentiment, une telle perception des imp&#233;ratifs et des menaces, paraissent largement r&#233;pandus. Ils vaudraient &#224; coup s&#251;r qu'on les redresse ou qu'on les nuance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que l'audience et la cote soit un indice de succ&#232;s, c'est &#233;vident. Mais il n'est pas moins &#233;vident que l'int&#233;r&#234;t du propos, sa n&#233;cessit&#233;, sa difficult&#233; m&#234;me, doivent entrer en compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On pourrait dire de fa&#231;on simpliste, que la r&#233;ussite se situe &#224; l'intersection de ces deux lignes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;mission riche et document&#233;e reste vaine, n'existe pas (en r&#233;alit&#233; de communication), si son &#233;coute est nulle. Mais une audience glorieuse est toute aussi vaine (en r&#233;alit&#233; d'information) si le contenu de l'&#233;mission est nul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette remarque n'a qu'une port&#233;e &#233;l&#233;mentaire. D'o&#249; vient qu'elle soit si peu famili&#232;re &#224; certains de nos responsables ? Il en r&#233;sulte effectivement un danger bien pr&#233;cis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est que le choix des mati&#232;res sur lesquelles on d&#233;cide d'informer d&#233;pend, non seulement des habitudes et des commodit&#233;s, mais encore des chances de succ&#232;s, c'est-&#224;-dire des chances de faire &#171; boum &#187;, des chances de faire &#171; tilt &#187;, des chances d'&#233;mouvoir, des faire &#171; humain &#187;, etc.. Une grande partie des r&#233;alit&#233;s, la plupart des r&#233;alit&#233;s abstraites notamment, vont tomber ou plut&#244;t rester dans le discr&#233;dit, la t&#233;n&#232;bre. Voil&#224; ce que nos crit&#232;res implicites de s&#233;lection consacrent et perp&#233;tuent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une information plus r&#233;fl&#233;chie, plus responsable, choisirait autrement. Que choisirait-elle ? La question est pr&#233;matur&#233;e. Il faut d'abord se demander en fonction de quoi choisir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une discussion de la finalit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A ce niveau, notre r&#233;ponse est un postulat. Il faut choisir en fonction de l'int&#233;r&#234;t de ceux qu'on informe, et non en fonction de l'int&#233;r&#234;t de ceux qui informent. De m&#234;me que l'enseignement est fait, raisonnablement, non pour les enseignants mais pour les enseign&#233;s-enseignables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et sur quelle base juger des int&#233;r&#234;ts de ceux qu'on informe ? Nouveau postulat. Est de l'int&#233;r&#234;t de ceux qu'on informe toute connaissance utile aux citoyens pour qu'ils puissent participer aussi intelligemment et activement que possible &#224; la vie sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces deux postulats constituent effectivement une prise de position d&#233;mocratique. On peut l'admettre ou non ; le probl&#232;me d'une position n'en reste pas moins pos&#233;.
Information totalitaire : propagande, manipulation des consciences, conditionnement recherch&#233;.
Information d&#233;mocratique : nous venons de le d&#233;finir&#8230;
Information ind&#233;finie et d&#233;l&#233;t&#232;re (c'est &#224; peu pr&#232;s celle que nous pratiquons) : inconsistance, n&#233;bulosit&#233;, confusionnisme, d&#233;mobilisation intellectuelle, d&#233;mobilisation civique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;lib&#233;r&#233;ment outranci&#232;res, ces propositions sont des plus discutables. Elles sont avanc&#233;es pour montrer, justement, ce qu'il faudrait discuter, qu'il est inacceptable que des professionnels de l'information, dans une magnifique situation de libert&#233; relative, restent muets et indiff&#233;rents quant &#224; la finalit&#233; de leur action.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette discussion fondamentale, et qui pourrait se prolonger sans dommage, serait probablement tonifiante. Elle mettrait en lumi&#232;re, &#233;ventuellement en contrastes, les principes de conduite. Elle permettrait sans doute des prises de conscience, peut-&#234;tre en consensus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne saurions toujours pas ce qu'une information responsable, r&#233;fl&#233;chie, choisirait effectivement d'exprimer. A ce niveau-l&#224;, nouvelle discussion &#224; engager.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une discussion de la strat&#233;gie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il, dans le vaste av&#232;nement des &#233;v&#233;nements et des r&#233;alit&#233;s, des choses plus importantes que d'autres ?
O&#249; tout vaut-il n'importe quoi ?
Existe-t-il ou non des probl&#233;matiques majeures dans le monde d'aujourd'hui ?
Si oui, lesquelles ?
Si oui, ne convient-t-il pas de s'accorder &#224; des priorit&#233;s, &#224; des perspectives n&#233;cessaires ? Comment ?
&#192; le faire, ne faudrait-il pas craindre (on en est loin encore) un exc&#232;s de syst&#233;matique ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; qui m&#233;rite r&#233;flexion, d&#233;bat. La pratique actuelle des &#171; briefings &#187;, qui vise surtout &#224; honorer un &#233;ch&#233;ancier &#224; court terme, n'engage pas r&#233;ellement cette r&#233;flexion et ce d&#233;bat. Pourtant si l'on veut que notre information dans son ensemble devienne mois disparate, et d&#233;routante &#224; la limite, si l'on veut qu'elle atteigne &#224; un minimum d'organicit&#233;, c'est-&#224;-dire d'existence, on ne peut &#233;luder l'examen que nous pr&#233;conisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quel que soient les conclusions qu'il ferait appara&#238;tre, les cons&#233;quences qu'on en tirerait ou non quant &#224; la programmation et quant &#224; son esprit, cet examen serait b&#233;n&#233;fique. Nous pensons qu'il serait susceptible, &#224; tout le moins, de fortifier les travailleurs de l'information dans l'importance de leur mission.. Il leur donnerait &#233;ventuellement de meilleurs rep&#232;res, une vision plus large, une carte peut-&#234;tre. Car il est bien aventureux de naviguer sur les mers de l'information avec de trop faibles connaissances en g&#233;ographie, et des instruments trop rudimentaires. Mais ceci touche &#224; la formation des journalistes, nous en reparlerons plus loin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une derni&#232;re remarque encore sur le chapitre de la programmation. Il ne faut pas vouloir une t&#233;l&#233;vision intellectuelle. Le public demande, &#224; bon droit, du d&#233;lassement et de la distraction. Et il est possible que nous ne lui fassions pas la part assez belle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce n'est pas &#224; l'information qu'il appartient, en principe, de distraire et d'amuser. Il lui appartient d'informer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s lors que faut-il exiger de l'information, dans le cadre et dans le sens d'une t&#233;l&#233;vision populaire ? Certainement pas d'abaisser son niveau. Ce serait d&#233;serter sa fonction propre ; ce serait m&#233;priser un public qui ne le m&#233;rite pas, car l'envie de savoir, de comprendre, coexiste en lui avec l'inclination naturelle &#224; la facilit&#233; et au plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qu'il faut exiger d'une information populaire, &#224; notre avis, c'est deux choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premi&#232;rement, qu'elle ne soit ni incompr&#233;hensible ni ennuyeuse, ou en termes positifs qu'elle soit accessible et int&#233;ressante. Ceci met davantage en cause l'attitude de l'informateur que le caract&#232;re en soi de telle ou telle information, qui peut se pr&#233;senter comme excitante ou pas, commode ou malcommode. L'informateur se trouve mis en cause &#224; deux points de vue. Celui qu'on &#233;voque le plus habituellement rel&#232;ve de la technique d'expression. L'informateur sera jug&#233; clair ou obscur, brouillon ou pr&#233;cis, anim&#233; ou terne. Il est certain que cela compte. Mais cela d&#233;pend &#233;troitement aussi de la comp&#233;tence et de l'int&#233;r&#234;t que l'informateur apporte au traitement son information. Si important que soient la bonne voix, la bonne t&#234;te, les dons inn&#233;s, les talents acquis, et m&#234;me une valeur. Mais de nouveau, et c'est quand m&#234;me significatif, nous anticipons sur les probl&#232;mes de management. Remettons &#224; plus loin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La deuxi&#232;me exigence &#224; faire valoir &#224; l'&#233;gard de l'information c'est quelle n'empi&#232;te pas sur le temps l&#233;gitiment imparti &#224; autre chose. Il faut, dans l'int&#233;r&#234;t m&#234;me de l'information, r&#233;primer son inflation et ses m&#233;tastases. &#201;vitons des querelles de mots. La question n'est pas de savoir si le cin&#233;ma, le th&#233;&#226;tre, les vari&#233;t&#233;s ne sont pas aussi de l'information, ni s'il peut &#234;tre utile de m&#233;langer l'information avec autre chose (m&#233;thode du cocktail ou du sandwich). La question est tout simplement de donner une mesure, une limite &#224; ce qui demande un effort d'attention. Il n'est pas sans danger, pour sa qualit&#233; intrins&#232;que et pour son impact, que l'information soit multipli&#233;e et dilu&#233;e dans nos programmes. Le ph&#233;nom&#232;ne, en tout cas, doit &#234;tre appr&#233;ci&#233; et contr&#244;l&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'insuffisance de l'harmonisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'information canc&#233;rise. Elle centrifuge, se ramifie et s'anarchise. Cfr la prolif&#233;ration des magazines. Peut-on voir dans ce mouvement une manifestation de vitalit&#233; ? C'est possible. Il pose n&#233;anmoins des probl&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous venons d'en mentionner un, celui de l'exc&#232;s. Trop d'information fatigue, sature et d&#233;pr&#233;cie l'information. Trop d'information implique aussi, dans l'&#233;tat de nos moyens, un risque de fluctuation et d'abaissement de la qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre probl&#232;me, non mois fondamental, est celui de la raison d'&#234;tre des &#233;missions d'information. Elles ont vu le jour, pris place &#224; l'antenne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi ? A quel titre ? Qu'est-ce qui justifie leur apparition et leur maintien ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des questions de ce genre devraient normalement appeler des r&#233;ponses fermes et cat&#233;goriques. Mais &#224; vrai dire, pas plus qu'il n'est facile de savoir de quoi et pourquoi on informe, il n'est pas facile d'apercevoir pourquoi tels et tels dispositifs ont &#233;t&#233; a adopt&#233;s. Ce n'est pas que les explications et les arguments feraient d&#233;faut dans le domaine, au contraire. Mais ce n'est pas sur quoi porte notre interrogation. Nous nous demandons s'il existe une structure, une ligne directrice, une pens&#233;e qui rende compte de ce qui existe. Et laquelle ? Provisoirement nous pr&#233;f&#233;rons l'ignorer. Quand on examine la pratique, on croit pouvoir distinguer, &#224; premi&#232;re vue, deux param&#232;tres privil&#233;gi&#233;s. L'un se fonde sur le partage du temps, l'autre sur le partage des mati&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le partage du temps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne peut douter que la chronom&#233;trie est une fonction tr&#232;s active de l'agencement de nos &#233;missions, ne serait-ce que sous le rapport de leurs fr&#233;quences. Il y a bien des &#233;missions d'information quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles, etc&#8230; Mais cette morphologie r&#233;pond-elle &#224; des divisions de la r&#233;alit&#233; ? Dans quelle mesure tout d'abord, existe-t-il des r&#233;alit&#233;s journali&#232;res, hebdomadaires, etc&#8230; ? Il y a des dur&#233;es et des rythmes qui s'imposent &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re. Le calendrier n'a rien de gratuit. C'est tr&#232;s s&#251;r. Mais faut-il croire que les ph&#233;nom&#232;nes se logent n&#233;cessairement dans des cases de vingt-quatre heures, de sept jours, de douze mois ? Le contraire appara&#238;t bien souvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans quelle mesure donc, la morphologie de nos &#233;missions a-t-elle prise sur les vraies divisions chronologiques ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette pr&#233;occupation peut sembler farfelue, sinon d&#233;lirante.
In ne s'agit pourtant pas d'une plaisanterie. Nous jouons constamment avec le temps. (Nous faisons m&#234;me grand usage journalistique des faits du jour et des matchs du si&#232;cle). Nous disposons nos &#233;missions et disposons des r&#233;alit&#233;s selon une certaine id&#233;e, pr&#233;hension, que nous avons du temps. Et toute r&#233;flexion sur ce param&#232;tre in&#233;vitable de notre activit&#233;, risque de passer pour &#233;trange, excentrique, extravagante. N'est-ce pas le signe que nous avons trop peu l'habitude de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que nous faisons ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une des cons&#233;quences de cette situation, c'est que les r&#233;partitions que nous op&#233;rons entre le quotidien, l'hebdomadaire, le mensuel, sont g&#233;n&#233;ralement artificielles et arbitraires. Avec ce corollaire, qui n'est pas un jeu de mots, que nous informons souvent &#224; contretemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre cons&#233;quence regrettable est le caract&#232;re fortement conjoncturel de notre information. Il ne se marque pas seulement au niveau du quotidien, o&#249; sa place est assez indiqu&#233;e. Dans l'hebdomadaire, dans le mensuel aussi nous pratiquons une information de crise, de pointes. Nous saisissons mail, nous rendons mail compte des mouvements de plus ou moins grande dur&#233;e, des &#233;volutions ; le faire est d'ailleurs difficile. Nous r&#233;pugnons m&#234;me, le plus souvent &#224; l'esprit de suite. Volontiers nous chauffons, pour laisser tomber ensuite. Autrement, c'est que l'&#233;v&#232;nement s'ent&#234;te, et expos&#233;e &#224; cette vexation, souffre l'ennui. La monotonie la fait soupirer. Il arrive que cela s'entende bien. C'est peut-&#234;tre une mani&#232;re d'excuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;tudier le param&#232;tre temps, notre fa&#231;on d'y r&#233;agir, l'emploi qu'on pourrait en faire, ce n'est pas c&#233;der &#224; la sp&#233;culation, c'est apprendre son m&#233;tier. C'est rencontrer des r&#233;alit&#233;s pratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On pourrait percevoir par exemple qu'un hebdomadaire de t&#233;l&#233;vision ne se trouve pas dans les m&#234;mes conditions que sont homonyme de la presse &#233;crite ou de la radio.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour des raisons de pure fabrication, son placement dans le temps est d&#233;cal&#233; par rapport &#224; la nouvelle, dans le sens du retard. C'est pourquoi, dans l'&#233;tat actuel de nos techniques et de nos moyens, le magazine d'actualit&#233; est un genre particuli&#232;rement difficile et probl&#233;matique. Nous ne le pratiquons d'ailleurs pas. Il n'en reste pas moins que l'explication d'un &#233;v&#232;nement, sa mise en lumi&#232;re et en contexte, ont toujours int&#233;r&#234;t &#224; coller le plus possible &#224; l'actualit&#233;, &#224; l'&#233;v&#232;nement. Cette consid&#233;ration ne renvoie-t-elle pas, en principe, &#224; l'information quotidienne ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'emploi du temps est &#224; m&#233;diter, dans la profession. L'usage de l'anticipation et du d&#233;passement ne sont pas inconnus. Comment pr&#233;parer &#224; l'&#233;v&#232;nement ? Comment en prolonger l'&#233;cho ? Beaucoup de nos journalistes sont capable de cela. Pourtant cela se fait peu. La raison principale de ce manque est probablement structurelle. Il n'y a pas d'articulation entre les &#233;missions qui se situent &#224; diff&#233;rents niveaux du temps (ni m&#234;me au m&#234;me niveau&#8230;). Mais comme le manque d'articulation n'existe pas qu'&#224; cet &#233;gard, nous retrouverons la question plus loin.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le partage des mati&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me param&#232;tre qui r&#233;git &#233;galement le dispositif de nos &#233;missions est le partage des mati&#232;res. L'id&#233;e de sp&#233;cialisation est, en effet, &#224; la source de beaucoup de nos magazines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'esprit de la chose consiste &#224; s&#233;parer, de l'information ordinaire, qui est par hypoth&#232;se continue et destin&#233;e au plus grand public, vont circuler des engins d'information sp&#233;cialis&#233;e, &#224; parution cyclique, et s'adressant &#224; des publics plus ou moins particuliers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette solution pr&#233;sente des avantages et des inconv&#233;nients. Elle &#233;chappe &#224; tout jugement &#224; priori. Tout est concomitamment cas d'esp&#232;ce et affaire d'&#233;quilibre g&#233;n&#233;ral. Des tensions existent, qui doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es de fa&#231;on dialectique. Aussi convient-il de se m&#233;fier d'une politique de situations acquises. M&#234;me si la fonction assur&#233;e par le satellite est une fonction permanente, surtout dans ce cas. Dans ce cas surtout, il est important que le mouvement centrifuge soit consid&#233;r&#233; comme provisoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une vision quelque peu globale des choses, on pourrait en effet distinguer les phases suivantes de l'&#233;volution du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un premier temps, le satellite na&#238;t d'une carence m&#234;me de l'information ordinaire. C'est parce que celle-ci est trop faible, insuffisante dans les domaines jug&#233;s important, que la n&#233;cessit&#233; se fait sentir de placer un engin sur orbite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps, ce satellite, tout en poursuivant ses circonvolutions autonomes, exerce une influence f&#233;condante sur l'information ordinaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un troisi&#232;me temps, la f&#233;condation s'est produite. La fonction du satellite s'ach&#232;ve, ou plut&#244;t cette fonction s'int&#232;gre d&#233;sormais dans l'information ordinaire, qui s'est enrichie d'une nouvelle dimension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tel nous para&#238;t &#234;tre le destin souhaitable de magazines &#233;conomiques, scientifiques, de magazine de l'homme et de la femme, etc&#8230; Les pr&#233;occupations qui animent de telles &#233;missions ont un caract&#232;re si permanent si g&#233;n&#233;ral qu'une fronti&#232;re ne saurait raisonnablement les s&#233;parer de l'information courante. Au moment opportun, quand les conditions seront remplies, la disjonction fonctionnelle devra prendre fin. Ce qui n'emp&#234;che pas d'ailleurs qu'on puisse tirer encore des fus&#233;es ou des gerbes enti&#232;res en &#8216;honneur de la fonction int&#233;gr&#233;e. Des &#233;missions de grande ampleur ou m&#234;me des s&#233;ries peuvent rester souhaitables. Mais la crit&#233;riologie aura chang&#233;. Elle ne se fondera plus sur la division des mati&#232;res. Elle r&#233;pondra &#224; la question commune de savoir pourquoi tel sujet m&#233;rite d'&#234;tre trait&#233; avec intensit&#233; et une insistance exceptionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut noter aussi que le partage des mati&#232;res masque assez souvent une r&#233;alit&#233; un peu diff&#233;rente qui est celle du partage des hommes. On conna&#238;t bien des exemples o&#249; la raison d'&#234;tre d'une &#233;mission se trouve dans le d&#233;sir de tel ou tel de se cr&#233;er un domaine &#224; soi, de le prot&#233;ger ou de l'&#233;tendre. A cet &#233;gard, la confluence de l'int&#233;r&#234;t personnel avec une politique raisonn&#233;e de l'information peut &#234;tre positive ou n&#233;gative, &#224; des degr&#233;s divers. M&#234;me en professant le plus grand respect pour la psychologie des travailleurs de l'information, on ne peut recommander une confluence n&#233;gative. Il faudrait interdire ou supprimer les mouvements centrifuges inutiles ou qui font hiatus.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'articulation des &#233;missions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les risques d'exc&#232;s, apr&#232;s la raison d'&#234;tre des dispositifs existants, le troisi&#232;me probl&#232;me qu'il faut aborder est celui de l'articulation m&#234;me de nos &#233;missions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous l'avons d&#233;j&#224; effleur&#233;. Il se pose en fait tr&#232;s concr&#232;tement. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, nous le ressentons d'une mani&#232;re malthusienne : &#233;viter les doublons, les empi&#232;tements. Le vrai danger n'est pourtant pas l&#224;. Il n'est pas brave en soi que deux ou trois &#233;missions traitent de m&#234;me sujet. S'il en vaut la peine, autant y revenir, Sans doute est-il g&#234;nant que notre information puisse &#234;tre contradictoire, sans doute est-il irritant qu'une &#233;mission vienne en d&#233;florer une autre, surtout si l'autre est plus importante et plus &#233;labor&#233;e. Mais enfin, ces g&#234;nes et ces irritations de m&#234;me que les redites, peuvent toujours &#234;tre supprim&#233;es, si l'on s'en aper&#231;oit assez t&#244;t, par une suppression pure et simple, ce qui est relativement facile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus dommageable est le fait que nos diff&#233;rents organes, moyens d'expression ne jouent pas ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre information n'a rien de symphonique. Elle est comme une &#233;quipe qui ne saurait rien que des passes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un emploi judicieux du temps, un partage efficace des mati&#232;res postuleraient des &#233;changes, des osmoses, des complicit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien de cela n'existe. Il est tr&#232;s remarquable que la R.T.B., qui a pour objet social la communication soit int&#233;rieurement h&#233;riss&#233;e contre la communication. Ses structures cloisonnent et favorisent l'esprit de s&#233;paration. Du fait que nos &#233;missions ne s'appuyant pas les unes sur les autres, nous nous privons du b&#233;n&#233;fice des effets de relais, de renforcement, de compl&#233;mentarit&#233;, qui sont &#224; notre disposition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il y a plus grave. Le dispositif de nos &#233;missions forme un maillage qui laisse fuir les informations qui ne r&#233;pondent pas &#224; ses calibres. Telle chose. S'il faut la situer, l'expliquer, la faire comprendre - para&#238;tra trop volumineuse &#224; l'information quotidienne. Le journal fera son devoir en mentionnant, ce qui ne prendra que quelques secondes ou minutes, h&#233;las insignifiantes. La m&#234;me chose sera refus&#233;e par le magazine, pour la raison inverse, parce qu'elle para&#238;tra trop mince il faudrait trop &#233;tirer et gonfler pour qu'elle entre dans les normes. O&#249; il faudrait que le magazine accepte la forme la plus d&#233;licate et la plus dispendieuse, celle du kal&#233;idoscope. Ce n'est ni un hasard ni un pur d&#233;sir d'approfondissement qui oriente les magazines vers la monographie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le kal&#233;idoscope cependant reste la r&#232;gle de l'information quotidienne. La quelle a encore pour caract&#232;res d'&#234;tre permanente - c'est toujours elle qui offre la premi&#232;re disponibilit&#233; -, d'occuper une place pr&#233;pond&#233;rante &#224; l'antenne et d'&#234;tre &#233;cout&#233;e - (ne serait-ce que d'un oeil) par le publique le plus large.
C'est pourquoi nous pensons qu'elle m&#233;rite une attention majeure. Une information quotidienne r&#233;nov&#233;e (rendue on plus lourde, mais plus signifiante) pourrait &#234;tre le fondement de tout notre dispositif. De sorte qu'on substituerait progressivement, au jeu trop arbitraire du param&#232;tre temps, du param&#232;tre mati&#232;res et celui des convenances personnelles, la r&#233;gulation qu'apporterait la question suivante : pourquoi pas dans l'information quotidienne ? On ne sait pas quelle serait la r&#233;ponse. On se garderait m&#234;me d'en pr&#233;juger, car elle peut varier &#224; chaque fois. Mais nous croyons clarifiante. Encore n'est l&#224; qu'une hypoth&#232;se de travail, une proposition &#224; discuter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La finalit&#233; de l'information pose un probl&#232;me philosophique et politique, qui demande conscience et discussion. La d&#233;termination des importances relatives et des priorit&#233;s pose un probl&#232;me strat&#233;gique, qui demande conscience et discussion. L'harmonisation de nos diff&#233;rents moyens d'expression pose un probl&#232;me tactique, qui demande conscience et discussion.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'insuffisance du management&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aspect quantitatif de la question : mobilisation des effectifs et concentration r&#233;pondant &#224; certaines options et &#224; certaines urgences. Les options n'&#233;tant pas prises, et les urgences se trouvent dict&#233;es le plus souvent par les &#224;-coups de l'actualit&#233;, les effectifs sont malencontreusement dispers&#233;s. Le bon principe militaire d'&#234;tre en force aux endroits n&#233;vralgiques est ignor&#233;. Nous tenons faiblement un front tr&#232;s &#233;tir&#233;. Des th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations secondaires prennent pas mal de monde, qui trouverait peut-&#234;tre &#224; mieux s'utiliser ailleurs. C'est une des cons&#233;quences de notre manque de vision globale. Car (mot effac&#233; dans le texte original) des orientations, des engagements, qui n'ont pas fait v&#233;ritablement l'objet d'une r&#233;flexion et d'un choix, un potentiel d&#233;j&#224; num&#233;riquement insuffisant se trouve encore affaibli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On aper&#231;oit &#224; cette occasion de vieillissement, la scl&#233;rose, qui menacent la R.T.B., cet instrument neuf, destin&#233; &#224; la communication et &#224; l'animation. Pour diff&#233;rentes raisons, d'ordre pratique au d&#233;part, on a compartiment&#233;. En quelques ann&#233;es les d&#233;partements ont acc&#233;d&#233; &#224; la dignit&#233; organigrammique. Ils participent d&#233;sormais de la sacralisation administrative. Comique intangibilit&#233; des cases que nous avons cr&#233;&#233;es, et qu'il faut maintenant honorer, garnir en personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faire autrement ne serait-il pas scandaleux ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aspect qualitatif de la question. Vaste et complexe. Le statut de la R.T.B. ne la rend pas libre de son recrutement. Elle peut fixer ses bar&#232;mes, elle ne peut engager ni promouvoir son personnel avec discrimination. Elle n'op&#232;re de s&#233;lection, &#224; l'entr&#233;e, que sur des postulants qu'elle ne choisit pas. N&#233;cessit&#233; d'autant plus grande de soigner, de faire bonifier ce capital humain ; qui deviendra d'ailleurs rapidement irr&#233;vocable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les qualit&#233;s requises d'un journaliste sont de ceux deux ordres. Il y a d'une part la connaissance, de l'autre la communication.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les connaissances&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'on pr&#233;tend parfois, les connaissances comptent. On ne fait pas de l'information avec des ignares. Naturellement on ne peut r&#233;clamer d'un journaliste de tout conna&#238;tre, ni d'&#234;tre un sp&#233;cialiste en quoi que ce soit. L'un et l'autre sont impossibles. Mais une culture g&#233;n&#233;rale est indispensable, une vue g&#233;n&#233;rale des choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Id&#233;alement, un journaliste devrait pouvoir situer une donn&#233;e, un probl&#232;me, dans un ensemble coh&#233;rent, dans une synth&#232;se des donn&#233;es et des probl&#232;mes. Mais cette synth&#232;se ne peut provenir que d'un acquis pr&#233;alable. Il fait g&#233;n&#233;ralement d&#233;faut. D'une part, jeunesse des gens que nous engageons. D'autre part, nous l'avons dit, nous manquons d'une g&#233;ographie de l'information. Peut &#234;tre ne serait-il pas impossible d'en proposer une, fatalement hypoth&#233;tique, discutable - mais discuter est la m&#233;thode active d'une formation qui nous para&#238;t n&#233;cessaire. Et quand m&#234;me il serait impossible de proposer une carte de l'information, il resterait toujours utile d'en susciter le besoin. L'information &#233;parse est une information en ruines. L'int&#233;r&#234;t se perd quand on ne sait relier les choses entre elles. A vrai dire, normalement au d&#233;part (jeunesse, &#244; jeunesse) devient un conditionnement. Il explique en partie la pr&#233;f&#233;rence de nos informateurs pour certaines mati&#232;res et certain type de traitement, que caract&#233;risent le discontinuit&#233;, l'irruption, l'assimilation) des ph&#233;nom&#232;nes naturels brusques et violents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il serait bon de redresser cette inclination en insistant sur l'int&#233;r&#234;t de la syntaxe et des ensembles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En sens inverse, le journaliste devrait &#234;tre capable aussi d'analyse. La donn&#233;e qui se pr&#233;sente, le probl&#232;me nouveau, sont &#224; d&#233;chiffrer. Sans curiosit&#233; intellectuelle, sans acharnement port&#233; m&#234;me aux d&#233;tails, il n'y aura pas compr&#233;hension et discernement.
Ainsi, tant du c&#244;t&#233; de l'analyse que de la synth&#232;se, le journaliste est appel&#233; &#224; s'instruire continuellement. S'il n'en a pas le go&#251;t, il n'a pas celui de son m&#233;tier. Il pourra devenir un honn&#234;te haut-parleur, un animateur plein de talent. Ce ne sera pas un professionnel de l'information.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question qui se pose &#224; ce niveau-l&#224; est donc la suivante : que fait la R.T.B pour l'information de ses informateurs ? On pourrait judicieusement penser &#224; compl&#233;ter et &#224; rendre plus actifs les instruments de culture dont nous disposons : biblioth&#232;ques, conf&#233;rences professionnelles, colloques, recyclage. Mais l'essentiel tient sans doute) une affaire d'esprit, d'ambiance. A cet &#233;gard, la hi&#233;rarchie a un r&#244;le &#224; jouer. Il importerait qu'elle incite &#224; la curiosit&#233; et &#224; la rigueur, qu'elle encourage et qu'elle valorise l'effort intellectuel. Tout ceci peut para&#238;tre bien na&#239;f. Ce l'est assur&#233;ment si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; des situations acquises, &#224; la susceptibilit&#233; et aux habitudes d'un personnel d&#233;j&#224; chevronn&#233;. Mais demain encore nous engagerons des gens relativement jeunes, qui ne seront ni form&#233;s ni d&#233;form&#233;s sur le plan professionnel. Est-il utopique de vouloir pour eux, &#224; l'int&#233;rieur de la R.T.B., le meilleur encadrement possible ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toute mani&#232;re, l'intelligence demande du temps. La compr&#233;hension-minute est rare. Surtout si l'op&#233;rateur est confront&#233; &#224; une r&#233;alit&#233; nouvelle pour lui, et parfois difficile, ce qui n'est pas rare. Comment se donner le temps n&#233;cessaire ? Avoir du temps ? Gagner du temps ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation est surtout critique au niveau de l'information quotidienne. L&#224;, faute de pouvoir se &quot;retourner&quot;, le journaliste ditionnellement appr&#233;ci&#233;e dans le m&#233;tier. L'&#224; propos, la vivacit&#233;, une habile fa&#231;on de glisser, d'enrober, de masquer et de bluffer, sont des traits qui depuis longtemps composent l'image du journaliste brillant. C'est si vrai qu'il y a quelques ann&#233;es encore, dans nos &#233;preuves de recrutement, les attrapes et chausse-trapes &#233;taient pierres de touche. Sans doute, m&#234;me dans les mass m&#233;dia, n'est-il pas inutile d'avoir de la d&#233;sinvolture, du bec ou de la plume. Ardons-nous cependant de privil&#233;gier ces avantages. L'instantan&#233;it&#233;, le br&#251;le-pourpoint, ont leurs limites et leurs revers. Un journaliste habile &#224; donner le .... Change risque de s'en satisfaire. Sans que le public en recueille aucun b&#233;n&#233;fice, du moins pour son information. Si le but poursuivi est moins de para&#238;tre intelligent, il faut bien commencer par soi-m&#234;me et en trouver le temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pratiquement, deux voies principales s'ouvrent &#224; la R.T.B. dans ce sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a la sp&#233;cialisation. Inutile de d&#233;velopper ce point. Il est tout clair qu'un journaliste familiaris&#233; avec certaines mati&#232;res sera dans ce domaine plus rapide et plus efficace qu'un coll&#232;gue inexp&#233;riment&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a la pr&#233;paration. Nous visons par l&#224; une infrastructure humaine qui servirait &#224; relier la documentation &#224; l'antenne. Pour toutes sortes de raisons, qui peuvent &#234;tre compl&#233;mentaires ou contradictoires, il se fait que les documentations existantes sont malais&#233;ment utilisables de fa&#231;on imm&#233;diate. Il est n&#233;cessaire, afin qu'elles deviennent op&#233;rationnelles, qu'elles fassent l'objet d'un premier traitement journalistique. On avait envisag&#233; d'engager du personnel &#224; cet effet. L'id&#233;e vaudrait d'&#234;tre mise en pratique. On disposerait alors d'un corps journalistique interm&#233;diaire. Branch&#233;s d'une part sur la documentation ( au sens large, y compris les contacts avec les experts), polaris&#233; de l'autre par les n&#233;cessit&#233;s de l'antenne, ces journalistes apporteraient &#224; leur coll&#232;gues une mati&#232;re d&#233;j&#224; s&#233;lectionn&#233;e, comprise, ordonn&#233;e, et &#224; jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne pas oublier non plus l'importance de la pr&#233;vision. Etre alert&#233; suffisamment t&#244;t, disposer d'un pr&#233;avis, c'est aussi gagner du temps. Citons encore, pour m&#233;moire, le recours direct aux experts. Il se justifie souvent. Souvent aussi, h&#233;las, il n'est qu'un palliatif, destin&#233; &#224; cacher notre faiblesse. Or il n'y a pas de bonne interview, d'entretien &#233;clairant, si celui qui interroge n'est pas &#224; la hauteur de la conversation, s'il ne peut appr&#233;cier et discuter les r&#233;ponses.
Allant plus loin, on a sugg&#233;r&#233; parfois de d&#233;baucher des experts, de les sp&#233;cialiser &#224; notre usage. Pour s&#233;duisante qu'elle soit, n'est pas qu'un professionnel renoncera rarement) son m&#233;tier, d'une collaboration plus ou moins r&#233;guli&#232;re. La sp&#233;cialisation et l'utilisation m&#234;me ses collaborateurs, &#233;tant li&#233;es &#224; leurs disponibilit&#233;s, resteront al&#233;atoires et limit&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La communication&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut se faire entendre, il faut se faire &#233;couter. (...)
Fondamentalement, nous l'avons dit, la connaissance agit dans un sens dynamique ou inhibiteur, selon qu'elle est ou n'est pas. L'improvisateur le plus acrobatique parlera toujours m&#233;diocrement de ce qu'il ignore. Et l'informateur que son sujet ennuie sera bien en peine de captiver. Mais sans doute les exemples abondent de gens tr&#232;s comp&#233;tents, et tr&#232;s passionn&#233;s, dont la parole est obscure et impassablement ennuyeuse.
Ici interviennent des techniques de m&#233;diation. Elles ne sont pas codifi&#233;es, &#224; notre connaissance, et peut-&#234;tre sont elles en partie incodifiable. Nous pensons n&#233;anmoins que beaucoup de choses ne sont qu'affairer de bon sens et de courage. Qu'un discours soit entortill&#233;, rempli de n&#339;uds, jargonnant ou vague, cela peut se montrer, se d&#233;montrer et se corriger. Distingue l'essentiel de l'accessoire, disposer les &#233;l&#233;ments choisis dans la succession la plus lin&#233;aire, la plus simple &#224; suivre, ne requiert &#224; vrai dire aucun don particulier. Il y faut de la volont&#233; et de la patience sans plus. Si tout n'est pas la, l'essentiel se trouve la, mais on n'y acc&#232;de pas si facilement. Cela demande exercice, discipline et pers&#233;v&#233;rance. Qui s'y applique en verra toujours mieux la n&#233;cessit&#233;, &#224; des chances d'y prendre plaisir. Cette discipline, qui ne d&#233;pend pas des hasards du talent, nous pouvons la vouloir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Restent encore l'ing&#233;niosit&#233; et le style. Sur ce terrain glissant, mieux vaut recommander la circonspection que l'imitation, la sobri&#233;t&#233; que la maladresse. Ce qui ne signifie pas que rien ne soit &#224; prendre et a apprendre. Seulement il convient, dans le r&#233;pertoire des trucs, des ficelles, des gags, des modes, etc... de faire une d&#233;marcation entre ce qui est fonctionnel et ce qui ne l'est pas. Par exemple, l'utilisation d'objets ou de symboles, pour manifester des r&#233;alit&#233;s abstraites, est fonctionnelle. Est fonctionnel aussi l'abandon de l'enflure et de la sol&#233;nnit&#233;. Sans doute ne s'agiras-t-il pas de les remplacer par un entrain factice. Il sera toujours pr&#233;f&#233;rable que chacun garde une authenticit&#233; psychologique. Mais il faut aider nos interpr&#232;tes &#224; se d&#233;sentraver, &#224; sortir d'une enveloppe de timidit&#233;, de trac et de gaucherie, qui est tout normalement la coquille de certains. Il serait d&#233;testable de favoriser le cabotinage. Mais le m&#233;tier de journaliste, par certains aspects, touche a celui de com&#233;dien est ind&#233;niable. Or ce m&#233;tier lui-m&#234;me est enseignable. Chez nous, cette formation est laiss&#233;e au compte de la pratique, certes indispensable, mais qui peut entra&#238;ner des infortunes. A d&#233;faut d'un &#233;colage syst&#233;matique, des encouragements et des conseils ne serait-ils pas indispensables ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les rapports d'autorit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre id&#233;ologiquement favorable ou hostile &#224; l'ordre hi&#233;rarchique. On manquerait de r&#233;alisme en n&#233;gligeant le fait qu'on ne peut commander les travailleurs de l'information comme d'autres cat&#233;gories de travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les journalistes sont tr&#232;s peu m&#233;canisables, dans la mesure ou leur rendement est &#233;troitement li&#233; &#224; un &#233;tat d'esprit. Le m&#233;tier qu'ils exercent ne peut l'&#234;tre sans enthousiasme, sans passion. Ces choses ne se mobilisent pas par notes de service. Quand m&#234;me on obtiendrait l'ob&#233;issance, la ponctualit&#233;, on aurait encore rien obtenu ; on risquerait m&#234;me d'encourager l'inertie et la d&#233;saffection.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y aurait beaucoup &#224; dire sur les d&#233;ficiences du management &#224; la R.T.B.F., sur les mani&#232;res de proc&#233;der, sur la structure hi&#233;rarchique dont les nombreux &#233;chelons favorisent &#224; la fois la dispersion de l'autorit&#233; et la multiplication de r&#233;flexes crisp&#233;s. Il y aurait beaucoup &#224; dires des cons&#233;quences f&#226;cheuses sur le personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'&#233;chec &#224; cet &#233;gard est relativement &#233;vident. D&#233;s lors des prises de conscience s'op&#232;rent, des tentatives de redressement se manifestent, qui sont encore trop timide, &#224; notre avis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut r&#233;solument se convaincre que le personnel est infiniment respectable, on en raison de sa fonction. C'est par lui finalement que tout passe, pour le meilleur et pour le pire. Il n'est pas d'ordres, d'instructions, de consignes qui acc&#232;dent &#224; l'existence autrement que par son canal. Il faut r&#233;solument se convaincre que seule une direction rationnelle et d&#233;mocratique a des chances de succ&#232;s. R&#233;p&#233;tons : les projets les plus judicieux, les intentions les plus pertinentes de la direction n'ont aucun d&#233;bouch&#233;, si elles ne rencontrent &#224; la base assentiment et d&#233;sir d'action. D&#233;s lors il s'impose de pousser obstin&#233;ment dans la voie de la participation. C'est une voie probablement p&#233;rilleuse, d&#233;cevante. Il n'y en n'a pas d'autres..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ce qui est des journalistes tout particuli&#232;rement, on peut voir que cette participation ne ferait que r&#233;pondre &#224; une solidarit&#233; de fait. Pour ne prendre qu'un exemple malthusien ; une gaffe, une omission &#224; l'antenne peut retenir imm&#233;diatement au plus haut niveau de la hi&#233;rarchie. Le sommet se trouve impliqu&#233;. Une telle implication peut sans doute se r&#233;soudre de plusieurs mani&#232;res, qui vont de l'endossement au d&#233;saveu, peu importe ! Il y a bien solidarit&#233;, coresponsabilit&#233; fonctionnelle.
Comment trait&#233; en mineurs, en irresponsables, des gens pareillement investi de pouvoir et de responsabilit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut se m&#233;fier des images mentales. Nous avons pas encore tout &#224; fait abandonn&#233; celle de l'&#233;cole, avec sa vaste salle d'&#233;tudes ou es surveillants s'&#233;vertuent ou feignent de s'&#233;vertuer &#224; maintenir un semblant d'ordre. Image &#224; d&#233;truire. N&#233;cessit&#233; de mettre en &#233;vidence, &#224; tous les niveaux, la qualit&#233; de partenaires.
N&#233;cessit&#233; de mettre en lumi&#232;re et en commun la motivation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi nous pensons qu'une d&#233;finition de la finalit&#233; de l'information, que la recherche de cette d&#233;finition, ne rel&#232;ve pas de l'acad&#233;misme. C'est pourquoi nous pensons qu'une discussion de la strat&#233;gie et des tactiques doit &#234;tre men&#233;e par tous.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment proc&#233;der ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de temps se passe en r&#233;unions, en briefings, en concertations. On peut ironiser l&#224;-dessus. Certains ne s'en font pas faute, qui n'ont pas enti&#232;rement tort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que la chose n'est pas au point. L'instruction des probl&#232;mes est le plus souvent sommaire, les conclusions s'en ressentent, de m&#234;me que leur application. Nous manquons de technicit&#233;, nous sommes peu op&#233;rationnels, tant pour les proc&#233;dures que pour les probl&#232;mes trait&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part notre concertation reste fortement s&#233;gr&#233;gationniste. Elle se produit &#224; certain milieu, relativement r&#233;serv&#233;, club. Etant mal reli&#233;e a la base, elle aboutit finalement &#224; une faible efficacit&#233;. Mais certainement la solution n'est pas de convoquer chaque semaine tout le monde en assembl&#233;e libre. Le gaspillage de temps serait grandiose, la confusion pyramidale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que faire ? Il serait certainement utile, du point de vue psychologique, de r&#233;duire toute id&#233;e de club, de s&#233;gr&#233;gation. Nombre de susceptibilit&#233;s, de comm&#233;rages, d'alibis, seraient du m&#234;me coup r&#233;duits. Image pour image, la maison de verre vaut mieux que le palais avec ses intrigues de couloir. La transparence, comme la communication interne, devait &#234;tre favoris&#233;. D'autant plus que l'obstacle majeur a la participation est moins la r&#233;sistance de certains que l'apathie de beaucoup. La participation n'est pas seulement affaire de laxisme, de lib&#233;ralisme, mais de volontarisme. C'est pourquoi la question de la m&#233;thode se pose avec acuit&#233;. Comment mener une concertation g&#233;n&#233;ralis&#233;e ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ce qui est des r&#233;unions &#224; un certain niveau hi&#233;rarchique, il semble que nous ne soyons pas loin de la saturation. Il est douteux qu'une plus grande fr&#233;quence am&#233;liorerait le rendement. Pour ce qui est des rencontres avec la base (r&#233;unions inter-cellulles), notre opinion est diff&#233;rente. Nous pensons qu'une plus grande fr&#233;quence entra&#238;nerait &#224; moyen terme plus d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est qu'ici l'habitude de contact n'existe pas, il n'y a pas de milieu, et toutes sorte de g&#234;nes inhibent ou perturbent la communication. Il faudra du temps pour que ces rencontres deviennent autre chose que des conf&#233;rences de presse du directeur g&#233;n&#233;ral. Le temps, croyons-nous, est dans ce cas inversement proportionnel &#224; la fr&#233;quence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous semblent cependant qu'une r&#233;flexion plus fondamentale s'impose. La concertation doit-elle se faire n&#233;cessairement par le moyen du groupe ou de l'assembl&#233; ? Ne serait-il pas pr&#233;f&#233;rable qu'elle devienne, dans une certaine mesure, une fonction sp&#233;cifique ? Nous disons sp&#233;cifique et non pas r&#233;serv&#233;, car la concertation utile sans &#233;tudes pr&#233;alables, sans hypoth&#232;ses de travail, sans propositions concr&#232;tes, sans esprit