Extrême droite et extrême gauche
Article paru dans POLITIQUE Décembre 2008 (n°57) : L’économie supermarché, par Jérôme Jamin
Le radicalisme politique ou religieux est souvent considéré comme une menace pour la démocratie. En tant qu’attitude qui vise à agir sur la racine (radix), sur la cause profonde du phénomène qu’on veut modifier, le radicalisme représente un type d’action « absolu », une façon d’agir « totale » pour donner forme à un projet politique. En tant que comportement radical visant la cause première qui anime un projet ou un obstacle (c’est-à-dire la racine élémentaire, le cœur d’une réalité ou d’un fait), le radicalisme représente un procédé ou une conduite extrême pour donner corps à un projet spécifique.
Si le radicalisme peut renvoyer à des groupes radicaux dans la mouvance de l’extrême droite ou de l’extrême gauche, le radicalisme n’est pas du tout spécifique à l’extrémisme en politique |1| et c’est dans les actes concrets qu’on tentera de différencier ce qui est légitime de ce qui est illégitime selon nos propres valeurs. Ainsi, on peut associer sans trop de difficultés le radicalisme à l’extrémisme politique lorsqu’on cherche à désigner l’ensemble des courants politiques qui s’articulent d’une manière agressive contre les valeurs, institutions et règles de fonctionnement les plus importantes de la démocratie constitutionnelle. On pense à des partis ou des individus qui s’opposent au parlementarisme, au pluralisme des partis politiques, au suffrage universel et à la séparation des pouvoirs. Des groupes dont l’idéologie entre en contradiction avec les principes essentiels de la démocratie.
Radicalisme et extrémisme
Il est difficile d’argumenter pour séparer le radicalisme politique qui peut, dans certaines circonstances, être légitime et certaines formes d’extrémisme politique qui apparaissent en revanche illégitimes. Et dans ce domaine, la différence entre l’extrême gauche et l’extrême droite pose de sérieux problèmes d’argumentation, notamment au niveau de ce qui est acceptable ou inacceptable du point de vue de l’idéal démocratique et de ses valeurs fondamentales. Le décès récent d’Alexandre Soljenitsyne et l’impact de ses principaux ouvrages représentent une occasion pour revisiter cette problématique depuis 1945.
Écrivain russe d’envergure né en 1918, Soljenitsyne incarne la figure la plus connue parmi les auteurs qui ont dénoncé l’univers concentrationnaire mis en place dès la révolution bolchevique de 1918 |2|. Après quatre années passées dans l’armée soviétique, il est arrêté en 1945 suite à l’écriture de textes critiques vis-à-vis de Staline et de ses choix militaires. Condamné comme traître pour ses « activités contre-révolutionnaires », il passe huit longues années au Goulag, qui aboutira beaucoup plus tard, entre autres ouvrages, à la publication en 1973 de L’Archipel du Goulag (version russe). Arrêté à nouveau, déchu de la citoyenneté et expulsé, il s’installe d’abord en Suisse, puis émigre aux États-Unis dans le Vermont. En 1994, quelques années après l’effondrement du régime soviétique, il est réhabilité et retourne s’installer en Russie jusqu’à sa mort récente.
L’Archipel du Goulag |3| traite du système carcéral et de travail forcé mis en place dans l’Union soviétique. L’ouvrage est un des premiers textes à décrire dans le détail le fonctionnement des camps au pays du « socialisme réel » à une époque où l’idée même des camps était encore fondamentalement associée aux nazis, et à la victoire contre ces derniers en 1945. La terreur stalinienne s’affiche dans toute son horreur avec les arrestations, les enfermements, les tortures et les procès arbitraires. Publié en trois volumes à partir de témoignages de prisonniers et de sa propre expérience des camps, l’ouvrage de Soljenitsyne est la référence en matière d’analyse et de critique du système totalitaire russe sous Lénine et Staline. Depuis plus de trente ans, les trois livres jouent un rôle fondamental dans la lutte contre le communisme d’abord en tant que régime avant la chute du mur de Berlin et ensuite en tant qu’idéologie collectiviste.
L’ouvrage est un des témoignages les plus aboutis sur la révolution russe et sa dérive totalitaire, notamment en termes de droits humains. En toute logique, ce texte est devenu la bible de tous ceux qui veulent justifier l’intérêt du système capitaliste contre le système communiste, et par extension, rappeler la victoire des États-Unis contre l’URSS dans le cadre de la Guerre froide. Dans les deux cas, le texte est utilisé pour discréditer toute tentative de réhabiliter le communisme en Europe (et le socialisme en général dans le débat aux États-Unis).
En France et en Belgique francophone, l’ouvrage a également bénéficié d’un allié objectif de circonstance en la personne de Bernard-Henri Lévy. A l’époque, BHL a vite compris l’intérêt de faire connaître un ouvrage qui ferait implicitement de lui, en tant que relais, une sorte de Soljenitsyne bis – jeune et médiatique – prêt à en découdre avec tous ceux qui ont flirté avec les idéologies communistes |4|. Les carrières de BHL et de son comparse André Glucksmann doivent beaucoup à cette reprise médiatique (ou cette récupération) du travail de l’ancien prisonnier russe.
Extrémisme et totalitarisme
L’Archipel du Goulag a également joué un rôle déterminant dans le prolongement du débat suscité dès 1951 par Hannah Arendt avec la publication de ses trois tomes qui constituent Les origines du totalitarisme |5|. Arendt a été la première a osé comparer le régime nazi et le régime stalinien et cette démarche a suscité bien des critiques dans l’Europe de l’après-guerre où l’ennemi avait un seul visage : l’Allemagne nazie vaincue. Et où la Russie représentait à la fois un acteur prépondérant dans la victoire des alliés mais aussi le terrain expérimental du socialisme réel tel que développé dans l’œuvre de Marx et de ses adeptes. En comparant la logique du système totalitaire en Allemagne et en Russie, Arendt a montré la ressemblance entre deux régimes basés chacun sur le chef et le parti tout-puissant, sur l’idéologie d’État, sur la police secrète, et surtout sur les arrestations de masse des « déviants » enfermés dans les camps. L’Archipel du Goulag est venu renforcer l’œuvre d’Hannah Arendt et sa dénonciation implacable du régime totalitaire.
Aujourd’hui, d’aucuns reprochent au monde associatif, aux intellectuels et aux politiques de consacrer beaucoup d’énergie à la lutte contre l’extrême droite et à la mémoire des conséquences de sa forme la plus extrême (les fascismes allemand et italien), et d’occulter au passage les crimes commis par les régimes communistes : Russie soviétique, Chine contemporaine, Corée du Nord, régime de Pol Pot… La remarque est fondée et la différence de traitement s’explique à partir de trois processus.
Extrémisme de droite et de gauche
Le premier processus s’explique par un facteur « localiste » ou « régionaliste ». Les nazis ont occupé la Belgique et une bonne partie de l’Europe et la politique de déportation vers les camps de concentration et d’extermination a concerné la plupart des pays occupés par ces derniers. L’horreur nazie n’est donc pas comme le génocide rwandais ou arménien et encore moins comme le Goulag russe un phénomène géographiquement étranger à la Belgique, l’horreur nazie nous concerne directement, nous et nos parents. Nous et notre histoire.
Deuxième explication, pour des raisons multiples, notamment liées à la langue, aux traductions et aux archives disponibles – mais aussi aux profils des victimes qui ont pu écrire sur leur expérience –, la littérature en français sur le nazisme est beaucoup plus importante, abondante et disponible que la littérature sur les crimes commis dans les régimes communistes. Les rayons des librairies à Liège, à Bruxelles, à Namur et à Charleroi regorgent d’ouvrages sur les crimes nazis et les camps de concentration alors que les études sur le Goulag sont plus rarement disponibles. La tendance ne risque pas de s’inverser dans un contexte où la littérature sur la Shoah et les crimes nazis ne cesse de s’accroître.
Enfin, troisième explication, à l’analyse, on constate que l’idéologie communiste est moins effrayante que l’idéologie nazie. Pourquoi ? Parce que l’idéologie raciste propre au nazisme, comme l’idéologie d’extrême droite, affirme « fortement la notion d’inégalité des individus entre eux et [qu’elle] nie de manière implicite ou explicite l’ethos – situé au cœur de la démocratie – du principe d’égalité fondamentale entre les hommes » |6|. En effet, pour différencier les deux champs de l’extrémisme de droite et de l’extrémisme de gauche explique le politologue Uwe Backes, « on peut passer par leur rapport très différent vis-à-vis de l’axiome moral de l’égalité humaine. L’extrémisme de droite réfute ce principe, tandis que l’extrémisme de gauche l’accepte, mais l’interprète d’une manière, au sens étymologique, totale – avec la conséquence que le principe de l’égalité totale détruit les libertés garanties par les règles et institutions de l’État de droit » |7|.
Dans ce contexte, si l’extrême droite suscite une résistance plus éthiquement marquée que l’extrême gauche alors que ces deux courants sont dangereux pour la démocratie, c’est parce que « l’extrême gauche se réclame, dans ses finalités, de l’universalisme qui est le foyer éthique de la démocratie, tandis que l’extrême droite le récuse plus ou moins explicitement » |8|.
|1| Pensons simplement en France au Parti républicain, radical et radical-socialiste et aux Parti radical et Parti radical de gauche qui lui ont succédés.
|2| Certains historiens considèrent que ces camps s’inscrivent dans la continuité de ce qui se faisait déjà avant dans la Russie tsariste mais ce n’est pas le propos de cette chronique.
|3| Publié en français chez Seuil (Paris).
|4| BHL dénonce d’ailleurs à sa façon les barbaries nazie et stalinienne dans La Barbarie à visage humain (Grasset, 1977).
|5| L’antisémitisme, L’impérialisme et Le totalitarisme sont disponibles en français au Seuil dans la collection Points/Essais (2005, 2006 et 2005).
|6| U. Backes, « L’extrême droite : les multiples facettes d’une catégorie d’analyse », dans P. Perrineau, Les croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, Paris, Editions de l’aube, 2001, p. 23.
|7| Ibidem, p. 24.
|8| G. de Stexhe, « Qu’est-ce qui est et n’est pas démocratique ? La démocratie comme logique et comme projet », dans H. Dumont, P. Mandoux, A. Strowel et F. Tulkens (dir.), Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Groupements liberticides et droit, Bruxelles, Bruylant, 2000, p. 119.
Forum de cet article
Extrême droite et extrême gauche
posté par Willy Wolsztajn le 1er mars 2009
Le système totalitaire des régimes communistes et la monstruosité des crimes qu’ils ont commis, ceci étant lié à cela, ont assurément conduit à amalgamer les phénomènes communiste et nazi et, par extension, extrême gauche et extrême droite. L’on peut à juste titre opposer communisme et nazisme sur les plans idéologiques. Mais leur répartition géographique, leur période historique, le nombre des militants et sympathisants qu’ils mobilisent, les motivations de ceux-ci et leur action au-delà du fonctionnement totalitaire des systèmes déterminent autant sinon davantage la nature de chacun d’eux.
Le nazisme couvre une aire strictement germanique. Des millions d’Allemands et d’Autrichiens l’adoptèrent suite à la défaite de 1918, par frustration, nationalisme, antisémitisme et racisme, haine de l’Autre, de la démocratie, du parlementarisme, du libéralisme, du socialisme, du bolchevisme, de la modernité, etc. Fondé sur la prétendue supériorité d’une supposée race aryenne, le nazisme incarne un idéal réactionnaire d’âge d’or préindustriel, un désir régressif de retour à la communauté völkisch et une utopie nordique nettoyée de ses éléments allogènes. La mobilisation massive de voyous, la terreur de rue, le Führerprinzip constituaient les leviers de cette politique. Totalitarisme, fanatisme, brutalité et nazisme sont consubstantiels. Ayant commencé par rosser les Allemands, les nazis s’en prirent ensuite à l’Europe entière. Il fallut écrabouiller l’Allemagne pour en venir à bout.
Vu sous cet angle, le phénomène communiste diffère radicalement du phénomène nazi. Il fut mondial et non local. Le nombre des communistes surpasse celui des nazis de bien plus du décuple. Ouvert avec la Révolution bolchevique et fermé sur la chute du Mur de Berlin, il dure 3,5 fois plus longtemps. Il en subsiste soit le néant, soit des forces marginales (PCF, Rifondazione comunista, diverses extrêmes gauches), soit des régimes de nature différente (Chine, Vietnam), soit des curiosités politiques (Corée du Nord, Cuba). Le communisme appartient à l’Histoire. Ses moteurs internes, sa téléologie sociale, ses mythes (Révolution mondiale, internationalisme prolétarien, avant-garde organisée du prolétariat, etc.) ont disparu. Son moment fondateur, la Révolution russe de 1917 a, quoique de manière injuste, « sombré aux poubelles de l’Histoire. » A contrario, les phénomènes à l’origine des différents fascismes et du nazisme restent actuels et bien vivants. L’on en voit émerger de nouvelles variantes, modernes et rénovées, dotées d’un poids politique significatif. Le Front national, le Vlaams Blok/Belang, les partis de Jorg Haider ou, ailleurs, le Hezbollah, le Hamas et les Frères musulmans puisent aux sources mussoliniennes et hitlériennes.
Le nazisme s’est écroulé sous les coups de boutoir externes. Au contraire, le communisme soviétique y résista (le vietnamien aussi du reste). L’URSS s’effondra quatre décennies plus tard, rongée de l’intérieur et sans guerre chaude. Le régime soviétique mit lui-même, et par en haut, un terme à la terreur stalinienne. De même, le régime chinois pour la Révolution culturelle. Le communisme vietnamien liquida le communisme génocidaire khmer. La mutation des régimes chinois et vietnamiens en régimes capitalistes autoritaires s’est opérée dans la continuité de leurs pouvoirs politiques respectifs (voir « Le siècle des communismes », de Dreyfus, Groppo, Ingerflom, Lew,...). La Russie actuelle est largement un produit soviétique. La Yougoslavie titiste, régime certes policier, préserva 40 ans de paix civile – une performance pour les Balkans. Avec le recul historique, le bilan des régimes communistes sui generis (Russie, Chine, Yougoslavie, Vietnam) apparaît avant tout comme un effort de développement et de modernisation de leurs sociétés nationales. 14 ans de pouvoir nazi ruinèrent l’Allemagne et, pour une génération et demie, la culture allemande.
Ce serait une erreur d’oublier l’alliance, durant la Seconde Guerre mondiale, de l’Union soviétique avec les démocraties libérales, Etats-Unis et Grande-Bretagne. Durant le conflit, les Partis communistes belge, français et italien œuvrèrent à la restauration des régimes constitutionnels de démocratie représentative, dans la Résistance d’abord puis après la Libération, au gouvernement. Et cela avec une loyauté exemplaire, malgré leur idéologie stalinienne d’alors (voir, pour la Belgique, « Du rouge au tricolore » de J.Gotovitch). Dans le monde capitaliste, les communistes consacraient l’essentiel de leur action au syndicalisme, à la justice sociale, à la démocratie politique, à la paix, à la solidarité internationale, à l’antiracisme, à la culture. Ils exerçaient dans ces sociétés une fonction tribunicienne. Partis communistes en sociétés capitalistes et partis communistes au pouvoir constituent, par-delà leurs liens et leurs similitudes, des formations politiques quasi de nature différente. Tout au long de l’histoire communiste cette contradiction génère chez les premiers crises, exclusions et défections (trotskisme, Procès de Moscou, Pacte germano-soviétique, Budapest 1956, Prague 1968, dissidences, Solidarnosc,…). Dans l’opposition comme au pouvoir, l’extrême droite reste pareille à elle-même : raciste, xénophobe, nationaliste, démagogue, antidémocratique, autoritaire, violente,…
Ce rapide survol montre que, malgré leurs barbaries totalitaires, amalgamer communisme et nazisme est peu pertinent. Le phénomène communiste reste largement méconnu. Il existe là un vaste chantier de recherche et de vulgarisation encore en friche. Mais difficile à ouvrir car, sur le plan des idées, il se heurte très vite aux fondements capitalistes de notre société. En ouverture du très beau texte « Le Silence des communistes », Vittorio Foa constate : « Le communisme est terminé et l’anticommunisme continue à faire rage. » Jusqu’en son épitaphe, le communisme est irréductible à son apparent alter-ego.
28.12.2008 – 23.02.2009.
Extrême droite et extrême gauche
posté le 20 janvier 2009
Ce texte est vraiment d’une pauvreté accablante. Il nous ramène 20 ans en arrière au "bon temps "du "les extrêmes se rejoignent". Surtout utilisé pour combattre les idéaux de gauche d’ailleurs. L’auteur se demande (du moins le prétend-il) pourquoi le secteur associatif passe beaucoup plus de temps à combattre l’extrême gauche que l’extrême droite. Peut-être tout simplement parce que l’extrême droite est toujours active dans nos pays contrairement au stalinisme qui a disparu de la carte depuis bien longtemps....... Ben oui, tout simplement..... Sans oublier que, différence radicale entre extrême droite et extrême gauche (sauf groupuscule comptant un nombre de membre largement inférieur à 20....), l’extrême droite ne regrette rien de "ses" régimes génocidaires là ou l’extrême gauche rejette les régimes censés l’avoir représentée. C’est toute la différence entre gens luttant contre la démocratie et gens luttant pour plus de démocratie. Sauf à parler, je le répète, des deux pelés et trois tondus qui vénèrent le petit père et ses successeurs. Mais j’ose croire qu’on ne sacrifie pas encore autant de ligne à aussi peu de personnes... Bref, on était en droit d’attendre mieux que ce tas de lieux commun de cette revue. Si ca doit continuer sur cette tendance "café du commerce", merci de prévenir....
Extrême droite et extrême gauche
posté par sambaud le 20 janvier 2009
L’extrême gauche est-elle démocratique ?
Les "progressistes", sous couvert d’idéaux au demeurant nobles et généreux mais derrière lesquels se cachent souvent préjugés, obscurantisme et intolérance, pensent qu’ils vont dans le bon sens de l’histoire, et que à ce titre, ils ont raison à eux tout seuls, et peuvent se permettre un véritable déni de démocratie (lénine en est le meilleur exemple, avec le résultat dramatique que l’on connait). Ces progressistes semblent ignorer que l’humanité est riche diverse et variée, et que l’ensemble des sensibilités politiques qui la composent peuvent, par la consultation démocratique, comme une conscience globale et universelle, dans une sorte d’alchimie subtile, dégager une ligne médiane et consensuelle, un projet de société acceptable par tous les êtres humains dignes, tolérants et responsables.
Ils semblent ignorer aussi que dans une consultation démocratique, on retrouvera toujours la courbe statistique de Gauss : 50% de sensibilités de droite, et 50% à gauche, et non pas une majorité écrasée d’un côté et une minorité d’oppresseurs de l’autre, qu’il suffirait d’éliminer pour arriver au grand soir comme le pensait lénine également.
Dans les 50% de droite, il y aura toujours environ 40% de modérés, et 10% d’extrémistes avec qui il est impossible d’arriver à un compromis. Dans les 50% de gauche, même chose, environ 40% de modérés et 10% de fanatiques qui ne peuvent s’entendre avec personne mais veulent imposer leur "société" à tout le monde. Voir à ce sujet l’explication intéressante qu’en donne le livre "Un monde rouge ou bleu" aux éditions amalthée en France.




